Alstonia scholaris

Famille : Apocynaceae

Texte © Pietro Puccio

 

 

Traduction en français par Serge Forestier

 

 

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Arbre magique en Inde, Alstonia scolaris est largement diffusé en Asie tropicale et subtropicale et jusqu’en Australie. Il atteint 40 m de haut avec un tronc cylindrique de plus de 1 m de large © Giuseppe Mazza

L’espèce est originaire de l’archipel Bismarck, d’Arunachal Pradesh, d’Assam, d’Australie (Australie Occidentale, Queensland et Territoire du Nord), du Bangladesh, du Bhutan, de Bornéo, du Cambodge, de Chine (Anhui, Chongqing, Fujian, Guangdong, Guangxi, Guizhou, Henan, Hong Kong, Hubei, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, Kin-Men, Macao, Ma-tsu-Pai-chúan, Shanghai, Sichuan, Yunnan et Zhejiang), du Darjeeling, des Philippines, de Java, d’Himachal Pradesh, d’Inde, des îles Andaman, des îles Nicobar, des îles Salomon, du Jammu et Cachemire, des Laccadive, du Laos, de Malaisie Péninsulaire, des Moluques, de Birmanie, du Népal, de Nouvelle-Guinée, du Pakistan, des Petites îles de la Sonde, du Sikkim, du Sri Lanka, du Sulawesi, de Sumatra, de Thaïlande, de l’Uttarakhand et du Vietnam où elle vit dans les forêts humides, souvent à proximité des fleuves, jusqu’à environ 1000 m d’altitude.

Le genre est dédié au botaniste écossais Charles Alston (1683-1760) ; le nom spécifique est l’adjectif latin “scholaris” = de l’école, en référence à l’utilisation ancienne du bois dans la fabrication des tablettes utilisées par les écoliers pour écrire.

Noms communs : blackboardtree, deviltree, dita bark, dita tree, milky-pine, scholar tree, white cheesewood, white-pine (anglais) ; chatium (bengali) ; lettok (birman) ; tang jiao shu, xiang pi mu (chinois) ; chitaban, shaitan ka jat (hindi) ; maddale (kannada) ; pulai (malais) ; chhatiwan (népalais) ; saptaparna (sanscrit) ; palai (tamul) ; thia, tinpet phru (thaïlandais) ; Teufelsbaum (allemand).

Alstonia scholaris (L.) R. Br. (1810) est un arbre sempervirent au feuillage dense, de 20 à 40 m de hauteur, au tronc cylindrique, mesurant jusqu’à 1,2 m de diamètre, pourvu à la base de racines tabulaires (racines aplaties semblables à des contreforts qui contribuent à soutenir les grands arbres), et à l’écorce grisâtre ; une abondante sève laiteuse exsude des blessures.

Les feuilles, sur un pétiole long de 1 à 2 cm et disposées en verticilles de 4 à 9, sont simples, de forme oblongue-obovale à oblongue-spatulée aux marges entières et à l’apex obtus, coriaces, longues de 8 à 22 cm, larges de 3 à 8 cm, de couleur vert foncé et brillantes au-dessus, vert pâle en-dessous. Les inflorescences, à l’aisselle des feuilles terminales sur un pédoncule long de 3 à 7 cm, sont des cymes pubescentes, compactes, aux nombreuses fleurs de couleur blanc verdâtre, parfumées, au calice mesurant environ 2 mm de long, au tube de la corolle cylindrique, de 0,5 à 1 cm de long, et 5 lobes ovales longs de 2 à 5 mm.

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Feuilles, disposées en verticilles, atteignant 22 cm. Toutes les parties de la plante sont toxiques. Propriétés thérapeutiques en cours d’étude © Giuseppe Mazza

Les fruits sont des follicules pendants linéaires par paires, déhiscents, d’environ 60 cm de longueur et 0,4 cm de largeur, contiennent des graines oblongues, d’environ 0,5 cm de longueur, avec une touffe de poils à l’apex, longs de 1 à 1,5 cm, favorisant la dispersion par le vent.

La multiplication se fait par les graines, placées juste sous la surface, dans un substrat drainant organique maintenu humide à une température de 24 à 26 °C, avec des temps de germination de 2 semaines à 3 mois, et par bouturage.

Arbre à la croissance assez rapide, au feuillage très décoratif pour parcs, jardins et arbres de rue dans les régions tropicales et subtropicales, nécessitant une exposition en plein soleil et pas particulièrement exigeant concernant le terrain, poussant naturellement dans une grande variété de sols, pouvant supporter à l’âge adulte de courtes périodes de sécheresse.

Le bois, léger et peu résistant aux agents atmosphériques, est utilisé pour des pièces à l’intérieur, des objets d’artisanat, dans la fabrication de contreplaqué et dans la production de papier.

En raison du nombre élevé d’alcaloïdes présents, toutes les parties de la plante sont toxiques. Les feuilles et l’écorce, au goût amer, sont utilisées en médecine populaire depuis les temps anciens, en particulier pour traiter les maladies de l’appareil respiratoire et comme remède contre la diarrhée et la dysenterie, dont l’efficacité réelle à ce jour (2015) ne fait pas l’objet d’un accord complet, mais de nombreuses études de laboratoire sur les effets pharmacologiques des composés bioactifs présents sont en cours.

Dans le contexte de l’Union Européenne la présence de son écorce dans les compléments alimentaires n’est pas admise.

L’arbre a aussi une signification magique et religieuse ; pour certaines populations indiennes l’arbre héberge un esprit malin qui peut prendre le contrôle des personnes passant à proximité, et pour cette raison il est soigneusement évité.

Synonymes : Echites scholaris L. (1767).

 

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