Ensete lasiocarpum

Famille : Musaceae

Texte © Pietro Puccio

 

 

Traduction en français par Michel Olivié

 

 

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L’inflorescence de l’Ensete lasiocarpum évoque une très grande fleur de lotus avec des corolles protégées par des bractées jaunes. Plante herbacée, rhizomateuse et cespiteuse, dotée d’un pseudo-tronc d’environ 60 cm de haut © Giuseppe Mazza

Cette espèce est originaire des montagnes du Yunnan ( Chine ) où elle pousse entre 1.500 et 2.000 m d’altitude. Elle est aujourd’hui presque éteinte.

Le nom du genre est le nom local donné en Éthiopie à une espèce plus grande, l’ Ensete ventricosum. Le nom de l’espèce est issu de la combinaison des termes grecs « lasios » = laineux et « karpos » = fruit, l’explication étant évidente.

Noms communs : Chinese dwarf banana, golden lotus, yellow Chinese banana (anglais), bananier lotus, muselle, lotus d’or (français), banana amarela da China, banana-lotus (portugais), platano enano chino, flor de loto dorada (espagnol), Yunnan-Zwergbanane (allemand).

L’ Ensete lasiocarpum ( Franch. ) Cheesman ( 1948 ) est une plante herbacée rhizomateuse, cespiteuse, dotée d’un pseudo-tronc constitué de gaines foliaires étroitement enroulées l’une sur l’autre, d’environ 60 cm de haut et de 15 cm de diamètre à la base.

Le pseudo-tronc se termine par une touffe de feuilles elliptiques longues d’environ 50 cm et larges de 20 cm, de couleur vert bleuâtre, cireuses et ayant une nervure centrale saillante sur la face inférieure.

L’inflorescence est un épi terminal dressé, compact, porté sur un pédoncule court et robuste, avec des fleurs de couleur jaune réunies en groupes de 4 à 6 unités le long de l’axe floral. Chaque groupe est recouvert d’une épaisse bractée jaune, cireuse et persistante. Des inflorescences axillaires peuvent se former à la base du pseudo-tronc en même temps que l’inflorescence terminale.

À la base de l’inflorescence se trouvent des fleurs femelles ou hermaphrodites suivies des fleurs mâles dans la partie terminale. La floraison dure de 5 à 8 mois même quand toutes les feuilles sont sèches. Les fruits sont des baies ovoïdes, poilues, non comestibles, longues d’environ 3 cm, de couleur jaune à maturité et contiennent des graines presque sphériques de couleur noire ou brun noirâtre.

Après la floraison le pseudo-tronc meurt mais de nouveaux rejets continuent à se former à partir du rhizome. On reproduit cette plante en utilisant les rejets pourvus de racines, par division ou au moyen des graines. Dans ce dernier cas, pour réduire la durée de la germination qui est habituellement longue, on peut recourir à la « stratification à froid » en enfermant les graines dans un petit sachet plastique avec de la tourbe, du sable ou de la vermiculite légèrement humide que l’on conserve au frigo ( + 4/5 °C ) pendant 6 semaines environ, en contrôlant périodiquement d’éventuelles germinations précoces. Après ce traitement la germination survient après un laps de temps de quelques semaines à 2 ou 3 mois.

La classification de cette espèce, inscrite à l’origine dans le genre Musa puis dans le genre Ensete, reste encore assez controversée, certains estimant qu’elle doit être considérée comme appartenant à un genre distinct tant de Musa que de Ensete : le genre Musella.

Elle a été rarement cultivée jusqu’à la dernière décennie du XXe siècle mais la possibilité de se procurer des graines et des plants a depuis augmenté notablement grâce entre autres à la demande de plus en plus grande des amateurs et des collectionneurs attirés par les caractéristiques particulières de cette musacée. Elle préfère un climat chaud et humide pendant sa période végétative avec une exposition en plein soleil ou sous un léger ombrage et un sol drainant, léger et riche en substances organiques.On peut aussi la cultiver dans des zones relativement froides grâce à la résistance du rhizome aux basses températures, environ -10 °C avec un bon paillis, bien que les feuilles subissent des dégâts à des températures de l’ordre de -2 °C et que le pseudo-tronc meure aux environs de -5 °C. Pendant la période végétative elle doit être arrosée abondamment, de façon que le sol reste toujours humide. Elle tire profit de l’apport d’engrais riches en azote. On peut la cultiver aussi dans des bacs d’assez grandes dimensions dans un substrat organique où on ajoute du sable grossier dans un pourcentage d’environ 30 % pour améliorer le drainage. Il lui faut un emplacement très lumineux avec des arrosages abondants et des engrais azotés en été. En hiver le substrat doit être maintenu légèrement humide et les températures supérieures à 14 °C.

Synonymes : Musa lasiocarpa Franch. (1889) ; Musella lasiocarpa (Franch.) C.Y.Wu ex H.W.Li (1978) ; Musella splendida R.V.Valmayor & L.D.Danh (2004).

 

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