Anser anser

Famille : Anatidae

 

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Texte © Dr. Davide Guadagnini

 

 

Traduction en français par Catherine Collin

 

 

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Anser anser a une répartition euro-asiatique et comprend deux ou peut-être trois sous-espèces © G. Mazza

Bien connue, l’Oie cendrée ( Anser anser - Linnaeus 1758) est un oiseau aquatique qui appartient à l’ordre des Ansériformes (Anseriformes), à la famille des Anatidés (Anatidae), à la sous-famille des Ansérinés (Anserinae) au genre Anser et à l’espèce Anser anser.

L’espèce comprend deux sous-espèces : l’Oie cendrée occidentale ( Anser anser anser - Linnaeus 1758) et l’Oie cendrée orientale ( Anser anser rubrirostris - Swinhoe 1871).

Il a également été signalé une supposée sous-espèce « côtière » ( Anser anser sylvestris - Brehm 1831).

Le nom de genre et d’espèce “anser” dérive du latin et signifie simplement oie.

Cette oie, est célèbre pour avoir été l’objet d’études de la part du grand naturaliste et père de l’éthologie Konrad Lorenz qui, étudiant les nouveaux-nés de l’oie cendrée découvrit, étudia et définit le phénomène de l’imprégnation.

Lorenz, grâce à un nouveau-né d’oie cendrée qu’il avait vu immédiatement après la naissance et quelques minutes avant d’être confié, en vain, à une oie domestique qui couvait, découvrit que les nouveaux-nés nidifuges précoces d’oiseaux comme les oies, les canards, les poulets, les faisans, les perdrix et beaucoup d’autres considéraient le premier être vivant vu à la naissance comme leur géniteur. Dans la nature, évidemment, le premier être vivant qu’ils voient est leur mère et donc la fonction fondamentale de l’imprégnation est que les nouveaux nés fixent l’image et le cri de leur mère pour la suivre comme une ombre au cours des premiers jours de leur vie qui s’avèrent dangereux. Ils peuvent ainsi recevoir protection, chaleur et aide au cours de la recherche de nourriture. Voici un passage de la découverte de l’imprégnation décrite par Lorenz peu après avoir placé la petite oie sous l’oie qui aurait dû être sa nourrice : « Quelques minutes s’étaient écoulées quand, de sous le ventre de l’oie blanche, sortit un léger murmure, presque interrogatif : « Vivivivivi ? », auquel elle répondit par un son rassurant : mais plutôt que d’être rassuré mon petit animal sortit rapidement de son chaud refuge et après avoir observé attentivement sa mère adoptive, il s’éloigna en lançant des pleurnichements aigus, semblables à ceux qu’émettent tout les petits des oiseaux nidifuges quand ils se sentent abandonnés. »

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C’est une espèce migratrice qui aime le calme et peut vivre 20 ans © Gianfranco Colombo

Et aussi : « Même un cœur de pierre aurait été touché par la vue de cette petite oie grise qui s’avançait en pleurnichant vers moi, se dandinant et trébuchant, mais avec une détermination qui ne laissait aucun doute : c’était moi, et non l’oie blanche qui faisait figure de mère ! Soupirant, je ramassais ma « croix » et la portais à la maison ; bien qu’à ce moment elle ait pesé à peine 100 grammes, je savais parfaitement combien elle pèserait une fois adulte et quelle somme de travail et de fatigue il m’en aurait coûté pour l’élever comme il faut ; me résignant, pour commencer, je la baptisait solennellement Martina. »

Zoogéographie

C’est une espèce a répartition euro-asiatique. La répartition de la sous-espèce nominale s’étend de l’Europe occidentale à l’Europe nord-occidentale. La sous-espèce orientale est présente en Europe orientale, sud-orientale et en Asie. Les diverses populations peuvent généralement être considérées comme distinctes mais il existe des échanges génétiques entre les deux formes et par conséquent les variations géographiques montrent une évolution clinale d’ouest en est. La sous-espèces sylvestris se serait maintenue à l’état sauvage uniquement en Islande, Écosse et Norvège.

L’espèce niche localement en Islande, Europe septentrionale, orientale et Asie centrale. Les populations septentrionales migrent au sud vers le bassin méditerranéen et en Asie méridionale.

La population de l’Europe septentrionale, par exemple, se déplace principalement en Espagne, dans la région des « Marismas » (Andalousie), alors que celle d’Europe-centrale (qui traverse l’Italie) se déplace jusqu’en Afrique du nord, où elle fréquente les lacs saumâtres côtiers de la Tunisie et de l’Algérie. En Espagne comme en Afrique la source principale de nourriture est constituée, dans les prairies à demi inondées, des rhizomes de Scirpe maritime ( Scirpus maritimus ). En Italie la sous-espèce nominale passe pour des allers-retours. Elle hiverne mais de façon assez éparse. Elle arrive de fin octobre à novembre ou même plus tard et repart en mars. Elle y est donc assez rare mais un peu plus présente en Toscane, Vénétie et Frioul-Vénétie Julienne.

Écologie-Habitat

Les aires de reproduction sont constituées de plaines et de steppes plus ou moins élevées où l’espèce privilégie les zones humides d’eaux douces, peu profondes et à tendance eutrophique, avec une riche végétation palustre ( Phragmites ). Parfois, elle niche dans des aires plus ou moins broussailleuses, des petites îles d’estuaires et des aires saumâtres, des marais, des lacs, le long de falaises rocheuses ou sur des landes. Le reste de l’année et durant la migration, elle vit dans les marais, les plaines humides ou inondées, les lagunes, les chaumes, les champs et les prés, les rives des lacs, les rivières, les étangs et le long des côtes. Les besoins qui semblent essentiellement conditionner la présence de l’oie sauvage sont la tranquillité (lieux protégés des prédateurs et de l’homme) et la disponibilité de nourriture. Il est probable que dans le passé l’espèce ait été beaucoup plus répandue, comme nicheuse, dans beaucoup de marais qui ont été asséchés par la suite.

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Elle fréquente les prairies à demi inondées, loin de l’homme et des prédateurs © Gianfranco Colombo

En Italie elle a été réintroduite dans des vallées d’eaux saumâtres, où elle est protégée et niche dans la végétation des marais salants ( Juncus maritimus, Salicornia ) et à l’abri des grands buis- sons de ronce ( Rubus fruticosus ) et où elle trouve de la nourriture et des zones de prairie à proximité.

Si ces conditions leur conviennent, les oiseaux réintroduits deviennent résidents. La valeur de l’oie cendrée pour la gestion naturelle des écosystèmes palustres est positive et importante puisque cette espèce peut favoriser la diversité végétale et par conséquent la diversité zoologique.

Morpho-physiologie

L’oie cendrée est de bonne taille avec une longueur totale de 750-900 mm, une envergure de 149-168 cm et un poids de 3 000-3 500 g.

Elle a une forme assez trapue et lourde mais avec un long cou. Sa couleur dominante est le brun-grisâtre avec des parties blanches : la tête et le cou sont de couleur gris-brunâtre. Les plumes du cou serrées et un peu allongées donnent à l’ensemble un aspect sillonné-cannelé-rayé avec la formation de légères rayures ou petits sillons en bas-relief. Il y a souvent une fine ligne blanche à la base du front-bec qui peut s’étendre des deux côtés et peut être très marquée ou totalement absente. Le côté de la tête, à l’exclusion de petites taches blanches sous l’œil, le menton et la gorge est de couleur gris clair. La gorge distale est majoritairement pâle.

La poitrine et le ventre sont gris clair ; les flancs sont gris-brunâtre et les plumes y ont des pointes brun-blanchâtre. L’abdomen et la sous-queue sont blancs avec parfois des taches noirâtres. Il y a quelques taches sombres transversales sur l’abdomen.

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Les déplacements se font silencieusement. Les formations de vol, en V ou en lignes ondulées, sont menées par des individus adultes expérimentés © Gianfranco Colombo

Les parties supérieures sont brunes avec des nuances gris-bleuâtre et les marges des plumes blanc-ocré formant une série de bandes transversales claires ; les scapulaires sont foncées, terminées de blanc ; une partie des plumes de couverture de l’aile est brun-cendré. Les rectrices médianes et cubitales sont gris-brun margées de blanchâtre ou grisâtre clair.

Les plumes de petite couverture sont gris perle. Le croupion est plus brunâtre-blanchâtre. Les côtés du dos et les tectrices sus-caudales sont blancs. La queue est courte (128-151 mm), arrondie, avec 18 ou exceptionnellement 20 rectrices. Les rectrices sont de couleur brun-cendré foncé avec des bords blancs ; celles de l’extérieur sont en grande partie blanches.

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Le bec montre une dentelure avec 21-22 denticules utiles pour broyer les feuilles, les graines et les rhizomes © Giuseppe Mazza

Les ailes sont longues et pointues : la première rémige primaire est étroite et pointue, la troisième, la plus longue, est crantée sur les deux barbes, la quatrième est à peine un peu plus courte et crantée sur la barbe externe, la seconde est crantée sur la barbe interne. Les rémiges primaires sont grises sur la barbe externe, les secondaires sont en grande partie de couleur brun-noirâtre. Les plumes de couverture sont gris clair-blanchâtre. L’aile du mâle est longue de 446-482 mm, celle de la femelle de 416-468 mm.

Le bec est haut à la base et a environ la même longueur que la tête, le bord de la mandibule supérieure est concave, dentelé avec 21-22 denticules visibles de l’extérieur. Sur la pointe du bec il y a un onglet convexe occupant tout le bout du bec. Les narines sont longitudinales et placées à peu près à la moitié du bec qui est orange avec de fines stries charnues derrière l’onglet, le long des bords des mandibules et autour des narines ; l’onglet est de couleur ivoire-corne.

Les yeux ont un iris brun avec des paupières corail ou chair. Cette oie a des pattes fortes et centrées sous le corps de façon à faciliter le déplacement. Elles sont de couleur orangé-chair avec des ongles noirs.

Le jeune est semblable à l’adulte, sans la ligne blanche à la base du front. Le menton est souvent blanchâtre, le manteau et les scapulaires ourlées de brun ; les côtés du corps et les flancs brun-cendre pâle. Les plumes du cou ne sont pas pointues mais arrondies. La sous-espèce orientale ( Anser anser rubrirostris ) est légèrement plus grande et plus pâle que l’espèce nominale. Elle a les marges claires des plumes plus larges. Les pattes, les pieds, le bec et le cercle de peau autour des yeux sont de couleur rose lumineux plutôt qu’orangé. Le bec est, en outre, plus allongé et moins trapu (moins haut à la base).

Éthologie-Biologie reproductive

L’oie cendrée se nourrit de plantes herbacées, de plantes aquatiques, de germes, de graines, de céréales et de tubercules. Elle trouve sa nourriture sur terre mais aussi dans l’eau.

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Même lorsqu’elles se repose, il y a toujours une sentinelle dans le groupe qui monte la garde © Giuseppe Mazza

C’est un oiseau ayant des habitudes terrestres et aimant les espaces ouverts ; c’est une grande brouteuse. Son bec robuste lui permet de consommer des feuilles et des tiges difficilement consommables par les autres espèces d’oies. En principe, l’alimentation du printemps et celle de l’été se composent de jeunes pousses vertes et des parties plus tendres (comprenant les éventuels fruits) des plantes, celle d’automne et d’hiver des parties souterraines (rhizomes, tubercules). Elle se nourrit le jour, volant tôt le matin et au crépuscule. Elle court si nécessaire et nage bien.

C’est un animal plutôt timide et méfiant, il y a toujours une ou plusieurs sentinelles dans les volées. L’oie cendrée se retire dans des endroits peu fréquentés durant la nuit et pendant les périodes de mue, quand elle perd la capacité de voler. La présence de volées d’oies cendrées peut modifier l’habitat favorisant par exemple la croissance des plantes aquatiques ( Potamogeton pectinatus ) appréciées par d’autres espèces d’oiseaux et réduire la superficie occupée par les roseaux, suite au pâturage, contribuant ainsi à maintenir libres les plans d’eau. L’espèce peut tirer avantage de la déforestation opérée par l’homme en plaine et de l’élargissement des aires cultivées ou des mises en pâtures qu’elle apprécie. Pour s’envoler l’oie cendrée s’élève aisément verticalement du sol, moins agilement de l’eau. L’oie cendrée a un vol droit, avec des battements d’ailes rapides. Les formations de vol, en V ou en lignes ondulées, sont menées par des individus adultes expérimentés.

Elle niche dans les landes de bruyères, les tourbières, les îlots en plaines inondées, entre les buissons bas et les roseaux ou bien sur des bancs de végétation flottante. Dans les couples, territoriaux, le choix du conjoint intervient tôt et les liens entre les partenaires sont souvent renforcés par une cérémonie qui consiste en une attaque cou tendu vers un danger réel ou imaginaire avec de successives voltes vers le partenaire réel ou potentiel, toujours le cou tendu avec des mouvements de la tête vers l’extérieur ; en lançant simultanément des appels sonores tout en battant des ailes grandes ouvertes.

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Les couples sont en général fidèles pour la vie © Giuseppe Mazza

Des liens comportementaux se forment également entre des sujets ne formant pas un couple à travers des signaux ritualisés d’agressivité réorientée.

Le lien peut durer toute la vie mais il y a des exceptions à cette règle. Le nid est construit avec des bâtons, des herbes et d’autres matériaux végétaux et puis doublé avec des plumes et du duvet. 4-6 œufs (2-8) par couvée annelle sont pondus, puis sont couvés pendant environ 28-30 jours. Si la couvée se trouve perdue une deuxième ponte peut avoir lieu en remplacement.

L’œuf de l’oie cendrée est de forme ovale classique et de couleur blanc-crème et peut se teinter de jaunâtre ou de brun pâle durant l’incubation. Il a des dimensions moyennes de 86 par 58 mm (77-94 par 49-60 mm) et le poids moyen de la coquille est de 20 g. Les nids, sont distants entre eux d’au moins 5-6 m à cause du comportement territorial de l’espèce. Les petits sont nidifuges et sont aptes à voler à environ 8 semaines.

Le poussin a le front, les côtés du visage, le cou et les parties inférieures jaune-verdâtre ; la calotte, la nuque, les parties supérieures, les côtés du corps et les cuisses brun-olive avec une barre jaunâtre sur les ailes. Les mères s’occupent des petits, les pères protègent la famille de leurs congénères et des éventuels prédateurs. Chez les jeunes le bec est d’abord gris-verdâtre avec un onglet noir, puis devient jaune-verdâtre. Les pattes et les pieds sont couleur chair chez les nouveaux-nés et grisâtre chez les jeunes avec des ongles couleur corne. Les paupières, chez les juvéniles, sont blanc-jaunâtre.

Excepté pendant la période de reproduction, l’oie cendrée mène une vie grégaire. Elle émet une grande variété de vocalises, un cri prolongé « gangganggang » sert aux individus d’un même groupe à garder le contact. L’alarme est signalée avec un appel analogue mais pratiquement réduit à une seule syllabe. Des sifflements sont produits particulièrement dans une attitude de défense. Les cris sont semblables à ceux émis par l’oie domestique.

L’oie cendrée entreprend une mue post-reproduction complète : les rémiges et les couvertures alaires sont perdues simultanément et l’oiseau se trouve donc incapable de voler pendant environ un mois dans la période de mai-août. Les individus qui ne se reproduisent pas muent avant les reproducteurs ; ces derniers recommenceront à pouvoir voler quand leurs propres petits apprendront à voler. Le reste du corps mue une fois que les rémiges ont repoussé. L’oie cendrée (la sous-espèce occidentale) ainsi que l’Oie cygnoïde ( Anser cygnoides ) ont donné naissance aux innombrables races d’oies domestiques.

Oie domestique

La domestication des oies sauvages par l’homme remonte à une époque très ancienne (elle est mentionnée par Homère et apparaît aussi dans les fresques égyptiennes) et déjà au temps des expéditions romaines, l’oie domestique, était élevée dans toutes les régions d’Europe, les germaniques en particulier ; ceci grâce à ses prédispositions naturelles à la domestication et à la reproduction en captivité. Pendant des siècles, et encore aujourd’hui, la plus grande partie des oies domestiques à été sélectionnée pour être constituée de robustes individus pâturant, à la grande capacité de reproduction. Il fut un temps où l’oie peuplait pratiquement toutes les fermes. A l’heure actuelle, son élevage s’est réduit.

Son élevage fournit de la viande d’excellente qualité, un duvet moelleux, des plumes, et des œufs. De nombreuses et diverses races domestiques existent et sont parfaitement inter-fécondes entre elles. L’inter-fécondité existe également avec les dérivés domestiques de l’espèce asiatique, l’oie cygnoïde domestique ( Anser cygnoides ).

Les races les plus anciennes gardent une coloration semblable à la coloration ancestrale mais de nouvelles formes ont été sélectionnées d’après des sujets albinos ou leucistiques. Les oies franchement domestiques, en plus d’être généralement grandes, lourdes et inaptes au vol, possèdent un bec trapu et très haut à la base, un abdomen proéminent, un poitrail haut et saillant et l’axe du corps non-horizontal.

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La domestication de l’oie, très ancienne, apporte de l’excellente viande, du duvet et des œufs © Giuseppe Mazza

Parmi les races domestiques les plus célèbres et les plus prisées, figurent les blanches oies d’Emden, animaux incroyablement hauts et dont le poids oscille entre 10 et 12 kg ; les oies de Toulouse qui sont légèrement moins lourdes et qui ont été sélectionnées pour avoir un foie développé ce qui est un ingrédient prisé de la cuisine française (foie gras) ; les femelles de ces deux races peuvent pondre de 30 à 50 œufs (parfois plus) qu’elles couvent difficilement. A l’inverse, d’autres races domestiques comme les oies de Poméranie et les oies d’Alsace, dont le poids oscille entre 5 et 7 kg, couvent les œufs et s’occupent des petits sans problème.

Une autre race d’oie particulière est l’oie frisée du Danube, caractérisée par de longues plumes frisées, surtout vers les épaules, sur la partie antérieure du dos, et dans une moindre mesure, sur les ailes. A l’inverse, les rémiges et les rectrices sont très courtes.

Certaines oies peuvent avoir été sélectionnées, dans un but ornemental, pour avoir une touffe de plumes sur le sommet de la tête. Cette caractéristique, ainsi que les multiples colorations de la livrée, qui présente une variété extraordinaire de nuances, disposition des couleurs et des formes, peut être présente chez différentes races reconnues ou chez des populations domestiques élevées localement. L’oie du pèlerin (race américaine) est autosexable grâce à la différence de coloration de la livrée chez les deux sexes : les mâles sont blancs alors que les femelles adultes ont la tête et le cou blancs et le reste du corps gris clair. En Italie de nombreuses races d’oies domestiques ont été élevées mais un grand nombre s’est éteint. Parmi celles existantes nous citerons l’oie Romagnole, entièrement blanche, célèbre par le passé pour sa grande fécondité et dont les poussins nouveaux-nés sont autosexables : couleur jaune canari uniforme pour les mâles et calotte de la tête plus sombre pour la femelle. Célèbre pour sa chair délicieuse, l’oie pie vénitienne est une autre race italienne. Cette race se caractérise, comme le dit son nom, par sa livrée blanche tachée de gris sur la tête, les flancs, le dos et la queue.

 

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