Ceiba pentandra

Famille : Malvaceae

Texte © Pietro Puccio

 

 

Traduction en français par Michel Olivié

 

 

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Fréquente sous les tropiques la Ceiba pentandra est un arbre gigantesque à feuilles caduques qui atteint 50 m dans la nature avec des troncs larges de 2 m et des racines typiques dites tabulaires hautes jusqu’à 8 m et aidant à soutenir son poids au milieu des tempêtes tropicales les plus violentes © Giuseppe Mazza

La Ceiba pentandra (L.) Gaertn. (1791) est originaire de l’Afrique ( Angola, Bénin, Burundi, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gabon, Ghana, Guinée-Bissau, Malawi, Mali, Mozambique, Nigeria, Ouganda, République démocratique du Congo, Ruanda, Sénégal, Sierra Leone, Soudan, Tanzanie, Togo et Zambie), de l’Amérique du Nord (Mexique), de l’Amérique centrale et des Caraïbes (Anguilla, Antigua-et-Barbuda, Antilles néerlandaises, Barbade, Belize, Costa Rica, Cuba, Curaçao, Dominique, Salvador, Jamaïque, Grenade, Guadeloupe, Guatemala, Haïti, Honduras, Îles Vierges, Martinique, Montserrat, Nicaragua, Panama, Porto Rico, République dominicaine, Sainte-Lucie et St-Vincent-et-les -Grenadines ) et de l’Amérique du Sud (Bolivie, Brésil, Colombie, Équateur, Guyane française, Guyana, Pérou, Surinam et Venezuela).

Le nom du genre vient du nom employé par les populations indigènes des Caraïbes qui utilisaient le tronc pour construire des canoës. Le nom de l’espèce est la combinaison des termes grecs "pénte" = cinq et "anér, andros" = mâle, par référence aux fleurs à cinq étamines libres.

Noms communs : copal, cottonwood, kapok, kapok tree, silk cotton tree, true kapok tree (anglais), arbre coton, arbre de Dieu, arbre à kapok, arbre kapok, bois coton, capoc, capoquier, cotonnier de l’Inde, faux cotonnier, fromager, kapokier, kapokier de Java (français), albero del kapok, pianta del kapok (italien), arvore-da-la, arvore-da-seda, barriguda, barriguda de espinho, mai-das-arvores, mafumeira, paina, paina-lisa, paineira, poilao, polao, samauma-cabeluda, samauma da varzea,samauma-lisa, samauma da mata, sumauma de terra firme, sumauma, sumauma-barriguda, sumauma-branca, sumauma-de-macaco, sumauma- rosada, sumauma-verdadeira, sumaumeira (portugais), arbol capoc, arbol de seda, arbol de la seda, bonga, capoquero, ceiba blanca, ceiba de lana, ceiba juca, ceiba yuca, ceibo,ceibo jabillo,,hoja de yuca, huimba, mosmote, peem, pochota, pochote, toborochi,yaxché, yuca (espagnol), Baumwollbaum, Fuma, Kapokbaum, Wollbaum (allemand).

C’est un arbre à feuilles caduques qui a un tronc cylindrique d’une hauteur dépassant 30 m, jusqu’à 40 à 50 m chez les vieux exemplaires existant dans la nature, avec un diamètre pouvant atteindre 2 m, dont les branches sont presque horizontales et disposées en général en verticilles (feuilles ou branches qui sont trois à chaque nœud ou plus) au nombre de trois et qui se caractérise par la présence à sa base de racines tabulaires (des racines aplaties que l’on peut comparer à des contreforts et qui contribuent à soutenir les grands arbres) dont la hauteur peut atteindre 8 m.

L’écorce est de couleur vert-grisâtre ou grise et parsemée, chez les plantes jeunes, d’épines coniques longues de 10 à 15 mm. Les feuilles, palmées-composées, ont 5 à 11 folioles elliptiques, à l’apex acuminé et aux bords entiers ou dentés, longues jusqu’à 16 cm et larges de 4 cm.

Les fleurs hermaphrodites éclosent en général après la chute des feuilles et sont densément regroupées sous forme de racèmes axillaires dans la partie terminale des branches. Elles ont un diamètre d’environ 6 cm avec cinq pétales de couleur blanche, jaune crème ou rose et cinq étamines longues de 3 à 5 cm qui se réunissent pour former une colonne près de leur base. Elles dégagent une odeur intense plutôt désagréable et s’ouvrent en même temps au crépuscule pour tomber ensuite l’après-midi du jour suivant. Les pollinisateurs sont principalement des chauves-souris.

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Les fleurs hermaphrodites éclosent en général après la chute des feuilles palmées-composées qui ont 5 à 11 folioles elliptiques à l’apex acuminé, aux bords entiers ou dentés et longues jusqu’à 16 cm © Giuseppe Mazza

Les fruits sont des capsules pendantes, déhiscentes (qui s’ouvrent spontanément à maturité le long de lignes de moindre résistance en libérant les graines), oblongues, de 20 à 30 cm de long et d’environ 8 cm de diamètre. Ils contiennent de nombreuses graines jaunes, ovoïdes, de couleur marron foncé, d’un diamètre de 4 à 6 mm, enveloppées dans une masse de fibres soyeuses blanches ou jaunâtres, creuses et d’un diamètre de 30 à 36 µm ( millionièmes de mètre).

On reproduit en général cette plante en semant ses graines dans des substrats sableux à une température comprise entre 24 et 28 °C. Les graines germent au bout de 1 à 4 mois. La durée de germination est fortement réduite ( environ 5 jours) si l’on procède à un pré-traitement consistant en une légère scarification suivie d’une immersion dans l’eau de 24 heures. La première fructification survient entre la quatrième et la sixième année. On peut aussi reproduire cette plante par bouturage.

La culture de cette espèce se limite aux zones tropicales et aux zones subtropicales dont les climats comportent des saisons nettement marquées. Elle a besoin d’un régime très pluvieux pendant sa période de croissance et d’un régime plutôt sec durant la floraison et la fructification. Pour une croissance rapide elle doit être implantée en plein soleil dans des terrains profonds et drainants.

Pour la récolte des fibres les fruits doivent être récoltés avant qu’ils s’ouvrent. On les fait ensuite sécher au soleil et, une fois ouverts, la séparation des graines est effectuée avec des machines conçues à cet effet.

Les fibres sont constituées à plus de 60% de cellulose. Elle sont hydrofuges et peuvent flotter à cause de la présence d’air à l’intérieur (pour cette raison elles ont aussi été utilisées pour rembourrer les gilets et les bouées de sauvetage). Elles contiennent une substance toxique qui empêche l’attaque des parasites et peuvent être traitées avec d’autres fibres et teintées.

Avant l’apparition des fibres synthétiques elles ont été largement utilisées comme rembourrage, puis leur emploi pour cet usage a fortement diminué. Toutefois il suscite à nouveau un regain d’intérêt ces dernières années. Elles sont de plus un très bon isolant thermique et acoustique. Les graines contiennent dans une proportion de 20 à 25 % , et l’enveloppe jusqu’à 40 %, une huile utilisée pour la fabrication de savons, comme lubrifiant et dans la préparation de médicaments.

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Des boutons, des fleurs et de nouvelles feuilles en cours de croissance. Des graines on extrait une huile utilisée pour la fabrication de savons, de médicaments et de lubrifiants. Grillées elles fournissent une farine comestible. Diverses parties de cette plante, en particulier l’écorce et les racines, sont utilisées dans la médecine traditionnelle. Les fibres des fruits, douces et très légères, servent de rembourrage pour les gilets et les bouées de sauvetage © Giuseppe Mazza

Le bois, de couleur blanc crème et de faible qualité, est principalement utilisé pour la fabrication de contreplaqué mais aussi en menuiserie pour la réalisation de caisses, d’ustensiles, d’instruments de musique etc., et dans la fabrication du papier.

Dans certaines zones les feuilles, les fleurs et les fruits non mûrs sont consommés cuits et les graines rôties. Des graines on extrait aussi des farines utilisées dans des soupes. En cas de nécessité les racines en surface peuvent constituer une réserve d’eau. Les fibres irritent les yeux et les muqueuses de la bouche et du nez et il faut donc en tenir compte lors de leur traitement. Toutes les parties de cette plante, en particulier les racines et l’écorce, sont diversement et largement utilisées dans la médecine traditionnelle.

Cet arbre, enfin, est sacré pour de nombreuses populations locales et a revêtu une importance fondamentale dans la mythologie précolombienne.

Synonymes : Bombax pentandrum L. (1753) ; Ceiba casearia Medik. (1787) ; Bombax cumanense Kunth (1822) ; Bombax mompoxense Kunth (1822) ; Bombax occidentale Spreng. (1826) ; Bombax orientale Spreng. (1826) ; Gossampinus alba Hamilt. (1825) ; Bombax guineense Schum. & Thonn. (1828) ; Gossampinus rumphii Schott & Endlicher (1832) ; Eriodendron pentandrum Kurz (1874) ; Xylon pentandrum Kuntze (1891) ; Ceiba pentandra fo. albolana Ulbr. (1913) ; Ceiba pentandra fo. grisea Ulbr. (1913) ; Ceiba anfractuosa (DC.) M. Gómez (1914) ; Ceiba pentandra var. caribaea Bakh. (1924) ; Ceiba pentandra var. indica Bakhuisen (1924) ; Eriodendron anfractuosum DC. (1824) ; Eriodendron anfractuosum var. caribaeum DC. (1824), Eriodendron anfractuosum var. indicum DC. (1824) ; Eriodendron caribaeum G. Don ex Loud. (1830) ; Eriodendron guineense G. Don ex Loud. (1830) ; Eriodendron occidentale (Spreng.) G. Don (1831) ; Ceiba occ identalis (Spreng.) Burkill (1935) ; Eriodendron orientale (Spreng.) Kostel. (1836) ; Ceiba caribaea A. Chev. (1937) ; Ceiba guineensis (Schum. & Thonn.) A. Chev. (1937) ; Ceiba guineensis var. ampla A. Chev. (1937).

 

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