Berberis vulgaris

Famille : Berberidaceae

 

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Texte © Eugenio Zanotti

 

 

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Traduction en français par Marie Malo

 

 

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La Berberis vulgaris est un petit arbuste épineux eurasiatique à feuilles caduques pouvant atteindre 3 m © G. Mazza

Le genre Berberis comprend environ 450 espèces (jusqu’à 500 d’après certains auteurs) d’arbres de petite taille et d’arbustes sempervirents allant jusqu’à 5m de haut, avec des branches épineuses ; elles sont présentes dans toutes les régions tempérées et subtropicales du monde, particu- lièrement dans l’hémisphère nord.

L’épine-vinette ( Berberis vulgaris - L. 1753 ) est une espèce eurasienne disséminée en Europe, en Asie et dans le Caucase, jusqu’au Japon, et naturalisée aux Etats-Unis et dans certains autres pays du monde.

Le nom de genre viendrait de « berbêrys », le nom arabe des fruits de cet arbuste, mais son étymologie est controversée et il existe de nombreuses autres hypothèses ; le nom de l’espèce « vulgaris » signifie commun en latin, connu par les gens.

C’est un petit arbuste à feuilles caduques, glabre et épineux, haut de 1 à 3 m, avec de nombreuses tiges plus ou moins dressées, courbées vers l’extérieur, inclinées et épineuses, avec une écorce gris-jaune ou jaune-brun, les branches grises ayant l’apparence de bois sec. Le bois est de bonne qualité et a une belle couleur jaune d’or.

Les feuilles sont simples, brièvement pétiolées, alternes, ou en groupes se développant dans l’aisselle de 2 ou 3 épines. Elles ont des limbes obovales - elliptiques, plutôt coriaces, avec un sommet obtus, et des bords finement dentelés et épineux, vert foncé sur le dessus et plus pâle sur le dessous. Elles sont regroupées dans l’aisselle des feuilles transformées en épines.

Dans nos pays, la floraison a lieu en avril et mai ; les petites fleurs jaunes sont réunies (entre 15 et 30) en des racèmes axillaires pendants. Les fleurs apparaissent en avril et la floraison dure jusqu’en juin ; les fleurs ont 6 sépales et 6 sépales jaunes (5-7 mm) et présentent une particularité : si vous touchez avec un cure-dent, la base des filets des étamines adhérents aux pétales, ces derniers se ferment vers l’intérieur.

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Les feuilles, dentées ou épineuses, plus pâles en dessous, se développent à l’aisselle de 2-3 épines © G. Mazza

C’est une adaptation que la plante a développée pour faciliter le transport de pollen par les insectes en quête de nectar qui déclenchent ainsi le « piège ».

Le fruit est une petite baie oblongue, verte au début, puis rouge vif à rouge foncé à maturité, d’un goût acidulé, avec (1) 2-3 (5) graines et un tégument corné membraneux.

Berberis vulgaris est une espèce très variable, si bien que plusieurs sous-espèces ont été proposées, comme par exemple aetnensis et australis, qui présentent toutefois des caractères de transition entre l’une et l’autre et ne sont donc pas acceptées par de nombreux auteurs qui les considèrent comme des variations dues à des adaptations aux conditions édaphiques. La multiplication, outre celle par graines (disséminées par les oiseaux friands des fruits) est obtenue par greffage et boutures.

L’épine-vinette est une plante héliophile-thermophile, mais qui pousse souvent aussi à l’ombre ; elle aime les endroits secs, pierreux et rocheux, les clairières, les forêts dégradées, les fourrés secs sur des sols pauvres, en général avec une réaction alcaline, des plaines jusqu’à 2000 m d’altitude dans les forêts de conifères. Le système racinaire est composé de nombreuses racines fortes qui rampent à la surface du sol et forment de nombreux drageons, ce qui rend cette plante utile dans la consolidation des pentes et des talus soumis à l’érosion causée par le vent et le ruissellement de l’eau.

De nombreuses espèces d’épine-vinette sont utilisées dans les jardins et les parcs pour les haies et les taches de couleur, rappelez-vous : Berberis thunbergii et ses variétés, Berberis aggregata, Berberis chenaultii, Berberis hookeri, Berberis darwinii, Berberis buxifolia, Berberis julianae, etc., en plus de nombreux hybrides.

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Les belles fleurs ont des étamines qui « piègent » les pollinisateurs en se refermant © Giuseppe Mazza

Nous devons nous rappeler aussi d’autres aspects positifs de cette espèce, utilisée par le passé en phytothérapie (écorce des racines, feuilles et fruits) comme stimulant de la sécrétion gastro-intestinale, cholagogue, hypoglycémiant, hypotenseur et hémostatique, tandis que les feuilles sont astringentes et aromatiques.

L’écorce des racines, récoltée en novembre, contient des alcaloïdes isoquinoliniques (berbérine, oxyacan- thine, berbamine, etc.). Les feuilles contiennent de la berbérine (toxique à certaines doses !), iatrorisine, colum- bamine, palmatine, isotétrandrine, bervulcine, magnoflorine, glucose, lévulose, des tanins, de la résine, de l’acide malique et de l’acide tartrique. Elles sont recueillies en mai et ont des propriétés antiscorbutiques, astringentes et diurétiques. Les fruits (août-septembre) sont utilisés pour la préparation de gelées et de sirops rafraîchissants et antiseptiques.

Actuellement, l’utilisation principale de cette plante est en tant que tonique oculaire dans les cas d’hypersensibilité des yeux, des inflammations des paupières et des conjonctivites d’origine allergique.

On utilise le chlorure de berbérine (alcaloïde se trouvant principalement dans l’écorce des racines) qui a des propriétés antimicrobiennes et anti-sécrétoires remarquables, utiles dans le traitement de diverses infections telles que les diarrhées bactériennes et les rechutes par Candida albicans ; Il empêche la prolifération de Staphylococcus aureus. Récemment, on a découvert une activité anti-cholestérol remarquable, qui, contrairement aux statines qui se limitent à inhiber la synthèse du cholestérol par le foie, améliore la gestion du cholestérol et augmente les effets des inhibiteurs naturels des récepteurs du cholestérol. On étudie également les effets antinéoplasiques des alcaloïdes contre les différents types de cellules tumorales.

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Disparue à cause de la lutte contre la rouille du blé, c’est une plante médicinale aux fruits comestibles © G. Mazza

De nos jours, il est rare de voir l’épine-vinette loin des bois et des endroits sauvages ; elle qui était largement cultivée avec le blé dans nos campagnes par le passé.

Ces arbustes ont largement disparus quand on a découvert que leurs feuilles contenaient comme partenaire inter- médiaire, la maladie fongique connue sous le nom de « rouille noire du blé ».

Les bois, les racines et l’écorce de cet arbuste sont riches en un colorant jaune utilisé par le passé pour teindre le cuir et les tissus.

Les fruits sont comestibles, mais sont généralement transformés en confitures au goût agréable et rafraîchissant, ou conservés dans le sel comme des câpres. Dans ce contexte, vous trouverez ci-dessous la recette de la "gelée épine-vinette" :

Pour un kilo de baies bien mûres, lavées et séchées, on a besoin d’un kilo de sucre et d’un petit verre d’eau. L’ensemble doit être bouilli pendant vingt minutes, puis retiré du feu. Une fois tiède, la préparation obtenue doit être tamisée pour éliminer les graines et les peaux, et on fera revenir le liquide sirupeux ainsi obtenu à feu doux jusqu’à obtenir un liquide sirupeux plus concentré. Mettre dans des petits pots en verre stérilisés et placez-les à bouillir pendant quelques minutes. Ils doivent être conservés dans un endroit frais, sec et sombre.

Synonymes : Berberis aetnensis C. Presl. (1826) ; B. boisseri C.K. Schneider (1905) ; B. orientalis C.K. Schneider (1905).

 

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