Callicarpa formosana

Famille : Lamiaceae

Texte © Pietro Puccio

 

 

Traduction en français par Michel Olivié

 

 

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Callicarpa formosana est un arbuste de 1 à 3 m présent à Formose (Taïwan), comme le suggère son nom, mais aussi en Chine, au Japon et aux Philippines dans les forêts subtropicales et les fourrés montagnards jusque 1.600 m d’altitude © Giuseppe Mazza

Cette espèce est originaire de la Chine (Fujian, Guangdong, Guangxi, Hainan, Jiangxi, Yunnan et Zhejiang), des Philippines, du Japon (Okinawa) et de Taïwan où elle vit dans les forêts subtropicales et les fourrés montagnards jusqu’à environ 1.600 m d’altitude.

Le nom du genre est la combinaison des substantifs grecs "kallos" = beauté et "karpos = fruit, l’explication étant évidente. Le nom de l’espèce est l’adjectif latin "formosanus, a, um" = de Formose (Taïwan), par référence à l’un de ses lieux d’origine.

Noms communs : Formosan beauty berry, Formosan beauty bush, Taiwan blue berry, Taiwan purple pearls (anglais), du hong hua, tsu kang tzai (chinois), palis, papalsis, tambalasi, tigau-na-itim, tigaw, tubang dalag (filipino), houraimu-rasaki (japonais), nàng nàng dai loan, tu chau dai loan ( vietnamien).

La Callicarpa formosana Rolfe (1882) est un arbuste sempervirent haut de 1 à 3 m, aux branches généralement retombantes, aux feuilles portées sur un pétiole long de 1,5 à 2,5 cm, opposées, simples, elliptiques à oblongues-lancéolées, de 6 à 15 cm de long et de 2 à 8 cm de large, à l’apex long et pointu et aux bords finement dentelés, légèrement hispides et rugueuses en partie supérieure, recouvertes en partie basse d’un duvet grisâtre. Les branches jeunes, les pétioles et les pédoncules sont densément recouverts de poils étoilés grisâtres.

Les inflorescences, portées sur un pédoncule long de 0,5 à 2 cm, sont des cymes axillaires de 3 à 4 cm de diamètre qui portent de nombreuses fleurs bisexuées au calice campanulé long de 1 à 1,5 mm et à 4 lobes triangulaires, une corolle infundibuliforme, glabre, longue d’environ 2,5 cm, à 4 lobes oblongs d’environ 1 à 1,3 mm de long et 1 mm de large, de couleur rose pourpre, et 4 étamines longues de 4 à 6 mm.

Les fruits sont des drupes sphériques de couleur lavande, d’environ 2 à 3 mm de diamètre, qui subsistent longtemps sur la plante et contiennent 4 pyrènes (des noyaux) ligneux contenant chacun une unique graine ellipsoïde de 1,2 mm de long.

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C’est une plante ornementale en raison de ses inflorescences axillaires voyantes mais aussi médicinale pour diverses pathologies. Les feuilles contiennent une substance insecticide et sont employées localement pour étourdir les poissons, du fait de la présence de composés toxiques, et les capturer facilement © Giuseppe Mazza

On reproduit cette plante en semant ses graines dans un terreau sableux riche en substances organiques et maintenu humide à la température de 20 à 24 °C et par bouturage.

Cette espèce s’adapte à diverses conditions de culture et à divers climats, du climat tropical au climat tempéré et, bien que préférant des températures élevées durant sa période de croissance, de 20 à 30 °C, elle peut supporter des valeurs minimales de température allant jusqu’à environ -8 °C. Elle a besoin d’une exposition en plein soleil ou au maximum d’un léger ombrage et de sols légèrement acides à neutres maintenus modérément humides. Une fois adulte elle peut résister à de courtes périodes de sécheresse.

On la cultive dans un but ornemental pour réaliser des bordures mixtes et dans des jardins à papillons. Elle s’accommode aussi de la culture en pot, à condition d’utiliser un terreau riche en humus et d’ajouter du sable siliceux ou de la perlite dans une proportion de 30 %. Les arrosages doivent être réguliers, mais sans rétention d’eau, et les apports d’engrais, au printemps et en été, doivent être effectués de préférence avec des produits riches en en phosphore et en potassium afin de stimuler la floraison et la fructification.

Toutes les parties de cette plante sont utilisées dans la médecine traditionnelle chinoise pour diverses pathologies, principalement les rhumatismes, les infections de la bouche et les troubles gastro-intestinaux. Les feuilles, du fait de la présence de composés toxiques, sont utilisées localement pour étourdir les poissons et les capturer facilement. Elles contiennent de plus une substance aux propriétés insecticides.

En 2014 cette espèce n’était pas admise en tant que telle par toute la communauté scientifique. Une partie la considère comme étant un synonyme de Callicarpa pedunculata R. Br (1810). La différence la plus évidente concerne le pédoncule de l’inflorescence qui est plus court que le pétiole chez la Callicarpa formosana et plus long chez la Callicarpa pedunculata.

Synonymes : Callicarpa bicolor Fern.-Vill. (1880) ; Callicarpa blancoi Rolfe (1884) ; Callicarpa ovata C.B.Rob. (1908) ; Callicarpa ningpoensis Matsuda (1913) ; Callicarpa aspera Hand.-Mazz. (1922) ; Callicarpa rubella f. robusta C.Pei (1932) ; Callicarpa integerrima var. serrulata H.L.Li (1944) ; Callicarpa brevipes var. glabrescens Moldenke (1952).

 

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