Caryota mitis

Famille : Arecaceae

Texte © Pietro Puccio

 

 

Traduction en français par Claude Leray

 

 

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Caryota mitis est une espèce monocarpique, cespiteuse et dense © Giuseppe Mazza

L’espèce est originaire des îles Andaman, de Bornéo, du Cambodge, de Java, du Laos, de la Birmanie, des îles Nicobar, de la Malaisie péninsulaire, des Philippines, du Sud-Est de la Chine, des Célèbes, de Sumatra et de la Thaïlande, où elle pousse dans des forêts humides et dans des zones perturbées jusqu’à environ 1000 m d’altitude.

Le nom de genre est le terme latin d’origine grecque, "caryota" = date, fruits du palmier ; le nom de l’espèce est le terme latin "mitis" = doux, en référence à l’absence d’épines.

Noms communs : Burmese fishtail palm, clustering fishtail palm, tufted fishtail palm (anglais) ; caryote doux (français) ; genduru (javanais) ; palma caryota (italien) ; dudok, mardin, rabuk (Malais) ; cariota-de-touceira, rabo-de-peixe (portugais) ; Buschige Fischschwanzpalme (allemand) ; khuangmu, taorang-daeng (Thai).

Caryota mitis Lour. (1790) est une espèce monoïque, cespiteuse et à feuillage dense, monocarpique (le stipe unique porte des fruits seulement après avoir atteint la plus grande taille, et meurt ensuite), le stipe a de 4 à 10 m de hauteur et de 10 à 15 cm de diamètre, couvert pour longtemps par les bases foliaires, fibreux et recouvert par un tomentum blanchâtre.

Les feuilles, de 2-2,8 m de long avec un long pétiole de 0,8-1,2 m, sont bipennées (sauf dans la phase juvénile dans lequel elles sont pennées), dressées, avec des pinnules asymétriques en forme de coin et avec un apex tronqué obliquement et irrégulièrement dentelées et frangées, de 10-12 cm de long, de couleur vert intense. Les inflorescences ramifiées sont bisexuées, de 60-90 cm de long, retombantes, basipétales (qui se développent à partir du sommet vers les zones plus basses), avec les fleurs placées selon la triade typique (une fleur femelle entre deux fleurs mâles) ; l’inflorescence présente le phénomène de protérandrie, les fleurs mâles atteignant la maturité avant les femelles, évitant ainsi l’auto-fécondation et donc favorisant les croisements.

Les fleurs mâles sont oblongues, jusqu’à environ 1 cm de diamètre, avec les trois pétales longs de 1,2-1,5 cm, les fleurs femelles sont globuleuses, de 0,5 cm de diamètre, avec les trois pétales d’environ 0,4 cm long ; une fois la fructification achevée, la tige meurt mais la plante se développe à partir des tiges latérales.

Les fruits, contenant une seule graine, sont globuleux, de 1,4-2 cm de diamètre, d’abord verts, ensuite oranges et rouges et enfin pourpres noirâtres lorsqu’ils sont mûrs ; le mésocarpe est charnu et contient en abondance des cristaux d’acide oxalique, en forme d’aiguilles, ils sont toxiques en cas d’ingestion et fortement irritants lorsqu’ils sont en contact avec la peau, les fruits doivent par conséquent être manipulés avec prudence.

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Les feuilles typiques bipennées atteignent 2-2,8 m de long avec un pétiole de 0,8-1,2 m © Giuseppe Mazza

Ce palmier se reproduit par graines, celles-ci germant en 4-6 mois à la température de 22-24 °C, ou par division.

C’est une espèce vigoureuse et de croissance rapide, largement utilisée comme plante ornementale dans les climats tropicaux, subtropicaux et marginalement aussi dans les pays tempérés, où, à l’âge adulte, elle peut supporter des températures parfois jusqu’à -2 / -3 °C pendant une très courte période, à l’ombre partielle aussi bien qu’en plein soleil.

Pour une croissance optimale, ce palmier requiert un sol bien drainé, avec des arrosages réguliers et abondants afin de garder le sol presque constamment humide, même s’il peut supporter des périodes de sécheresse, mais avec un ralentissement de la croissance, et des fertilisations azotées.

Les jeunes spécimens sont utilisés pour la décoration des intérieurs spacieux dans une situation très lumineuse, avec des températures supérieures à 14-15 °C ; ils sont sensibles aux attaques de parasites tels que les cochenilles et les acariens, il faut donc les vérifier périodiquement afin d’être en mesure d’intervenir avec des produits appropriés.

Certaines populations locales recueillent, en incisant le pédoncule des jeunes inflorescences, la lymphe, très douce, pour la production de sucre ou, après fermentation, d’une boisson alcoolisée ; en outre, la partie centrale de la tige, riche en amidon (sagou), est parfois utilisée comme nourriture, même si elle est de moindre qualité que celle obtenue par exemple des Caryota urens.

Synonymes : Caryota furfuracea Blume ex Mart. (1838) ; Caryota propinqua Blume ex Mart. (1838) ; Caryota sobolifera Wall. ex Mart. (1838) ; Drymophloeus zippellii Hassk. (1842) ; Caryota sobolifera Wall. (1848) ; Thuessinkia speciosa Korth. (1855) ; Caryota javanica Zipp. ex Miq. (1856) ; Caryota griffithii Becc. (1871) ; Caryota nana Linden (1881) ; Caryota speciosa Linden (1881).

 

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