Acrochordus javanicus

Famille : Acrochordidae

 

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Texte © Dr. Gianni Olivo

 

 

Traduction en français par Catherine Moreau

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Acrochordus javanicus est un serpent aquatique massif. Il peut atteindre 2,5 m de long © Giuseppe Mazza

L’Acrochordus ( Acrochordidae ) appartient à une famille de serpents qui inclut des espèces dont les dimensions varient de 60 cm à 250 cm et qui est répandu en Asie (Inde et Indochine) en Indonésie et en Australie.

Ce sont des reptiles qui ont un aspect souvent curieux dû à la présence de tubercules cutanés qui leur vaut le qualificatif de “serpent-lime” (à ne toutefois pas confondre avec certains ophidiens Africains pareillement nommés) pas tant pour la rugosité de leur peau que pour la section de leur corps en forme de triangle qui rappelle justement un certain type de lime, et parfois même à cause de leur peau à l’apparence gélatineuse.

Le corps de ces reptiles est habituellement trapu et recouvert d’une peau qui ne ressemble à celle d’aucun autre serpent mais qui apparaît suffisamment ample pour qu’elle fasse des plis voyants, d’où l’autre nom imagé et évocateur de serpent-tronc. Pour certaines espèces très associées au milieu aquatique la peau est vraiment fine et souvent délicate et pour les espèces Acrochordus granulatus, elle se déchire facilement quand l’animal est obligé de ramper sur la terre sèche à moins que ce ne soit sur un substrat boueux.

L’accrocordus de Java ( Acrochordus javanicus - Hornstedt, 1787 ) est un reptile particulièrement massif qui peut mesurer jusqu’à deux mètres cinquante de long (taille seulement atteinte par les femelles, les mâles étant plus petits) et qui pèse de trois à dix kilos. Le diamètre du corps robuste et musclé est impressionnant, la tête est plate et incurvée, large avec un nez épaté et avec un museau obtus.

Étant une espèce aquatique, ses narines sont positionnées sur la surface supérieure du museau. L’ouverture de la bouche est incroyable et armée avec des dents pointues, recourbées vers l’arrière, adaptée pour retenir des proies évasives et fuyantes, tels que des poissons ou batraciens, qui sont entièrement avalés en commençant par la tête.

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La queue mince est souvent utilisée pour attirer les proies. Le corps ressemble à une trompe © Giuseppe Mazza

Les grandes proies peuvent être tuées par constriction, mais ce serpent n’est pas pourvu d’un appareil venimeux, même si la morsure d’un spécimen de plus ou moins grande taille laisserait sûrement un résultat peu plaisant et pourrait laisser une blessure douloureuse et longue à guérir. Les yeux sont assez petits et peu visibles de loin, ainsi à première vue il donne l’impression de ne pas en avoir du tout. La couleur de la partie dorsale peut être plus ou moins marron tendant vers le vert, alors que les côtés sont plus pâles et souvent jaunes. Pourtant il existe des spécimens avec un dos couleur crème et d’autres si clairs qu’on pourrait les prendre par erreur pour des serpents albinos. La tête qui les fait quelque peu ressembler à des boas, est peu dissociable du corps alors que la queue peut être distinguée et est très mobile. (certains pensent qu’elle pourrait être utilisée comme appât pour attirer les proies près du museau du serpent).

L’apparence de la peau est lâche et gluante, par conséquent aux endroits où elle fait des tours elle se soulève en rides et en plis transversaux (serpent-tronc), les écailles, si on les observe de près, sont adjacentes les unes aux autres et ne se chevauchent pas comme chez les autres serpents et ont un aspect rugueux dans la mesure où chaque écaille est composée d’une protubérance pointue et triangulaire d’où le surnom de serpent-lime. Une autre caractéristique particulière de ce serpent est que les écailles ventrales à la différence des autres serpents sont larges et identiques aux écailles dorsales, donnant au reptile l’image d’une grosse saucisse ou bien d’un jouet serpent disproportionné comme ceux utilisés dans les carnavals.

Sa peau, entre autres choses est recherchée pour le tannage, et les objets obtenus ont un aspect proche de celui de la peau de requin mais avec une finesse et une douceur incroyables. La chair est considérée comme un mets délicat par certaines populations où l’on trouve ce serpent, régions qui incluent l’Inde, le Sri Lanka, les archipels indonésiens, Java et une partie de l’Australie.

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La bouche a des dents pointues, recourbés vers l’intérieur pour retenir des proies souvent glissantes © G. Mazza

Son habitat favori se situe dans les eaux douces mais il colonise souvent les eaux mixtes là où l’eau salée se mélange à l’eau douce, les lagons et parfois les forêts de mangroves. Il s’aventure quelque fois dans la mer et a été vu à quelques distances du littoral même si en règle générale il préfère sûrement les zones côtières.

Il chasse essentiellement les animaux aquatiques, poissons et batraciens, mais il n’est pas exclu que certains animaux à sang chaud puissent faire partie de son régime quand il s’aventure dans l’eau ou bien à proximité immédiate. Ses dents pointues en forme de crochet lui permettent de retenir des proies fuyantes avec facilité.

Même s’il n’est pas agressif il n’hésite pas à mordre avec enthousiasme si quelqu’un essaye de l’attraper ou s’il est dérangé. Et comme il a été vu autrefois pour les grands spécimens, les conséquences pourraient être très déplaisantes.

C’est un serpent aux habitudes principalement nocturnes et crépusculaires qui passe la majeur partie de la journée caché et loin des prédateurs mais qui a quand même été aperçu en train de chasser pendant la journée à certaines occasions. C’est un animal qui s’aventure rarement sur le continent et qui préfère habituellement les sols boueux dans la mesure où sa peau n’est pas adaptée pour les déplacements sur le sol dans la mesure où il est sujet aux blessures et aux bleus, surtout sur un sol trop sec. Il peut demeurer 30 à 40 minutes sous l’eau sans respirer et quand il a besoin de stocker de l’oxygène il lui suffit de relever le sommet de sa tête et ses narines s’ouvrent : 15 à 20 secondes sont suffisantes pour qu’il fasse le plein d’air en vue d’une autre longue immersion.

La reproduction est ovovivipare et la femelle, rappelons-le, qui est plus grande que le mâle, pond de 15 à 30 petits, autonomes dès la naissance. Les oeufs contiennent un sac amniotique et sont conservés dans l’oviducte (trompes de Fallope) où ils sont fécondés.

Les nouveau-nés sont semi-terricoles à la différence des adultes et ont des taches longitudinales sur la livrée qui pâlissent et disparaissent en grandissant.

 

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