Arnica montana

Famille : Compositae

 

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Texte © Eugenio Zanotti

 

 

Traduction en français par Michel Olivié

 

 

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L’arnica montana vit dans l’Eurasie sur les sols acides de 500 à 2.200 m d’altitude © Giuseppe Mazza

Le genre Arnica comprend une trentaine d’espèces herbacées pérennes qui sont réparties dans les zones circumboréales et montagneuses ( subalpines ) , en particulier celles des régions tempérées de l’Ouest de l’Amérique du Nord.

Deux espèces sont originaires de l’Eurasie ( Arnica montana et Arnica angustifolia ).

Le nom du genre "arnica" provient de la déformation de "ptàrmica", dérivé du grec "ptarmikos" qui veut dire éternuer, parce que cette plante, séchée et réduite en poudre, provoque l’éternuement et qu’elle était utilisée pour cette raison par les paysans des régions montagneuses du Nord de l’Europe et de France ( où elle fut connue autrefois sous le nom de "tabac des Vosges" et était fumée comme le tabac ) . Pour d’autres le nom est à rapprocher des mots grecs "arna" = agneau et "arnakis" = peau d’agneau parce que les feuilles de l’arnica sont douces, duveteuses et parcourues par des nervures délicates, ce qui les fait donc ressembler à de la peau d’agneau.

Le nom de l’espèce vient du latin "montanus" = montagnard, de montagne et rappelle que c’est une plante orophyte.

L’ Arnica montana L. (1753) est une plante herbacée pérenne dont le rhizome est oblique, tronqué, brun-roux. Son odeur est désagréable. Sa tige est droite ( 10 )20-50 ( 60 ) cm, rigide, simple ou non avec une ou deux paires de rameaux opposés, velue et glanduleuse avec des poils simples, allongés et distincts et de courts poils glanduleux.

Les feuilles sont sessiles ou dotées d’un pédoncule court, nervurées ( 3-5 ( 7 ), pubescentes en partie supérieure et presque glabres au-dessous, entières ou denticulées. ; les feuilles radicales sont disposées en croix, en rosette, spatulées ( 2-4 x 10-15 cm ) ; les feuilles caulinaires sont opposées, plus petites, lancéolées ou en forme de bractées.

Le capitule floral est grand ( 6-8 cm de diamètre ), unique ou en un exemplaire sur chaque rameau ; l’involucre est velu-glanduleux ( 1-1,5 x 1,5-2 cm de diamètre ) avec une série d’écailles linéaires-lancéolées et des paillettes externes plus petites. Les fleurs sont jaune foncé ou jaune orangé ; celles qui sont à l’extérieur ont une ligule tridentée de 0,5 x 4 cm ; celles qui sont dans la partie interne sont en forme de tube ( 1,5 ).

L’arnica fleurit de juin à août. Les akènes sont cylindriques , de couleur brun noirâtre ( 6 mm ), rugueux, pubescents et dotés d’un pappus de soie unisériée de couleur gris jaunâtre ( 6 mm ). L’arnica pousse dans les pâturages, les prés arides et les landes de rhododendrons , sur des sols acides , de 500 à 2.200 ( 2.650 ) m (dans quelques localités il a été observé aussi dans des zones de plaine).

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Il fleurit de juin à août dans les pâturages, les prés arides et les landes © G. Mazza

Son habitat est celui d’un orophyte de l’Europe centrale ( Alpes, Jura, Carpates et certaines chaînes de montagne plus méridionales ). Dans le Sud-Ouest de la France et dans le Sud du Portugal existe la subsp. atlantica A.Bolòs (1948). Dans la zone arctique de l’Europe du Nord on rencontre, en plus de l’espèce nominale, l’espèce angustifolia, qui est calcicole.

L’arnica est une espèce protégée dans de nombreux pays et de ce fait il est largement cultivé dans le monde entier pour permettre son approvisionnement. Sa multiplication s’effectue par ses graines ou en divisant ses pieds. C’est une des très peu nombreuses astéracées officinales dont les feuilles sont opposées au lieu d’être alternes.

Le rhizome est récolté en septembre ; les capitules sont beaucoup plus utilisés et récoltés de préférence au début de la floraison ; ils contiennent de l’arnicine, ( dont les propriétés sont semblables à celles du camphre ), de l’arnistérine, de la cytisine, de l’hélénaline, de l’ dihydrohelenaline, une substance amère, une huile essentielle contenant du thymol, des esters du thymol, des acides gras libres ( acétique, isobutyrique, isovalérianique, laurique, palmitique, métacrylique et tiglique ), des éthers glycériques des acides laurique et palmitique, des n-alkanes, des lactones sesquiterpènes pseudoguianolidides, des hydroxycoumarins, de l’acide caféique et des dérivés, des caroténoïdes, des flavonoïdes ( isoquercétine, astragaline,lutéoline-7-glucoside ), des ombelliférones, de la scopolétine, des polysaccharides, la substance colorante arnizine, des tannins, des résines et des sels minéraux.

Les capitules secs ( Flos arnicae ) ont une odeur aromatique caractéristique, épicée, et une saveur amère et âcre. Le rhizome, bien débarrassé de la terre et des racines et lavé, et les fleurs doivent être étendus et mis à sécher à l’ombre dans des endroits aérés après quoi on les conserve dans des pots de fer blanc, de verre ou de céramique que l’on place dans des endroits secs à l’abri de la lumière. Avant de cueillir les fleurs il est bon de s’assurer qu’elles n’ont pas été infestées par les larves noires de la "mouche de l’arnica" ( Trypeta arnicivora ), un parasite qui rend le produit inutilisable.

L’arnica a des propriétés antiasthmatiques, antinévralgiques, antispasmodiques, astringentes, bronchosédatives, d’excitant du système nerveux et cardiovasculaire et neurotoniques. L’usage domestique est seulement externe à cause de la toxicité de la plante en cas d’erreur de dosage. L’usage interne est réservé aux médecins. Actuellement les préparations à base d’arnica sont pour l’essentiel employées en usage externe comme remède contre les ecchymoses, révulsif et astringent. Son action positive dans les cas de coronopathies, et ses propriétés antibactériennes, fongicides et antitumorales sont en cours d’étude.

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Le capitule dont l’aspect ébouriffé est caractéristique atteint 8 cm de haut. Les fleurs et les racines ont des vertus médicinales © Giuseppe Mazza

Préparations pour l’usage externe :

Huile d’arnica

Elle se compose d’une part de capitules secs pour 5 parts d’huile d’olive.

On l’utilise seulement pendant quelques jours sur la peau, si elle n’a pas de blessures, pour réduire les hématomes, les entorses, les douleurs musculaires et articulaires, les furoncles, les œdèmes sous-cutanés, les phlébites, les throm- bophlébites, les inflammations des muqueuses buccales, etc. en commen- çant par de petites doses parce que, en particulier, sur la peau délicate des femmes et des enfants et chez certains sujets sensibles elle peut causer des dermatites.

Infusion pour les compresses

2 grammes de fleurs dans 100 ml d’eau au bain-marie pendant 20 minutes.

Synonymes : Arnica montana L. var. alpina (L.) 1753 ; Doronicum montanum (L.) Lam. (1786) ; Arnica montana L. var. fulgens (Pursh) Nutt. (1818) ; Arnica montana L. var. angustifolia (Vahl) Hook (1834) ; Arnica montana L. var. alternifolia Cariot & St-Lager (1889) ; Arnica montana L. subsp. atlantica A.Bolòs (1948) ; Arnica montana var. atlantica (A.Bolòs) B.Bock (2012).

 

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