Corypha utan

Famille : Arecaceae

Texte © Pietro Puccio

 

 

Traduction en français par Claude Leray

 

 

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Corypha utan est un palmier magnifique pour de grands jardins tropicaux © G. Mazza

Ce palmier est originaire des îles Andaman, d’Australie (Territoire du Nord et du Queensland), de Bornéo, du Cambodge, d’Inde, d’Indonésie, du Laos, du Myanmar (Birmanie), de Malaisie, de Papouasie-Nouvelle-Guinée, des Philippines, des Célèbes, de Thaïlande et du Vietnam, où il pousse dans les savanes et les forêts soumises à la mousson, du niveau de la mer jusqu’à environ 500 m d’altitude.

Le nom du genre vient du grec "coryphe" = couronne, point, en référence probable à la grande inflorescence terminale ; l’origine du nom d’espèce n’a pas été précisée par l’auteur, mais en tout cas il fait référence au nom local "lontar utan", rapporté par Rumphius (env. 1627-1702) dans son ouvrage « Herbarium amboinense ».

Noms communs : agel palm, buri palm, gebang palm (anglais) ; buli, buri, silag (philippin) ; gebang, gewang, lontar outan (indonésien) ; laan pru, lan pru (thaï) ; palapeira, tali (tetum).

Corypha utan Lam. (1786) est un palmier solitaire, monoïque, monocarpique (une seule fructification au cours de son existence), avec un stipe de 25 m de haut et d’environ 60 cm de diamètre, de couleur grisâtre, couvert à proximité de la couronne par les résidus des pétioles placés en spirale, tandis que la partie la plus ancienne du stipe en est dépourvue, seules les traces en relief à leur jonction subsistent, espacées d’environ 10 cm.

Les feuilles sont costapalmées, de couleur vert clair, d’environ 2-4 m de large et divisées en plusieurs segments, longs vers le centre jusqu’à 1,6 m, initialement rigides puis retombants, unis à partir de la base sur environ 2/3 au maximum de leur longueur.

Les pétioles ont 2,5-4 m de longueur, de couleur verte, grisâtres à la base, avec les bords armés de robustes épines courbes, pouvant atteindre 2,5 cm de long.

L’inflorescence portée par un pédoncule court forme une pyramide en position terminale, très ramifiée, épaisse, de 4-8 m de haut et 5,6 m de large à la base, portant des millions de fleurs hermaphrodites blanc crème.

La floraison a lieu lorsque la plante a atteint un âge compris entre 40 et 60 ans, période au cours de laquelle elle a accumulé dans la tige une énorme quantité d’amidon qui sera transformée en sucres servant à produire l’énorme inflorescence.

Les fruits sont globuleux, de 3 cm de diamètre, brun jaunâtre, contenant une seule graine ; une fois que la maturation des fruits est terminée, comme il a été dit plus haut, la plante meurt.

On peut multiplier la plante par ses graines, en utilisant des pots d’une profondeur de 15-20 cm ; la graine germe au bout d’environ 4 mois.

Ce palmier est magnifique en raison des dimensions de la couronne, encore plus au moment de sa floraison ; il est adapté aux climats tropicaux et subtropicaux en plein soleil ; les plants adultes peuvent supporter, même s’il y a des dommages importants aux feuilles, des températures autour de -2 °C pendant un temps très court, mais ne peuvent pas supporter pendant de longues périodes des températures plutôt basses, ce qui se produit dans les climats tempérés chauds de type méditerranéen.

Son utilisation comme plante ornementale est inévitablement très limitée ; en fait, il a besoin de vastes espaces non seulement par suite de ses dimensions mais aussi pour être en mesure de l’apprécier pleinement et aussi pour les problèmes liés à son « élimination » après la floraison.

Très diffusé localement, ses feuilles sont utilisées comme couvertures et parois de huttes et d’abris de fortune ; les fibres obtenues à partir des pétioles et des feuilles servent à faire des cordages, des chapeaux et d’autres objets d’usage courant.

L’apex végétatif (le palmito) est parfois consommé comme un légume, de la lymphe recueillie par incision à la base de l’inflorescence on extrait du sucre et on produit une boisson fermentée alcoolisée ; pendant les périodes de famine de l’amidon peut être extrait de la tige.

Synonymes : Borassus sylvestris Giseke (1792) ; Gembanga rotundifolia Blume (1825) ; Taliera gembanga Blume (1830) ; Taliera sylvestris Blume (1830) ; Corypha elata Roxb. (1832) ; Corypha gebang Mart. (1838) ; Corypha sylvestris Mart. (1838) ; Corypha gembanga (Blume) Blume (1839) ; Taliera elata (Roxb.) Wall (1840) ; Corypha macropoda Linden ex Kurz (1874) ; Corypha macrophylla Roster (1904) ; Livistona vidalii Becc. (1905) ; Corypha griffithiana Becc. (1921).

 

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