Catasetum fimbriatum

Famille : Orchidaceae

Texte © Pietro Puccio

 

 

Traduction en français par Serge Forestier

 

 

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Catasetum fimbriatum est une épiphyte ou lithophyte des régions d’Amérique centrale au climat nettement saisonnier. Elle forme des touffes denses aux pseudobulbes fusiformes, de 8-20 cm et aux feuilles de 30-35 cm décidues en hiver pendant la période de repos. L’inflorescence mâle atteint les 25-40 cm avec 20 fleurs © Mazza

L’espèce est originaire d’Argentine septentrionale (Corrientes, Formosa, Jujuy, Misiones et Salta), de Bolivie, du Brésil (District Fédéral de Brasilia, Espirito Santo, Goiás, Mato Grosso, Mato Grosso do Sul, Minas Gerais, Paraná, Rio de Janeiro, Rio Grande do Sul, Santa Catarina, São Paulo et Trinidad), du Paraguay et du Venezuela où elle pousse sur les branches des arbres, sur la tige des palmiers ou sur les rochers, dans des régions caractérisées par un climat nettement saisonnier, entre 600 et 1000 m d’altitude.

Le nom de genre est la combinaison de la prépositions grecque “κατά” (katá) = vers le bas et du substantif latin “seta, ae” = soies, crins, en référence aux appendices antenniformes dirigés vers le bas présents à la base de la colonne chez les fleurs mâles ; le nom spécifique est l’adjectif latin “fimbriatus, a, um” = à franges, bordé, en référence aux marges du labelle des fleurs mâles.

Noms communs : fringed catasetum (anglais) ; casco romano (espagnol).

Le genre Catasetum possède une caractéristique particulière à l’intérieur de la famille des Orchidaceae ; il présente des fleurs unisexuelles sur la même inflorescence ou, plus fréquem- ment, sur différentes inflorescences, seulement rarement hermaphrodites, caractéristique partagée avec Cycnoches, (de nombreuses espèces de Mormodes ont des fleurs qui présentent un dimorphisme prononcé, mais fonctionnellement, elles sont hermaphrodites).

En outre, la diversification du sexe advient dans la phase initiale du développement de l’inflorescence en fonction des conditions ambiantes ; on a observé que les plantes vivant en situation ombragée avec une humidité ambiante élevée produisaient préférentiellement des fleurs mâles, tandis que sous une exposition très lumineuse avec une basse humidité, des fleurs femelles. En situation intermédiaire elles peuvent produire alternativement des fleurs des deux sexes.

Catasetum fimbriatum (C. Morren) Lindl. (1850) est une espèce épiphyte ou lithophyte de grande taille formant des touffes denses aux pseudobulbes fusiformes, de 8 à 20 cm de longueur et de 3 à 5 cm de diamètre, pourvus de feuilles oblongues à apex pointu, plissées, longues de 30 à 35 cm et larges de 6 à 10 cm, décidues en hiver pendant la période de repos. Inflorescences de la base des pseudobulbes, arquées, pendantes, les mâles mesurant de 25 à 40 cm de longueur et aux nombreuses fleurs, jusqu’à 20, les femelles plus courtes et avec peu de fleurs. Les fleurs sont charnues, cireuses et intensément parfumées. Les fleurs mâles résupinées (avec le labelle en bas, sous la colonne) aux sépales et aux pétales de couleur vert pâle diffuse et ponctuée de rouge brun, au labelle jaune verdâtre et à la colonne blanche. Sépales lancéolés à apex pointu, de 2,8 à 4 cm de longueur et de 1 à 1,5 cm de largeur, pétales dressés, juxtaposés, légèrement plus petits que les sépales, labelle cordé, sacciforme au centre, aux marges frangées, de 3 cm de longueur et 4,2 cm de largeur, et colonne, longue d’environ 2,5 cm, avec à la base deux antennes sensibles aux chocs, longues d’environ 1 cm.

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Dans le monde de Catasetum le sexe de l’inflorescence dépend de la lumière et de l’humidité. La règle est des fleurs unisexuelles sur des inflorescences différentes, mais il y a des exceptions. Voici la fleur mâle, vu de côté et de face, en détail, pour mettre en évidence les ressorts qui, à peine heurtés, injectent les pollinies sur l’insecte © Giuseppe Mazza

Fleurs femelles non résupinées (avec le labelle en haut, au-dessus de la colonne), de couleur vert jaunâtre aux sépales et aux pétales ovales-oblongs, de 2,2 à 2,8 cm de longueur et de 1,2 à 1,5 cm de largeur, au labelle sacciforme aux marges entières et à apex pointu, long de 3,2 à 3,6 cm et large de 1,6 à 2 cm, et à la colonne courte dépourvue d’anthères et d’antennes. Une autre caractéristique du genre est le système de pollinisation fascinant : quand un insecte heurte légèrement les antennes placées sur la colonne des fleurs mâles, les pollinies sont catapultées de manière explosive, à une vitesse qui a été estimée, grâce à une prise de vue à haute vitesse, à environ 2 m/s, sur le corps de l’insecte auquel ils adhèrent par l’intermédiaire du viscidium (ou retinaculum), masse visqueuse et collante reliée aux pollinies par un pédoncule. La photo ci-dessous montre à gauche une fleur intacte et à droite, une fleur sollicitée mécaniquement, qui a expulsé les pollinies, visibles sur le bord du labelle auquel elles adhèrent par le viscidium. La reproduction se fait par semis, in vitro, par micropropagation, et par division, à la reprise végétative, à partir de chaque section pourvue de préférence de 2 ou 3 pseudobulbes.

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Une fleur souriante, en attente du pollinisateur, et une à l’air triste parce qu’il vient de rater la cible. Ses deux sacs polliniques jaunes sont désormais bien visibles, collés au labelle par le viscidium poisseux destiné aux insectes © Giuseppe Mazza

Espèce aux fleurs mâles particu- lièrement attractives et aux fleurs femelles insolites, nécessitant une luminosité élevée, des températures moyennes à élevées, comprises entre 22 et 32 °C pendant la période de croissance, plus fraîches, entre 12 et 15 °C, pendant la stase végétative, une humidité élevée, entre 65 et 80 %, et une ventilation constante.

Arrosages fréquents et abondants pendant la pleine croissance, pratiquement suspendus durant la période de repos tant que la végétation nouvelle n’a pas atteint une longue voisine de 4 à 5 cm, en apportant seulement l’eau strictement nécessaire pour empêcher les pseudobulbes de se flétrir, le matin pour laisser le temps aux racines de sécher avant la nuit, celles-ci étant particulièrement sensibles à la pourriture pendant la phase de repos ; la reprise de l’arrosage doit se faire progressivement. Fertilisation toutes les deux semaines du printemps à l’automne avec un produit hydrosoluble équilibré, contenant des oligoéléments, au quart de la dose recommandée sur l’emballage.

La plante peut être montée sur troncs ou radeaux de liège ou de racines de fougères arborescentes, ou bien cultivée en pots ou en paniers sur un substrat particulièrement aéré et drainant qui peut être composé de fragments d’écorce et de charbon végétal de calibre moyen avec ajout éventuel de matériaux inertes. Les rempotages, le cas échéant, doivent être effectués à la reprise végétative.

Synonymes : Myanthus fimbriatus C.Morren (1848) ; Catasetum fimbriatum var. fissum Rchb.f. (1881) ; Catasetum fimbriatum var. viridulum Rchb.f. (1887) ; Catasetum fimbriatum var. platypterum Rchb.f. (1889) ; Catasetum cogniauxii L.Linden (1900) ; Catasetum ornithorrhynchum Porsch (1905) ; Catasetum fimbriatum var. aurantiacum Porsch (1908) ; Catasetum fimbriatum var. brevipetalum Porsch (1908) ; Catasetum fimbriatum var. micranthum Porsch (1908) ; Catasetum pflanzii Schltr. (1912) ; Catasetum inconstans Hoehne (1915) ; Catasetum wredeanum Schltr. (1915) ; Catasetum fimbriatum var. subtropicale Hauman (1917) ; Catasetum fimbriatum var. inconstans (Hoehne) Mansf. (1932) ; Catasetum fimbriatum var. morrenianum Mansf. (1932) ; Catasetum fimbriatum var. ornithorrhynchum (Porsch) Mansf. (1932).

 

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