Bison bison

Famille : Bovidae

 

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Texte © D. Sc. Giuliano Russini - Biologiste Zoologiste

 

 

Traduction en français du Dr Didier Hallépée

 

 

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Les bisons sont les géants des plaines américaines © Giuseppe Mazza

Le bison américain ( Bison bison ) ordre des Artiodactyla, famille des bovidés (Bovidae), est un mammifère quadrupède, euthérien (placentaire), herbivore ruminant de grande taille.

L’espèce américaine ( Bison bison ) est communément appelée bison américain ou buffle (même si cette deuxième appellation n’est pas très correcte). Il en existe deux sous-espèces ou races : le Bison bison athabascae rare et de taille plus grande, principalement présent au Canada, et le Bison bison bison, plus petit, présent aux Etats-Unis, principalement dans l’état de l’Oklahoma, ainsi qu’une espèce autochtone euro-asiatique (endémique du nord de l’Europe) le Bison bonasus, appelée plus communément le bison d’Europe dont il existe trois sous-espèces ou races : le Bison bonasus bonasus, le Bison bonasus caucasicus et le Bison bonasus hungarorum. Les deux derniers sont malheureusement éteints depuis une cinquantaine d’années.

Pendant de nombreux siècles, les vastes plaines d’Amérique du Nord ont été le quartier général du Bison bison qui partageait ces pâturages avec d’autres Artiodactyles comme comme le Pronghorn ( Americana Antilocapra ) et le cerf mulet ( Odocoileus hemonius ) qui s’aventurent jusque dans la taïga.

Au cours du XIXème siècle, le bison américain vivait en troupeaux de milliers de têtes en déplacement constant, contribuant ainsi en broutant au maintien de l’aspect typique des prairies américaines et canadiennes.

Contrairement aux populations indigènes qui ne tuaient que le nombre de bêtes nécessaire à leur subsistance par la fourniture de viande et de peau, respectant ainsi l’équilibre des espèces, les Européens, Anglais et Irlandais, qui occupent à présent les Etats-Unis et le Canada effectuèrent de véritables massacres de bisons, d’une manière proche de la folie, conduisant ainsi ce spectaculaire animal au bord de l’extinction.

Entre 1700 et 1800, il y avait 60-70 millions de têtes alors qu’aujourd’hui leur population n’excède pas 50 000-60 000 individus concentrés dans des réserves.

Le même destin a frappé les espèces européennes à tel point qu’aujourd’hui il ne reste que quelques milliers de Bison bonasus, protégés dans la réserve de Bialoweza, à la frontière entre la Pologne et la Russie, alors qu’avant 1920 il y en avait encore des centaines de milliers à l’état sauvage dans les prairies de Lituanie, du Caucase, de Pologne et de Russie.

Et pour dire la vérité, il faut ajouter que les specimen de Bialoweza proviennent d’animaux nés en captivité dans des jardins zoologiques qui, remis en liberté, ont retrouvé les conditions de la vie sauvage propres à leur espèce. Ce sont les seuls survivants d’un animal éteint dans son habitat naturel à cause d’une chasse sans merci.

Il faut bien mettre en évidence que de tes massacres, principalement en Amérique, n’ont pas eu pour seul but la quête de viande et de peaux. Ils avaient pour but de libérer les prairies de ces immenses troupeaux pour procurer des terres propres à l’agriculture ou à la construction de villes et de chemins de fer, sans parler de l’aspect ludique et sportif de la chasse, cette stupide habitude de tuer juste pour le plaisir.

A cet égard, célèbre est le nom de Buffalo Bill, de son vrai nom William Frederick Cody, qui était fier d’avoir tué environ 5000 têtes à lui seul.

Il n’est pas rare de trouver des photos datant de cette époque d’urbanisation et représentant des fermiers posant à côté d’énormes tas dos de bison.

Un sort semblable a frappé les diverses et très anciennes tribus indiennes d’Amérique du Nord (Sioux, Apaches, Cherokees) du Canada (Mohicans, Chinooks, et jusqu’aux tribus esquimaudes des Inuits) et bien d’autres qui furent massacrées et placées dans des réserves spéciales avec des droits fortement limités.

Le rôle écologique des bisons était de préserver l’existence des prairies dans un contexte d’entretien réduit, à la fois en broutant et en se frottant contre les jeunes arbres, arrêtant ainsi leur croissance et leur développement.

L’absence d’arbre réduit bien évidemment le nombre d’espèces d’oiseaux arboricoles et favorise au contraire les espèces de l’ordre des lagomorphes, animaux qui installent gitent sur le sol comme le lièvre d’Amérique ou lièvre à raquettes ( Lepus americanus ) qui est encore présent en grand nombre dans cette région.

Zoogéographie

Ce sont les géants des prairies américaines, autrefois présents du Mississipi aux Montagnes Rocheuses, de la côte Est à la côte Ouest, jusqu’aux plaines canadiennes. Aujourd’hui, ils sont réduits à quelques milliers confinés dans des réserves protégées et des parcs naturels, comme la réserve forestière de Shoeshone dan le Wyoming et le Parc National de Yellowstone qui s’étend sur le Wyoming, le Montana et l’Idaho.

Habitat–Ecologie

Leur meilleur écosystème est caractérisé par les Prairies, où ils se nourrissent, en paissant diverses sortes de graminées, allant parfois dans la brousse, où ils trouvent l’ Artemisia tridentata, un Astéracée typique de l’ouest de Etats-Unis, appelé armoise, dont ils sont particulièrement gourmants.

Comme tous les herbivores ruminants phytophages, compte tenu des faible qualités nutritives de la nourriture et de leur physiologie digestive particulière, ils consacrent l’essentiel de leur temps à paître (voir à cet effet l’article Artiodactyla).

Morpho-physiologie

Des études génétiques récentes, menées aussi bien sur le Bison bison que sur l’espèce européenne, le Bison bonasus, mettrait en évidence que les deux espèces actuelles, sont en réalité hétéroformes d’une seule espèce, et certains auteurs vont même plus loin, affirmant que le genre Bison devrait être un sous-genre du genre Bos.

Mais nous sommes encore au cœur du débat, parce que certains objectent, au vu des paramètres zoo-anatomique, qu’avec 14 paires de côtes, la genre Bison est bien différent du genre Bos, qui a en possède seulement 12.

Par ailleurs, outre la ligne lombaire, la colonne vertébrale du bison n’est pas rectiligne et parallèle au sol, comme dans le genre Bos mais courbée vers le bas le long de la ligne dorsale. Les apophyses épineuses sont énormément développés et l’image anatomique totale donne à ces animaux un aspect général bossu, avec la partie avant plus haute que la partie arrière.

De plus les vocalisations des bisons (chez les deux espèces) sont différentes de celles des bovins domestiques. Elles ressemblent plus à un grognement profond, qui rappelle celui du porc domestique ( Sus domesticus ) ou du sanglier ( Sus scrofa ).

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Un male adulte peut peser plus d’une tonne © Giuseppe Mazza

Le Bison bison mâle adulte peut peser environ une tonne et atteindre 180-190 cm de hauteur au garrot ; les femelles, plus petites, mesurent autour de 150-160 cm, pour un poids d’environ 500 kg.

En dehors de la taille, il n’y a pas de dimorphisme sexuel évident entre mâles et femelles qui ont tous deux une paire de cornes creuses, permanente, recourbée vers le haut, de 21-35 cm de longueur.

Les bisons vivent en moyenne 20-25 ans, et la bosse visible à la hauteur des épaules est couvert par une épaisse fourrure de poils drus descendant le long de la tête, le cou et le thorax jusqu’aux membres antérieurs. Les poils de la partie arrière, au contraire, sont courts et doux, laineux et sujet à une mue de printemps aussi bien chez le mâle et la femelle.

Cette fourrure est utile pour protéger aussi bien l’espèce d’Amérique du Nord et l’espèce européenne contre les hivers boréaux rigoureux, avec des températures atteignant les -50 °C et de forts vents froids à 160 km / h.

La coloration de la fourrure varie du brun foncé au noir. La queue ; velue, mesure environ 30 cm.

Comme tous les artiodactyles, le Bison bison est unguligrade et paraxonic. C’est-à-dire que le poids de l’axe du corps pose sur un nombre pair de doigts non régressifs, qui sont généralement le troisième doigt et le quatrième, recouverts par un ongle.

Ce sont des animaux ayant une dentition hétérodonte (dents avec une morphologie et une fonction différentes) avec une régression marquée des incisives et des canines, disparues dans la basse arcade mandibulaire, et de grandes prémolaires et molaires avec des fonctions spécifiques, typiques des herbivores.

Ethologie-Biologie de la reproduction

Comme déjà dit, ces animaux ont une vie plutôt grégaire, se déplaçant en troupeaux de plusieurs kilomètres (ce en particulier dans le passé, quand ils étaient libres d’aller partout dans le monde), au pas, au trot ou au galop, atteignant parfois une vitesse de 45 km/h .

Les troupeaux en mouvement se déplace en général lentement en quête d’herbe fraîche à brouter.

Au cours de la période précédant leur extermination, lorsque la saison l’hiver approchait, ils avaient l’habitude de migrer du Nord vers le Sud pour retourner plus tard vers le Nord au cours du printemps suivant, lorsque les glaces fondantes faisaient place à l’herbe nouvelle .

Il existe une sorte de hiérarchie, comme en témoignent les combats entre les mâles sexuellement matures. Les combats tête contre tête, cornes contre cornes, décident grâce à de puissants coups qui seront les leaders des groupes ou de la horde, et aura la faveur des femelles pendant la période de chaleur.

La lutte rituelle suit un schéma précis.

Les deux rivaux se dirigent lentement l’un vers l’autre, en secouant la tête et en émettant des grognements menaçants.

A moment, le plus faible se retire immédiatement, mais quand il s’agit d’un jeune décidé à conquérir la hiérarchie du troupeau, la lutte est inévitable et les animaux peuvent se blesser, même sérieusement.

Le perdant regagne le troupeau, en assumant, comme les autres, un rang subalterne, ou se retire dans une vie solitaire.

Les mâles subordonnés évitent les dominants, qui mettent souvent leur suprématie en évidence, en secouant la tête, ou en jetant des regards ou des grognements de menace aux mâles en signe d’intolérance.

Les mâles dominants, qui dirigent chacun à l’intérieur du troupeau un groupe hiérarchisé, sont les premiers à manger quand une riche zone de l’herbe est trouvée, les premiers à boire aux points d’eau, et les premiers à se rouler dans les flaques d’eau boueuse, pour jouer ou pour éliminer en été les insectes hématophages (puces, tiques, poux de crabe, poux) qui nichent dans leur fourrure.

Dans ce cas également, comme c’est le cas en Afrique et en Asie chez les rhinocéros, les buffles d’eau, les hippopotames, les girafes ou les zèbres, il existe une coopération avec des oiseaux insectivores se nourrissant de ces parasites.

Il ne s’agit pas du piquebœuf à bec rouge ( Buphagus erythrorhynchus ), ou du héron garde-bœufs ( Bubulcus ibis ), mais du vacher à tête brune ( Molothrus ater ), un petit passereau appartenant à la famille des Icteridae, qui vit perché sur le dos due bison, ou voltige autour dans le but d’exercer sa fonction.

Les mâles reproducteurs passer l’hiver en groupes de célibataires. Ils regagnent le troupeau en juillet et août, pour la saison des amours, et il ya, évidemment, des bagarres fréquentes pour les femelles en chaleur.

La femelle du bison a un utérus bicorne biconcamerate. La placentation est de type Syndesmochorial ou cotylédonaire.

La grossesse dure environ 9 mois. Un seul jeune nait, et parfois la femelle, à l’approche de l’accouchement, s’éloigne du troupeau pour donner naissance à son veau. Elle se joindra à nouveau le troupeau lorsque le jeune sera assez fort pour se tenir fermement sur ses pieds et suivre la mère dans les déplacements du troupeau.

L’alaitement dure un an et puis vient le sevrage, mais le jeune demeure avec sa mère jusqu’à sa quatrième année.

Les ennemis naturels du Bison bison sont les hordes de loups et les ours, même si un mâle dominant peut leur la vie rendre difficile, en raison de ses grandes capacités de lutte, de courage et sa taille, même face un spécimen d’une grizzly ( Ursus arctos horribilis ).

Dans tous les cas, ces ennemis naturels ont tendance à chasser de préférence un mâle malade ou âgé, ou un jeune qu’ils ont réussi à isoler du troupeau. Pour cette raison, les mâles dominants ont tendance à rester à l’extérieur du troupeau afin de créer une ceinture de protection en faveur de leurs sujets les plus faibles.

Le Bison bison malheureusement souffre encore des conséquences de la chasse, sans parler de la pollution et la déforestation, à tel point que la CITES et l’UICN le font figurer dans la liste rouge des espèces menacées.

Sous espèces :

Bison bison bison

Bison bison athabascae

 

→ Pour des notions générales sur les ARTIODACTYLA voir ici.

→ Pour apprécier la biodiversité au sein de l’ordre des ARTIODACTYLA et trouver d’autres espèces, cliquez ici.

 

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