Cereopsis novaehollandiae

Famille : Anatidae

 

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Texte © Dr. Davide Guadagnini

 

 

Traduction en français par Catherine Collin

 

 

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Le céréopse cendré (Cereopsis novaehollandiae) est originaire du sud de l’Australie © G. Mazza

Le Céréopse cendré ( Cereopsis novaehollandiae - Latham 1801) est un oiseau appartenant à l’ordre des Ansériformes (Anseriformes), à la famille des Anatidés (Anatidae), sous-famille des Ansérinés (Anserinae), tribu des (Anserini), genre Cereopsis auquel il appartient comme unique espèce avec deux sous-espèces :

-  Cereopsis novaehollandiae novaehollandiae

-  Cereopsis novaehollandiae grisea.

L’étymologie du terme “cereopsis” dérive du grec “keros” = cire et “opsis” = semblable, parce qu’une des caractéristiques de cet oiseau est d’avoir un bec à l’aspect cireux.

Le nom de l’espèce “novaehollandiae” est un génitif composé de "novae" et "hollandiae" qui signifie “de la Nouvelle Hollande” et se réfère au nom donné par les explorateurs néerlandais de la première moitié du XVIIème siècle à la côte de l’Australie du sud considérée à tort comme une île désertique et sans intérêt.

Zoogéographie

Le céréopse cendré est originaire du continent australien où il est présent dans la partie sud-orientale. Il est également présent en Tasmanie et dans les îles du sud de l’Australie.

Écologie-Habitat

Dans la nature il niche dans le maquis herbeux ou dans les zones de broussailles sur les îles, fréquentant également les plages et les berges des lacs et des lagunes. Après la période de reproduction cette espèce devient nomade surtout pour rechercher des pâturages où s’alimenter. Certains individus se déplacent des îles aux côtes ou à l’intérieur des terres. À l’inverse, d’autres individus sont sédentaires sur les îles occupant également des îles en pleine mer puisqu’ils ont la capacité de boire de l’eau saumâtre-salée.

Cette merveilleuse oie a été l’objet de persécutions acharnées de la part des agriculteurs locaux parce qu’elle ne dédaignait pas paître dans les cultures. A la fin du vingtième siècle l’espèce avait subi une réduction drastique. Actuellement, la population semble s’être stabilisée autour de 15-20 000 individus. En Nouvelle-Zélande, l’espèce s’est éteinte après une introduction réalisée il y a quelques décennies. Heureusement, quelques îles australiennes où elle niche régulièrement, ont obtenu le statut de réserve naturelle devenant ainsi des oasis de protection pour cette espèce. En Tasmanie sa chasse est réglementée.

Morpho-physiologie Le céréopse cendré est haut de 75-100 cm et pèse environ 3 kg mais peut peser jusqu’à 7 kg voire plus. Les femelles sont en moyenne plus petites que les mâles. Mâles et femelles bien qu’ayant des phénotypes semblables, se distinguent aisément parce que la femelle émet cette vocalise impossible à confondre de "cochon", c’est-à-dire une sorte de grognement, vraiment typique.

A l’inverse, le jars, émet des sons de type "kwa-kwa" plus typiques et semblables à ceux émis par les autres espèces d’oies. Cet anatidé, comme le confirment ses pattes peu palmées, n’aime pas nager. D’habitude, il n’entre dans l’eau que pendant la période de mue, période pendant laquelle les anatidés sont particulièrement vulnérables puisqu’ils perdent la capacité de voler.

Il descend plus facilement dans l’eau durant la période où il élève ses oisons dans le but de les protéger des prédateurs venant de la terre ferme. Son plumage est d’un beau gris homogène ; les plumes de couverture de l’aile, au niveau distal, présentent un dessin en triangle-goutte d’un gris légèrement plus sombre. Le même dessin, plus grand et plus diffus, est présent sur les plumes scapulaires au niveau du dos. Les rémiges, ainsi que les rectrices, sont pour la moitié/tiers distal de couleur gris lave/noir. La queue et le bord sombre des ailes est très visible quand l’oiseau est en vol.

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Plumage gris et bec cireux. Il boit également de l’eau salée. Mâles et femelles se distinguent par le chant © G. Mazza

Le céreopse cendré a un bec court de couleur noire abondamment couvert par la cire qui entoure les narines et qui présente une caractéristique couleur jaune-vert marquée.

Les pattes de cette oie sont fortes, de couleur rose vif et terminées par un pied noir pétrole donnant l’effet d’une patte rose trempée dans le pétrole.

Les pattes sont partiellement palmées (en Allemagne on la nomme oie-poule).

La sous-espèce Cereopsis novae- hollandiae grisea a la tache blanche présente sur le sommet de la tête plus grande et le blanc s’étend jusqu’aux yeux. Cette sous-espèce, ou peut-être simplement cette population, est répartie dans l’archipel de Recherche.

Éthologie

Biologie de la reproduction

Essentiellement végétarien, c’est un brouteur qui se nourrit de tiges, feuilles, graines et touffes de graminées spontanées et de plantes aquatiques.

Dans nos régions, cette oie se reproduit en hiver comme elle le fait en Australie (elle a gardé son rythme de reproduction saisonnier d’origine). Le céréopse cendré est monogame et le lien de couple est très fort. En automne, le couple devient agressif afin de protéger le territoire où il va nicher.

Les œufs, en Italie, sont pondus fin décembre début janvier au nombre de 4-6 (rarement 7 ou plus) dans une petite dépression de terrain, le nid étant peu élaboré et constitué de petites branches et d’autres végétaux récoltés à proximité du nid même. L’intérieur du nid est toutefois rendu confortable par l’abondance de duvet que la femelle s’arrache ainsi qu’à son partenaire. Cette abondance de duvet s’avère essentielle pour cacher les œufs, de couleur blanche, durant la ponte et pour maintenir la chaleur durant les pauses quotidiennes que la femelle effectue pendant la période de couvaison. Le duvet réussit à faire survivre les embryons même si la température est très basse puisque les femelles qui couvent ne renoncent pas à ces pauses qui peuvent durer plusieurs heures (en général le matin).

L’incubation dure 32 jours. Le mâle ne couve pas mais contribue à défendre le nid et la femelle qui couve, puis participe à l’éducation et à la défense des oisons. Les œufs peuvent être soumis à un procédé qui permet de vérifier la fécondation de l’œuf en l’approchant d’une source de lumière (employant une technique particulière pour voir les éventuels embryons en contre-jour). Ce procédé s’appelle « mirer » un œuf. Ce « mirage » est très efficace même si l’embryon se développe très lentement durant les phases initiales de l’incubation ; particulièrement quand l’embryon s’avère être de très petites dimensions avec un faible développement du réseau vasculaire à sa périphérie (appelé « araignée ») quand il est miré au huitième-dixième jour d’incubation (phase de la couvaison pendant laquelle s’effectue le mirage pour vérifier la fertilité des œufs).

A cette période l’embryon se trouve dans l’hémisphère obtus de l’œuf en position excentrée.

Dans l’environnement sauvage australien, le céréopse cendré pond ses œufs et élève ses petits en automne-hiver (ce qui correspond à notre printemps-été) et les jeunes sont prêts à voler et à prendre leur indépendance au printemps.

 

Les archives photographiques de Giuseppe Mazza

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