Casuarina equisetifolia

Famille : Casuarinaceae

Texte © Pietro Puccio

 

 

Traduction en français par Serge Forestier

 

 

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Originaire d’Australie et du sud-est asiatique, Casuarina equisetifolia atteint les 30 m de hauteur avec un tronc mesurant jusqu’à 1 m de diamètre. Croissance rapide, frondaison très décorative, résistant aux embruns et à de brèves abaissements de température au voisinage de 0 °C. L’écorce est employée en médecine traditionnelle © Giuseppe Mazza

L’espèce est originaire d’Australie (Nouvelle-Galles du Sud, Queensland et Territoire du Nord), du Bangladesh, de Bornéo, du Cambodge, des îles Fidji, des Philippines, de Java, d’Inde, des îles Andaman, des îles Carolines, des îles Mariannes, des îles Marshall, des îles Nicobar, des îles Paracels, des îles Salomon, des îles Spratleys, de Malaisie, de Birmanie, de Nouvelle Calédonie, de Nouvelle Guinée, des Samoa, des Célèbes, de Thaïlande, des Tonga, des Tuvalu, du Vanuatu et du Vietnam où elle croit sur une large variété de sols, du niveau de la mer jusqu’à environ 1500 m d’altitude.

Le nom de genre dérive de Casuarius casuarius, casoar, oiseau d’Australie et de Nouvelle Guinée dont les plumes rappellent les branches pendantes des espèces appartenant au genre ; celui de l’espèce est la combinaison du nom de genre Equisetum et du substantif latin "folium" = feuille, en référence évidente.

Noms communs : Australian beefwood, Australian-pine, beach casuarina, beach-oak, beach she-oak, beefwoodtree, coast she-oak, horsetailtree, ironwood, redwood tree, whistlingtree (anglais) ; mu ma huang (chinois) ; sga:w (cambodgien) ; nokonoko (Fidji) ; agoho (Philippines) ; bois de fer, bois de filao, pin d’Australie (français) ; chemura (Java) ; caboku, jangli-saroo, saravu, suru (Inde) ; cemara laut (Indonésie) ; mejinoki (Îles Marshall) ; pino australiano (italien) ; aru, ru, ru laut (Malaisie) ; tin-yu (Birmanie) ; iria, owalu (Nouvelle Guinée) ; casuarina-cinzenta, pinheiro-da-Austrália (portugais) ; casuarina, pino de Australia (espagnol) ; Eisenholz (allemand) ; son-thale (Thaïlande) ; toa (Tonga) ; filao (Vietnam).

Casuarina equisetifolia L. (1759) est un arbre monoïque sempervirent, haut de 20 à 30 m, au tronc dressé mesurant jusqu’à 1 m de diamètre, pourvu à la base de racines tabulaires (racines aplaties semblables à des contreforts), à l’écorce initialement lisse, puis rugueuse et sillonnée avec l’âge ; les racines sont capables de fixer l’azote atmosphérique via les nodules (actinorhize) formés de bactéries appartenant au genre Frankia Brunchorst (1866).

Le feuillage est constituée de rameaux filiformes pendants, de 20 à 35 cm de longueur et 0,5 à 0,8 cm de diamètre, finement cannelés, verts assurant la fonction chlorophyllienne, aux articles longs de 0,6 à 1 cm terminés par des feuilles réduites à de minuscules écailles triangulaires, de 0,5 à 1 mm de longueur, disposées en verticilles de 6 à 9.

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La frondaison est constituée d’insolites rameaux filiformes verts assurant la fonction chlorophyllienne. Certains sont persistants et formeront le bois, d’autres décidus. Les inflorescences unisexuelles mâles sont des épis se développant à l’apex des rameaux verts ; les femelles, de couleur rouge pourpre, sont des capitules globulaires apparaissent sur un court pédoncule depuis les rameaux ligneux. Les fleurs sont dépourvues de corolle sous-tendues par une bractée et deux bractéoles © G. Mazza

Les rameaux sont de deux types, les persistants, à la croissance indéterminée, qui constitueront par l’accroissement secondaire la structure de l’arbre, et les décidus, après 1 à 3 ans, à croissance déterminée, qui constitueront les principaux organes photosynthétiques de la plante.

Inflorescences unisexuelles sur le même individu, dont les mâles sont des épis, longs de 0,6 à 5 cm, à l’extrémité des rameaux, aux fleurs constituées de deux bractéoles et une étamine, et les femelles, sur le côté des rameaux lignifiants, sur un court pédoncule, sont des capitules globulaires, de 1 à 2 cm de longueur et 0,8 à 1,2 cm de diamètre, aux fleurs dépourvues de corolle sous-tendues par une bractée et deux bractéoles.

Infrutescence ligneuse, semblable à un cône de conifère, longue d’environ 2 cm, constituée par les bractéoles qui s’ouvrent à maturité pour libérer les fruits, samares ovales longues d’environ 0,6 cm.

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Les Infrutescences ligneuses font penser aux cônes des conifères, mais mais cette espèce n’est pas une Gymnosperme. C’est une Angiosperme, c’est-à-dire une plante à fleurs © Giuseppe Mazza

La propagation se fait généralement par semis ; les graines, qui ont une aptitude germinative de durée réduite si elles ne sont pas conservées dans de bonne conditions, sont préalablement immergées dans l’eau pendant une journée, puis placées dans un terreau sableux maintenu humide à une température de 25 à 28 °C ; le temps de germination est de 2 à 4 semaines. La reproduction peut également se faire par bouturage et marcottage.

Si la plantation a lieu en dehors des régions d’origine, le sol doit être inoculé avec des nodules broyés dans lesquels les bactéries fixatrices d’azote sont présentes.

Espèce d’importance environnementale et commerciale considérable pour de nombreuses régions tropicales et sub tropicales, capable de supporter des situations climatiques et environnementales extrêmes, des régions intérieures semi désertiques aux dunes côtières, où elle supporte parfaitement les brouillards salins, aux rives des cours d’eau, dans les régions à la pluviosité annuelle allant de 200 mm à plus de 4000 mm.

Cultivable même dans les régions à climat tempéré chaud plus doux où elle peut supporter des températures voisines de -3 °C pendant une courte durée. Elle exige une exposition en plein soleil et s’adapte à différents types de sols, même très pauvres, sablonneux ou rocheux, d’acides à ultra basiques, qui ne permettrait pas d’autres cultures rentables, l’enrichissant grâce à la capacité de ses racines à fixer l’azote atmosphérique.

De croissance rapide, pouvant dépasser, dans les meilleures conditions de culture, 10 m de hauteur en 5 ans, elle est par conséquent utilisée dans la reforestation des zones dégradées, dans le contrôle de l’érosion, la stabilisation des dunes côtières et comme brise-vent. Par ses caractéristiques ornementales et paysagères particulières elle est souvent employée dans les parcs et jardins et comme arbres au bord des routes. Le bois, de couleur brun rougeâtre particulièrement dur et lourd, durable et résistant aux insectes xylophages, mais plutôt difficile à travailler, est utilisé dans la construction d’habitations, d’embarcations, de pieux, d’outils et d’objets d’usage courant. En raison de son pouvoir calorifique excellent (20,7 MJ/kg) et du peu de cendres qu’il produit, il est utilisé directement comme combustible ou pour produire du charbon de bois ; c’est pour ce motif que l’arbre est largement cultivé dans certaines régions de l’Inde. L’écorce est utilisée en médecine traditionnelle dans des îles du Pacifique pour différentes pathologies.

Synonymes : Casuarina africana Lour. (1790) ; Casuarina indica Pers. (1807) ; Casuarina lateriflora Poir. (1812) ; Casuarina truncata Willd. (1814) ; Casuarina sparsa Tausch (1839) ; Casuarina littorea Oken (1841) ; Casuarina repens Hoffmanns. 81841) ; Casuarina brunoniana Miq. (1848) ; Casuarina excelsa Dehnh. ex Miq. (1848) ; Casuarina mertensiana Rupr. ex Miq. (1868) ; Casuarina equisetifolia var. souderi Fosberg (1966) ; Casuarina littorea var. souderi (Fosberg) Fosberg & Sachet (1975).

 

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