Eucalyptus globulus

Famille : Myrtaceae

Texte © Pietro Puccio

 

 

Traduction en français par Michel Anciaux

 

 

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Eucalyptus globulus : fruits et feuilles pétiolées des plantes adultes © Giuseppe Mazza

L’espèce est originaire d’Australie (Nouvelle Gales du Sud, Tasmanie et Victoria), où elle pousse dans les forêts ouvertes, seule ou en association avec d’autres espèces d’ Eucalyptus.

Le nom du genre est une combinaison du préfixe grec “eu”= bien et de “kaliptos” = capuche, en référence aux bourgeons qui ont sépales et pétales fusionnés, formant une sorte de capuchon (opercule) qui tombe lorsque la fleur est mûre ; le nom de l’espèce provient du terme latin “globulus” = qui signifie petite sphère, bouton, en référence à la forme des fruits.

Noms vernaculaires : bastard eurabbie, blue gum, common eucalyptus, eurabbie, fever tree, Gippsland blue gum, Maiden’s gum, southern blue gum, Tasmanian blue gum, Victorian blue gum, Victorian eurabbie (anglais) ; arbre à fièvre, eucalyptus globuleux, gommier bleu (francais) ; eucalipto (italien) ; eucalipto-comun, gomeiro-azul (portugais) eucalipto azul (espagnol) ; mkaratusi (swahili) ; Blaugum- mibaum, Fieberbaum (allemand).

L’ Eucalyptus globulus Labill. (1800) est un arbre à feuilles persistantes, pouvant atteindre une hauteur de 70 m, même si dans la nature, il existe des spécimens encore plus grands, avec un tronc cylindrique ayant jusqu’à 2 mètres de diamètre.

Chez les plantes adultes, l’écorce à la base du tronc est ridée, sombre et persistante, au-delà elle est lisse, grisâtre et se détache en longues bandes, qui laissent apparaître la face interne avec des nuances de différentes couleurs, gris, crème et bleuâtre ; les jeunes branches sont pendantes et ont une section quadrangulaire dans leur partie terminale.

Les feuilles chez les spécimens jeunes et les bourgeons à la base du tronc sont sessiles (sans pétiole), opposées, oblongues avec une extrémité pointue, de 10 à 15 cm de long sur 5 à 10 cm de large, de couleur vert bleuâtre et cireuses ; les feuilles adultes ont des pétioles longs de 1 à 4 cm, sont alternes, pendantes, lancéolées ou falciformes, de 10 à 30 cm de long sur 3 à 5 cm de large, coriaces, de couleur vert foncé et brillante, aromatiques grâce à la présence de plusieurs glandes produisant de l’huile. Les fleurs axillaires sont hermaphrodites, solitaires, rarement en grappes de 2 à 7 unités, sur un court pédoncule, les bourgeons sont glauques, avec sépales et pétales fusionnés, formant une sorte de capuchon (operculum) qui se détache lorsque la fleur est mûre, libérant ainsi une multitude de grains de pollen, blanc ou crème de 8 à 15 mm de long ; la pollinisation est accomplie par les oiseaux nectarivores et par les insectes.

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Il peut atteindre 70 m, souvent cultivé pour son bois et son huile essentielle © G. Mazza

Les fruits sont des capsules ligneuses, de forme obconique à globulaire, de 10 à 25 mm de diamètre, contenant de nombreuses graines de 1 à 3 mm de long.

La reproduction se fait par des graines plantées à la surface de sol sableux, qui germent après 1 à 2 semaines, à une température de 20 à 22 °C, les premières floraisons apparaissant habituellement après 4 à 5 années ; l’arbre peut aussi se reproduire par marcotte aérienne.

Les semis développent à la base des structures ligneuses souterraines ayant une fonction de réserve, appelées tubercules ligneux, dotées de plusieurs bourgeons dormants, à partir desquels de nouvelles plantes peuvent croître en cas de destruction de l’arbre jusqu’au niveau du sol pour diverses raisons.

C’est l’espèce la plus cultivée du genre, tant en Australie qu’ailleurs dans le monde, dans les aires de climat méditerranéen, subtropical et tempéré, avec des hivers pluvieux et des étés chauds et secs.

Pendant les premières années de la vie, la croissance est particulièrement rapide et peut même dépasser 2.5 m/an.

Elle pousse sur différents types de sols, même pauvres, pour autant qu’ils ne soient pas trop calcaires, mais avec une préférence pour les sols acides ou neutres, meubles, profonds et drainants ; la meilleure exposition est plein soleil ; les plantes juvéniles sont plutôt sensibles aux basses températures, la mort de la plante peut déjà se produire en dessous de -5 °C ; la résistance augmente avec l’âge, jusqu’à -8 °C, et seulement pour des périodes de gel très courtes.

Durant son expansion, il tend à former des monocultures non seulement à cause de la présence dans les feuilles et dans les fragments d’écorce, de substances qui en se désintégrant très lentement, empêchent la croissance des autres végétaux, mais aussi en raison de son appareil radical, étendu et "vorace".

Les espèces ont été introduites dans le passé, dans de nombreux pays pour récupérer des zones marécageuses et vectrices de la malaria, grâce à leur forte capacité d’absorption de l’eau du sol ; actuellement elles sont utilisées, en dehors d’un but ornemental, pour créer des barrières anti vent ou anti bruit, et pour contrôler l’érosion.

L’ Eucalyptus globulus représente la source principale des huiles essentielles fournies par les eucalyptus, présentes entre 1.5 à 3.5 % dans les feuilles, et constituées entre 70 et 85 % de cinéol (eucalyptol), qui est utilisé contre les troubles respiratoires. L’huile essentielle est aussi utilisée dans l’industrie alimentaire, comme agent aromatisant, dans des différents aliments et boissons, et par l’industrie cosmétique.

Il est l’emblème floral de la Tasmanie, depuis le 27.11.1962.

Synonymes : Eucalyptus pulverulenta Link (1822) ; Eucalyptus glauca A.Cunn. ex DC. (1828) ; Eucalyptus perfoliata Desf. (1829) ; Eucalyptus gigantea Dehnh (1832) ; Eucalyptus globulosus St.-Lag (1880).

 

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