Carica papaya

Famille : Caricaceae

Texte © Pietro Puccio

 

 

Traduction en français par Michel Olivié

 

 

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La Carica papaya est une espèce semi-herbacée qui atteint 6 m de haut et a des feuilles longues de 30 à 60 cm © Giuseppe Mazza

L’aire d’origine exacte de cette plante est inconnue. On suppose qu’elle s’étend du Sud du Mexique à l’Amérique centrale. Les premiers textes historiques notent sa présence au début du XVIe siècle sur les côtes caraïbes de l’Amérique centrale et à Hispaniola : elle est en effet mentionnée par l’historien et naturaliste espagnol Gonzalo Fernandez de Oviedo y Valdés ( 1478-1557 ). Déjà aux alentours de la moitié du XVIe siècle des graines furent introduites par les Espagnols aux îles Philippines et de là en Malaisie et en Inde. Au début du siècle suivant sa culture s’était déjà étendue à l’Amérique du Sud tropicale et à toutes les Caraïbes.

Le nom du genre semble venir du nom de l’espèce du figuier commun Ficus carica, à cause de la ressemblance de leurs feuilles palmées. Le nom de l’espèce vient de son nom caraïbe en langue taino.

Noms communs : papaya, pawpaw (Australie) (anglais), papaia, papaya (italien), papayer (français), ababaia, frutto de mamoeiro, mamao, mamao-do-amazonas, mamaozinho, papaeira (portugais), fruta bomba, lechosa, lechoso, lechoza (Venezuela), mamon, melon de arbol, melon zapote (Mexique), papayero, papayo (espagnol), Melonenbaum, Papajabaum, Papajapflanze (allemand).

La Carica papaya L. ( 1753 ) est un arbre, même s’il serait plus correct de le définir comme étant une espèce semi-herbacée, au tronc en général simple et droit, non ramifié, haut jusqu’à environ 6 m et au diamètre atteignant 20 à 30 cm, à la lymphe laiteuse et à l’écorce verte tendant vers le gris brun avec l’âge et sur laquelle les cicatrices foliaires restent visibles. Les feuilles, portées sur un pétiole creux d’une longueur atteignant 0,8 à 1 m et disposées en spirale dans la partie terminale du tronc, ont un limbe pennatifide large de 30 à 60 cm et profondément divisé en 5 à 9 lobes lancéolés ou ovés au bord entier ou eux-mêmes subdivisés en lobes lancéolés ou ovés.

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Fleurs mâles. L’espèce est habituellement dioïque mais il existe des variétés aux fleurs hermaphrodites © Giuseppe Mazza

Cette espèce est habituellement dioïque ( chaque individu porte soit uniquement des fleurs mâles soit uniquement des fleurs femelles ), rarement monoïque. En culture toutefois on a sélectionné de nombreuses variétés aux fleurs hermaphrodites.

Les plantes dioïques ont des fleurs mâles réunies en inflorescences axillaires et pendantes longues de 0,3 à 1 m. Les fleurs simples ont un tube de corolle long de 2 à 5 cm, une corolle à cinq lobes lancéolés longs d’environ 1,5 cm et larges de 0,3 cm, de couleur jaune crème et 10 étamines dont cinq plus petites. Les fleurs femelles sont en général solitaires, parfois réunies en corymbes axillaires au nombre de 2 à 4 mais dont une seule atteint son plein développement ( les autres tombent ) et ont une corolle à cinq lobes oblongs ou lancéolés longs de 5 à 6 cm et larges de 1,5 à 1,8 cm, de couleur jaune crème, et un ovaire ovoïde.

Les fleurs hermaphrodites, chez les variétés monoïques, ont un tube de corolle de 2 à 2,5 cm, une corolle à 5 lobes oblongs, d’environ 2,6 cm de long et 0,6 cm de large, 5 ou 10 étamines et un ovaire.

Parfois les plantes mâles produisent dans la partie terminale de l’inflorescence des fleurs hermaphrodites qui donnent alors naissance à des fruits petits et allongés. Il peut aussi arriver que certaines variétés produisent alternativement de courtes inflorescences mâles et des fleurs femelles en fonction des conditions saisonnières. Enfin, quand l’apex est endommagé ou sectionné, des plantes à fleurs mâles ou hermaphrodites peuvent changer de sexe et produisent seulement des fleurs femelles.

Les fruits, qui sont produits sous les tropiques tout au long de l’année, sont sous-sphériques ou ovoïdes-cylindriques, longs de 10 à 40 cm avec un diamètre de 10 à 20 cm et de couleur jaune ou jaune orangé à maturité. Ils ont une pulpe juteuse de couleur jaune, orange ou rougeâtre et contiennent dans une cavité centrale de nombreuses graines semi-ovoïdes, noires, longues d’environ 0,5 cm et entourées par une membrane gélatineuse ( l’arille ). Leur poids varie normalement de 500 g à un peu plus d’1 kg, quoique des fruits d’un poids supérieur ne soient pas rares et aillent jusqu’à frôler les 9 kg. Bien que cette plante puisse vivre de nombreuses années elle est remplacée, quand elle est cultivée, avec une fréquence qui en général ne dépasse pas quatre ans.

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Fleur femelle fécondée avec un stigmate bien visible. Toutes les fleurs de la papaye ont 5 pétales © G. Mazza

On reproduit en général cette plante au moyen de ses graines qu’il faut nettoyer pour ôter la substance gélatineuse qui les recouvre et contient des anti-germinatifs et qui doivent être mises directement en terre ou placées dans des bacs à un emplacement chaud et lumineux. Pour éviter la mortalité fréquente par pourrissement des jeunes plants il convient de traiter les graines à titre préventif avec un fongicide et d’utiliser, quand on les sème hors sol, des substrats stériles.

Les graines germent au bout de 2 à 3 semaines. Sous les tropiques les premiers fruits mûrs apparaissent après un an à un an et demi et à partir de là la production se poursuit sans arrêt. Si l’on veut être sûr de reproduire une variété donnée on a recours au marcottage ou au bouturage herbacé en été.

La papaye est un des fruits tropicaux les plus populaires. Elle est riche en calcium, phosphore, fer, potassium et en vitamines A, B. C et est consommée, bien mûre, soit nature soit sous forme de jus, de conserves et de gelées.

C’est une plante essentiellement tropicale. Elle pousse et fructifie bien et abondamment dans les zones où les températures se maintiennent entre 20 et 30 °C. Des valeurs autour de 0 °C, même pendant une très courte période, endommagent la plante et de longues périodes avec des températures de quelques degrés au-dessus de 0 °C peuvent lui être fatales. Elle préfère les sols poreux, riches en substances organiques, neutres ou sous-acides, irrigués abondamment en période sèche mais bien drainés car elle ne supporte pas l’eau stagnante qui, si elle subsiste longtemps, peut lui être fatale.

Les plants de papayer sont malheureusement sujets aux attaques de nombreux parasites comme la "mouche de la papaye" ( Toxotrypana curvicauda ) et le "ver de la papaye" ( Homolapalpia dalera ), de virus et de maladies fongiques comme l’anthracnose ( Colletotrichum gloeosporioides ) et l’oïdium ( Oidium caricae ) qui provoquent de graves dégâts dans les cultures.

Le papayer n’est pas cultivé seulement pour ses fruits mais aussi et très largement pour en extraire le latex qui contient des enzymes protéolytiques, en particulier la papaïne et la chymopapaïne qui ont diverses utilisations.

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Fruits riches en calcium, phosphore, fer, potassium et vitamines A, B, et C © Giuseppe Mazza

Le latex est extrait principalement des fruits verts ( la peau et la pulpe ) mais aussi d’autres parties de la plante.

La production de papaïne est maximale chez les plantes d’un an puis diminue sensiblement les années suivantes.

La papaïne est employée dans l’industrie pharmaceutique pour des médicaments aux propriétés anti-parasitaires intestinales, digestives, en facilitant l’absorption des protéines, et anti-inflammatoires.

Elle est utilisée dans l’industrie de la viande en boîte qu’elle rend plus tendre, dans celle de la bière pour éliminer les protéines qui forment un précipité aux basses températures et la rendent trouble, dans l’industrie de la cosmétique, des détergents et dans l’industrie textile pour le traitement de la laine et de la soie avant la teinture.

Il faut néanmoins avoir à l’esprit le fait que la papaïne peut provoquer des réactions allergiques chez les personnes particulièrement sensibles, que ce soit au niveau de la peau au contact du latex ou par ingestion soit du fruit, même mûr, soit de viandes traitées.

Synonymes : Carica posoposa L. (1753) ; Carica posopora L. (1753) ; Papaya carica Gaertn. (1790) ; Papaya communis Noronha (1790) ; Papaya cucumerina Noronha (1790) ; Papaya vulgaris A. DC. (1804) ; Carica citriformis Jacq. (1811) ; Carica sativa Tussac (1824) ; Papaya sativa Tuss. (1824) ; Carica mamaya Vell. (1825) ; Papaya edulis Bojer (1837 ; Carica peltata Hook. & Arn. (1840) ; Papaya citriformis (Jacq.) A. DC. (1864) ; Vasconcellea peltata (Hook. & Arn.) A. DC. (1864) ; Carica hermaphrodita Blanco (1879) ; Papaya papaya (L.) H. Karst. (1882) ; Carica bourgeaei Solms (1889) ; Carica papaya fo. portoricensis Solms (1889) ; Carica cubensis Solms (1889) ; Papaya cubensis (Solms) Kuntze (1889) ; Carica rochefortii Solms (1889) ; Papaya bourgeaei (Solms) Kuntze (1891) ; Papaya cimarrona Sint. ex Kuntze (1891) ; Papaya peltata (Hook. & Arn.) Kuntze (1891) ; Papaya rochefortii (Solms) Kuntze (1891) ; Carica jamaicensis Urb. (1909) ; Carica portorricensis (Solms) Urb. (1910) ; Carica jimenezii (Bertoni in J. B. Jimenez) Bertoni (1913) ; Carica papaya var. jimenezii Bertoni in J. B. Jimenez (1913) ; Carica pinnatifida Heilborn (1936) ; Carica papaya fo. mamaya Stellfeld (1947) ; Carica papaya var. bady Aké Assi (1961).

 

Les archives photographiques de Giuseppe Mazza

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