Aphanamixis polystachya

Famille : Meliaceae

Texte © Pietro Puccio

 

 

Traduction en français par Serge Forestier

 

 

JPEG - 259.7 ko
Aphanamixis polystachya est un arbre d’Asie du sud-est pouvant atteindre 30 m de haut © G. Mazza

L’espèce est originaire d’Assam, du Bangladesh, du Bhoutan, de Chine (Fujian, Guangdong, Guangxi, Hainan et Yunnan), des Philippines, d’Inde, d’Indochine, d’Indonésie, du Laos, de Malaisie, de Birmanie, de Papouasie-Nouvelle-Guinée, du Sikkim, du Sri Lanka, de Thaïlande et du Vietnam où elle vit aussi bien dans les forêts humides à feuilles persistantes que caduques, souvent le long des cours d’eau, à basse et moyenne altitude.

Le nom de genre est la combinaison de l’adjectif grec “ἀφανής (aphanés) = invisible, peu apparent et du substantif “μίξις” (mixis) = mélange, en référence aux fleurs non apparentes ; le nom spécifique est la combinaison de l’adjectif grec “πολύς” (polys) = plusieurs et de “στάχυς” (stachys) = épi, en référence évidente.

Noms communs : amoora, pithraj tree, rohituka tree, white cedar (anglais) ; hakhori bakhor (assamais) ; baddiraj, pitraj, tiktaraj (bengali) ; shan lian (chinois) ; harin-arà, rohida (hindi) ; mullumuntaga, roheethaka (kannada) ; cemmaram, sem (malayalam) ; elahirilla, lakshmivana, lohita, rohitakah (sanscrit) ; semmaram, vellakangu (tamil) ; rohitaka, sevamanu (télougou) ; lao hang, ma hang kan, ta suea (thaï).

Aphanamixis polystachya (Wall.) R.Parker (1931) est arbuste ou un arbre à feuilles persistantes polygame-dioïque (portant sur le même individu aussi bien des fleurs hermaphrodites qu’unisexuelles), pouvant atteindre 30 m de hauteur, au tronc cylindrique à l’écorce brun-rougeâtre, fissurée longitudinalement, pourvu à la base, chez les exemplaires âgés, de racines tabulaires (racines semblables à des contreforts). Les feuilles, disposées en spirales, sont paires ou imparipennées, longues de 30 à 90 cm, composées de 9 à 17 folioles, sur un pétiolule long de 0,5 à 1 cm, opposées, de forme oblongue-lancéolée à ovale, longues de 7 à 18 cm et larges de 4 à 8 cm, à l’apex de longuement pointu à obtus et aux marges entières, de couleur vert intense. Inflorescences axillaires pendantes, longues de 30 à 60 cm, portant des fleurs globuleuses subsessiles, d’environ 0,6 cm de diamètre, à 3 à 5 sépales et 3 à 5 pétales orbiculaires, concaves, de couleur blanche, au tube staminal globuleux, long de 0,4 cm, à 6 anthères et à l’ovaire pubescent triloculaire. Les fruits sont des capsules globuleuses à piriformes, de 2,5 à 3 cm de diamètre, de couleur jaunâtre à pourpre à maturité, déhiscentes en 3 valves et contenant de 1 à 3 graines semi oblongues, aplaties, de couleur gris brun, d’environ 1,4 cm de longueur et 1 cm de largeur, immergées dans un arille rouge.

La reproduction se fait généralement à partir des graines, qui doivent être mises en place le plus rapidement possible car elles ont un pouvoir germinatif de courte durée, 2 à 3 mois, avec un temps de germination de 2 à 4 semaines.

Parfois cultivé comme plante ornementale dans les régions à climat tropical et subtropical humide, il doit sa célébrité dans les lieux d’origine aux propriétés médicinales qui lui sont attribuées. Il nécessite le plein soleil ou l’ombre légère et s’adapte à une grande variété de sols, de préférence drainants, maintenu presque constamment humide.

Les fruits, toxiques, contenant environ 40 % d’huile utilisée dans la fabrication de savon, comme lubrifiant et pour l’éclairage, présentent en outre des caractéristiques prometteuses pour une éventuelle utilisation comme biocombustible. Le bois, d’excellente qualité, est utilisé dans les constructions civiles et navales, pour faire des meubles et des objets d’usage courant.

JPEG - 152.4 ko
Les fruits, toxiques, contiennent de 2 à 3 graines protégées par un arille rouge. L’huile extraite des fruits sert à produire du savon et des études en laboratoire ont mis en évidence la présence dans différentes parties de la plante de composés bioactifs susceptibles de présenter un intérêt dans la pharmacopée officielle © Giuseppe Mazza

Différentes parties de la plante sont utilisées depuis les temps reculés en médecine traditionnelle, en particulier indienne, comme antibactérien, anthelminthique, antitumoral, dans les maladies du foie et de la rate, dans l’anémie et dans les troubles abdominaux ; l’huile extraite du fruit est employée comme liniment dans les rhumatismes. Des études en laboratoire ont mis en évidence la présence dans la plante de différents composés bioactifs susceptibles de présenter un intérêt dans la pharmacopée officielle. Les extraits de feuilles et de fruits présentent d’intéressantes propriétés insecticides.

Synonymes : Andersonia rohituka Roxb. (1824) ; Aphanamixis grandifolia Blume (1825) ; Sphaerosacme polystachya Wall. (1829) ; Sphaerosacme spicata Wall (1831) ; Aphanamixis perrottetiana A.Juss. (1832) ; Aphanamixis timorensis A.Juss. (1832) ; Amoora rohituka (Roxb.) Wight & Arn. (1833) ; Trichilia tripetala Blanco (1837) ; Amoora polystachya (Wall.) Steud. (1840) ; Aphanamixis blumei Span. (1841) ; Amoora grandifolia Walp. (1842) ; Amoora amboinensis Miq. (1868) ; Dysoxylum spiciflorum Zipp. ex Miq. (1868) ; Dysoxylum cuneatum Hiern (1875) ; Amoora cumingiana C.DC. (1878) ; Alliaria cuneata (Hiern) Kuntze (1891) ; Amoora myrmecophila Warb. (1894) ; Aphanamixis amboinensis (Miq.) Harms (1896) ; Aphanamixis cochinchinensis Pierre (1896) ; Aphanamixis cumingiana (C.DC.) Harms (1896) ; Aphanamixis myrmecophila (Warb.) Harms (1896) ; Aphanamixis rohituka (Roxb.) Pierre (1897) ; Aphanamixis lauterbachii Harms (1900) ; Aphanamixis macrocalyx Harms (1900) ; Amoora elmeri Merr. (1905) ; Aglaia aphanamixis Pellegr. (1911) ; Aglaia cochinchinensis (Pierre) Pellegr. (1911) ; Amoora polillensis C.B.Rob. (1911) ; Aphanamixis coriacea Merr. (1916) ; Aphanamixis elmeri (Merr.) Merr. (1916) ; Aphanamixis tripetala (Blanco) Merr. (1918) ; Aphanamixis polillensis (C.B.Rob.) Merr. (1923) ; Aglaia polystachya Wall. (1924) ; Canarium vrieseo-teysmannii H.J.Lam (1932) ; Aphanamixis pinatubensis Elmer (1934) ; Aphanamixis agusanensis Elmer (1937) ; Aphanamixis apoensis Elmer (1937) ; Aphanamixis davaoensis Elmer (1937) ; Aphanamixis obliquifolia Elmer (1937) ; Aphanamixis velutina Elmer (1937) ; Chuniodendron spicatum Hu (1938) ; Chuniodendron yunnanense Hu (1938) ; Epicharis cuneata (Hiern) Harms (1940) ; Aglaia janowskyi Harms (1942) ; Aphanamixis schlechteri Harms (1942) ; Aphanamixis sinensis F.C.How & T.C.Chen (1955) ; Amoora janowskyi (Harms) Kosterm. (1966) ; Amoora beddomei Kosterm. (1982) ; Ricinocarpodendron polystachyum (Wall.) Mabb. (1982) ; Aglaia beddomei (Kosterm.) S.S.Jain & R.C.Gaur (1986).

 

→ Pour apprécier la biodiversité au sein de la famille des MELIACEAE cliquez ici.

 

Les archives photographiques de Giuseppe Mazza

/a-426-2_aphanamixis_polystachya
Photomazza : 70.000 colour pictures of animals and plants