Felidae

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Texte © D. Sc. Giuliano Russini - Biologiste Zoologiste

 

 

Traduction en français du Dr Didier Hallépée

 

 

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Le lion mâle dominant a un rôle indispensable dans la défense du territoire © Mazza

La famille des Felidae (34 espèces) forme en compagnie de celles des Hyenidae (4 espèces) et des Viverridae (75 espèces) le sous-ordre des Aeluroidea. Les Aeluroidea constituent avec les Arctoidea ( Canidae, Mustelidae, Ursidae et Procyonidae ) l’ordre des Carnivora.

Le ICZN (organisme international responsable de la taxonomie zoologique) et l’Union Internationale Zoologique s’interrogent pour savoir si les Pinnipedia, qui sont carnivores en tous points, doivent être classés comme un sous-ordre autonome ou en tant que troisième sous-ordre des Carnivora.

Toute la famille des Felidae sur laquelle nous nous focalisons ici comprend diverses espèces suavages et domestiques bien connues.

Le représentant par excellence des espèces domestiques est le Chat commun ( Felis silvestris catus ), qui représente avec le chien l’animal de compagnie classique. Il descendrait du chat sauvage des forêts ( Felis silvestris ), bien que ce point reste discuté par divers auteurs.

Les autres représentants non domestiques de la famille des félins sont bien connus de tous grâce à leur présence dans les parcs zoologiques, parcs safaris et les parcs naturels.

Il s’agit d’une part du lion ( Panthera leo ) très répandu en Afrique et dont une sous-espèce est présente en Asie, en particulier en Inde ( Panthera leo persica ) ; d’autre part du tigre ( Panthera tigris ), espèce endémique d’Eurasie, de Chine et de certaines îles proches de l’Indochine comme Java et Sumatre, qui est divisé en différentes races et sous-espèces. Lions et tigres sont en voie d’extinction, c’est pourquoi ils sont sous surveillance constante de la CITES, l’UICN et le WWF.

Citons également le guépard ( Acinonyx jubatus ) endémique de l’Afrique et le léopard d’Afrique (Panthera pardus) présent en Afrique et en Asie et dont il existe une forme mélanique, la panthère noire.

Il existe d’autres espèces moins connues parce que rares et peu étudiées, comme le chat du Bengale ( Felis bengalensis ), le chat de Temminck ( Felis temmincki ) ou le chat viverin ( Felis viverrina ) endémique de l’Asie du Sud-Est, ainsi que beaucoup d’autres espèces.

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La crinière est un caractère évident du dimorphisme sexuel © Giuseppe Mazza

La famille des Felidae et présente sur toute la planète en dehors des pôles et des régions subartique et subantartique. En Amérique du Sud, on trouve le Jaguard (Panthera onca) dont il existe une variante mélanique, le jaguard noir ; en Amérique du Nord et du Sud on trouve le Puma ( Puma concolor ), dont le nom vient de la langue inca et signifie lion de montagne ; et en Europe on trouve le Lynx ( Lynx lynx ) présent également en Afrique et en Asie et dont les différentes races sont toutes en voie d’extinction.

Comme on le voit dans les exemples ci-dessus, le nom scientifique du genre est parfois Panthera, et parfois Felis. Mais certaines espèces portent des noms sans aucun rapport comme Acinonix ou Linx.

Jusqu’au début du XXéme siècle les biologistes parlaient du genre Felis auquel ils etaients généralement associés les chats domestiques et sauvages, et du genre Panthera qui comporte le léopard, le lion et la panthère noire considérée comme une espèce séparée plutôt que comme une variété mélanique du léopard ( Panthera pardus ) comme cela a été établi ultérieurement. Le tigre a été classé avec les chats, d’où son appellation scientifique Felis tigris .

Plus tard, il a été établi que les variétés mélaniques et albinos étaien dues à une sur-expression, une absence d’expression par epistasie ou une mutation du gène régulant la couleur de la robe chez les léopards, les jaguards, les lions et les tigres (variantes albinos) et malgré la classification comme genres différents, tous ces animaux avaient une origine zoologique commune.

Dans cette introduction qui met en scène la famille des Felidae, nous ne pouvons pas décrire dans le détail toutes les espèces mais d’autre part nous ne pouvons pas ignorer des animaux comme le lion ( Panthera leo ), le tigre ( Panthera tigris ), et le léeopard ( Panthera pardus ).

Le lion, le plus grand prédateur de la savane africaine, est également présent en Inde avec Panthera leo persica , une race de petite taille, presque dépourvue de crinière, qui partage sans compétition son habitat avec le tigre, vivant par petits groupes isolés géographiquement là où celui-ci est absent.

D’après des études zoogénétiques et paléontologiques du biologiste zoologiste O’Brien, les espèces africaines et la race indiennent descendent d’un ancètre commun qui a vécu à une époque située entre la glaciation du pléistocène moyen et le début de la dernière période de Würm, entre 200000 et 50000 ans.

Avant la seconde guerre mondiale, les montagnes marocaines de l’Atlas et l’Anti-Atlas, abritaient même le soi-disant lion de l’Atlantique ou lion berbère ( Panthera leo leo ), animal d’une taille considérable qui, haut de un mètre cinquante au garot, long de trois mètres et pesant 300 kilos, dépasse même le tigre de Sibérie.

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Soirée joyeuse, avec un buffle fraîchement tué © Giuseppe Mazza

Le dernier spécimen en liberté observé par les biologistes en 1942 fut abatu au Maroc par des chasseurs près du col de Tizi-N’Tichka. On parle aussi d’espèces parasites (hybrides) dont l’identité biologique est douteuse. Certains spécimens peuvent en effet être nés de lions au sein du zoo de Témara, ville marocaine à 6 km de Rabat.

Avant l’extinction de la race euroasiatique, le plus grand des félins fut le lion des cavernes euroasiatique ou lion européen ( Panthera leo spelaea ) qui, comme le lion des cavernes américain ( Panthera leo atrox ) peut atteindre 3,5 mètres de longueur comme le montreent des squelettes fossiles du pléistocène trouvés en Europe, en Asie et en Amérique du Nord.

Le lion ( Panthera leo ) est le plus grand prédateur de la savane, son habitat par excellence.

Il passe le plus clair de sa vie à se reposer, ne circulant que lorsqu’il a faim, et même alors, il tente de ruser, volant les proies tuées par d’autres carnivores comme le léopard, le guépard ou quelque Hyenidae.

Comme de coutume, seule la femelle du groupe chasse andis que le mâle dominant se repose sous un Acacia tortilis.

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Pour les félins, le foie est une précieuse ressource en vitamine A © Giuseppe Mazza

Evidemment, compte tenu des températures élevées de l’ordre de 50 °C à l’ombre, la chasse a lieu principalement la nuit ou à l’aube.

Quand le mâle vit seul, il doit se livrer à la chasse, parcourrant 50 km par jour pour trouver ses proies et son breuvage. Le lion boit beaucoup, jusqu’à 2 ou 3 fois par semaine.

Mais même s’il est le chef du groupe familial, le mâle aide les femelles à la chasse pour les proies de grande taille comme un Alcelaphus buselaphus, un Syncerus caffer ou un Connochaetes taurinus.

Les femelles qui sont des chasseurs inépuisables emmènent avec elles leurs petits qui observent afin d’affiner par l’expérience l’instinct naturel de la prédation.

Ils apprennent la technique notamment en se cachant silentieusement dans l’épaisseur de la savane à proximité de la proie afin de surprendre l’herbivore sans méfiance.

Bien que carnivore par excellence, en cas de pénurie alimentaire le lion peut s’adapter et manger des insectes ou des reptiles. Ils sont alors Euriphages, c’est-à-dire qui se nourrit d’une grande variété de proies, par opposition à Sténophages, c’est-à-dire qui se nourrit d’une seule proie.

Bien que l’effort de chasse repose sur les femelles, les mâles sont toujours les premiers à manger.

Ou plutôt c’est le mâle dominant au rugissement puissant montrant ses terribles crocs, rappelant aux autres membres du groupe, mâles et femelles, qu’il est le chef, celui qui doit manger le premier.

Le lion à l’instar de tous les félins ne peut pas sunthétiser la vitamine A. C’est pourquoi, lorsqu’il mange une proie fraîchement tuée, il commence par le foie qui en est riche.

L’appareil digestif des membres de la famille des félins, comme celui des autres carnivores, est différent de celui des herbivores. Il comprend un sac monogastrique, un intestin assez court, un cul de sac intestinal et des glandes digestives bien développées, le foie, le pancréas, produisant des enzymes à activité protéolitique (également produite par la muqueuse gastro-intestinale) permettant de digérer la quantité élevée de protéine présente dans la chair de ses proies.

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Les lions se reproduisent toute l’année © Giuseppe Mazza

Outre le mâle dominant, il y a aussi des jeunes couples qui se reproduisent tout au long de l’année. Mais leur vie n’est pas faite seulement de plaisir et comporte également des tâches spécifiques comme la défense féroce du territoire et du groupe familial contre les autres lions.

La plupart des félins vivent en solitaires, comme le tigre ou le léopard.

Les lions se rassemblent en groupes de 2 à 30 individus.

Ce ne sont pas des harems car ils comportent souvent deux ou plusieurs mâles sexuellement matures et non apparentés au groupe familial, même si les femelles sont généralement apparentées.

Un groupe familial typique comprend deux mâles adultes, une femelle très âgée et deux femelles plus jeunes, chacun avec 2-3 petits à charge.

Les petits qui réussissent à survivre aux périls de l’adolescence ne restent pas toujours liés au groupe familial, et certains s’en vont former leur propre groupe.

Les lions, par nature agressifs à l’égard de leurs rivaux, sont souvent mal adaptés à la vie collective.

Les relations au sein du groupe sont souvent très tendues et explosent en de fréquentes querelles.

La vie communautaire, cependant, présente des avantages, comme d’élever les lionceaux en groupe.

Dans certains cas, les membres du groupe chassent ensemble mais ce n’est pas la norme.

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Les lionceaux sont si bien intégrés qu’ils peuvent être maternés par toutes les lionnes © G. Mazza

Chaque groupe a un territoire d’importance variable, de 4000 à 13000 hectares. L’étendue d’un territoire dépend de la densité de la population de proies présentes et des ressources d’eau.

Les biologistes zoologistes ont estimé une proportion de 3-4 lions pour 1000 herbivores.

Le mâle qui en pleine maturité peut atteindre 200-240 kg et une longueur d’environ 2 à 2,20 m, contre 150-170 kg pour la femelle, a un rôle indispensable dans la défense du territoire.

Il arbore une épaisse crinière brune contrastant avec à la robe fauve du corps et qui devient plus foncée avec la maturité sexuelle. Absente chez la femelle, c’est un signe clair de dimorphisme sexuel.

Les pieds ont cinq doigts aux pattes antérieures (comme chez tous les félidés), et quatre aux pattes postérieures. Chez les deux sexes, la queue est fournie, peut atteindre 1 m de long et se termine par un toupet de poils bruns.

La dentition est évidemment typique des carnivores : les canines et les incisives sont très développées et mesurent jusqu’à 10 cm ; elles sont utilisées pour découper la chair, pour la défense et pour la chasse.

En outre, les molaires du lion diffèrent des des molaires classique des herbivores et sont adaptées au découpage de la viande, qui est avalée et non mâchée, les félins ne mâchent pas comme la plupart des carnivores, ils avalent.

Le rugissement d’un lion mâle, d’une tonalité de baryton à basse fréquence, est puissant et peut être perçu jusqu’à 3-4 km.

Les zoologistes ont constaté que des tonalités spécifiques sont utilisées en relation avec les états physiologiques, par exemple l’entrée en rut lorsque la présence d’une femelle en chaleur est perçue, mais aussi pour définir de manière sonore (après le marquage urinaire) les limites infranchissables du territoire, ce qui est fait tous les jours au crépuscule ou à l’aube.

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Le tigre est moins combatif et légèrement plus petit que le lion © Giuseppe Mazza

Selon la "théorie de l’inversion thermique" proposée par le biologiste Frumkin en 1970, les rugissements émis à ces moments de la journée portent mieux pour des raisons atmosphériques.

De fait, dans la savane africaine, la nuit est froide et la température peut chuter de 20-25 ° C par rapport au jour, mais cela s’applique aussi à d’autres régions très chaudes dans le monde.

Chez la Giraffa camelopardalis la distance entre les pieds et la tête est de 5 m, ce qui lui permet de sentir une différence de température nocturne de 25 ° C entre à la base des jambes et la tête.

Grâce à ces gradients de température, il se forme à l’aube un véritable bouclier contre l’air chaud de l’atmosphère, ce qui permet aus sons de basse fréquence émis par les lions et les éléphants de rebondir jusqu’à 6 km avec une dispersion réduite. Au crépuscule, un bouclier similaire se forme à l’encontre de l’arrivée de l’air froid.

Ceci coïncide justement avec le moment, où les lions et les éléphants émettent leurs cris, et il est difficile de savoir si ces animaux sont conscients des propriétés et des conditions météorologiques lorsqu’ils l’utilisent comme une sorte de ligne téléphonique à longue distance, ou si ce n’est qu’une coïncidence.

La masse imposante du mâle et ses capacités combatives exceptionnelles le rendent capable de s’attaquer en cas de famine à des éléphants âgés Loxodonta africana ), des hippopotames (Hippopotamus amphibius), des crocodiles ( Crocodylus niloticus ), des rhinocéros (Diceros bicornis et Ceratotherium simum), des buffles (Syncerus caffer) et même des humains, ce qui lui a valu son titre de roi de la brousse ou de la forêt.

Si une meute d’hyènes peut parfois disputer les proies d’une lionne, elle garde ses distances en présence d’un mâle.

Le lion se reproduit, comme mentionné précédemment, tout au long de l’année, mais en Afrique du Sud, la majorité des naissances a lieu en automne et en hiver. Au cours de l’accouplement un mâle et une femelle peuvent avoir plusieurs relations sexuelles par jour, jusqu’à 20 fois, mais de courte durée, 15-20 secondes à chaque fois.

A l’approche du terme, les femelles pleines s’éloignent du troupeau pour donner naissance dans un endroit isolé. 3-4 lionceaux naissent après une gestation de 100 jours environ, avec un poids de 1,50 à 1,60 kg.

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Une Panthera pardus camouflée dans les branches © Giuseppe Mazza

Les petits ont un pelage tacheté avec des taches brunes circulaires qui disparaissent au cours de la croissance chez les mâles et persistent parfois chez les femelles.

Pendant ce temps la crinière se développe. Dans la race indienne, celle-ci est moins dense mais s’étend à tout l’abdomen.

Dans l’espèce africaine, la crinière est confinée à la tête, mais prend une taille vraiment impressionnante chez les mâles. Elle sert également de protection dans la bataille, parce que son poil dur et dense protège des griffes de l’adversaire.

Avant d’être intégrés dans le groupe, les dix premières semaines de vie sont très critiques pour les lionceaux, qui sont souvent la proie des hyènes, pendant que la mère part chasser. En général seule la moitié des petits atteint l’âge adulte.

Les relations sociales avec les autres mâles et femelles s’améliorent quand les lionceaux rejoignent le groupe, où ils seront protégée par tous, et souvent deux mères se partagent l’allaitement.

Au début, les mouvements du groupe, sont limitées par la présence des petits, mais après quelques semaines ils prennent de plus en plus d’ampleur et les petits s’adaptent.

En suivant toujours la mère à la chasse, les lionceaux en apprennent les techniques, et sont en mesure de se procurer leurs premières proies dès leur dix-huitième mois, une période qui marque une deuxième phase critique de leur existence, parce qu’elle coïncide souvent avec la naissance de d’une nouvelle portée.

La mère se désintéresse d’eux, et les mâles deviennent intolérants à leur présence. Ils leurs volent la nourriture et ils les éloignent brusquement afin qu’ils prennent soin d’eux-mêmes.

Lorsqu’il s’agit d’attaquer une proie, les femelles comme les mâles, sautent sur le dos de celle-ci, mordant la gorge à pleine gueule, pour tuer non pas en déchirant mais en étouffant.

Souvent, le poids du lion suffit à briser le dos de l’herbivore

Mais 4 fois sur 5 fois la proie s’échappe, car elle est plus rapide ou protégée par son troupeau.

C’est pourquoi ils s’attaquent de préférence aux petits des herbivores car ceux-ci sont moins expérimentés dans leur fuite et par peur sont plus facilement désorientés que les adultes.

Les lions ne chassent que s’ils ont vraiment faim, et quand ils mangent ils dévorent jusqu’à l’excès. Un mâle adulte peut manger 40 kg de viande par repas : 1/6 de son poids ! Pour faciliter la digestion le banquet est suivi d’une longue sieste.

En raison de la grande quantité de sang frais consommée, les lions émettent des selles noires après les repas. Quand les selles sont brunes c’est un signe clair de jeûne. Pour les zoologistes, le test des selles est donc une méthode pour déterminer si un lion a mangé récemment ou non, et pour comprendre ce qu’il mange, car les poils sont y présents, non digérés, et montrent sous le microscope la composition des proies.

Les hyènes attendent la fin du repas d’un lion ou d’un groupe de lions afin d’en manger les restes. Mais il peut arriver aussi le contraire : qu’un groupe de hyènes qui vient de tuer une proie soit chassé par deux ou trois lions mâles qui leur volent le repas, se comportant ainsi en charognards opportunistes.

Les hyènes attendent la fin du repas du un lion ou d’un groupe de lions afin d’en manger les restes. Mais il peut arriver aussi le contraire : qu’un groupe de hyènes qui viens de tuer une proie soit chassé par deux ou trois lions mâles qui leur volent le repas, se comportant ainsi en charognards opportunistes.

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Sa longue queue permet au léopard de garder un équilibre parfait © Giuseppe Mazza

Zoogéographiquement, le Panthera leo est aujourd’ hui présent en Afrique sub-saharienne, tandis que la race asiatique Panthera leo persica est confinée aux forêts isolées de Gir en Inde.

Le tigre (Panthera tigris), l’autre grand félin prédateur, est présent en Eurasie (Russie-Sibérie), en Chine du Sud, Inde, Asie du Sud, où il est confiné aux parcs et réserves naturelles.

Aujourd’hui, il ne subsiste que peu d’individus dans la nature, 5000-6000 au plus, mais on en trouve autant dans les parcs zoologiques, parcs safaris et réserves naturelles.

Grâce à ces structures, qui souvent récupèrent les individus blessés par les braconniers et incapables de se réinsérer dans leur milieu naturel, on a jusqu’à présent évité l’extinction des différentes races et sous-espèces en mettant en œuvre un programme de reproduction.

Auparavant, l’habitat du tigre s’étendait de l’Europe à la Turquie et à la Chine. Il subsiste encore de petits groupes aujourd’hui en Iran et en Manchourie.

L’UICN, le WWF, la CITES surveille en permanence la population et essayer de lutter contre le braconnage à travers la coopération entre les biologistes, les gardes, afin empêcher que les animaux soient tués pour leur fourrure et leurs défenses, comme la corne de rhinocéros qui aujourd’hui encore est malheureusement utilisée dans la médecine orientale pour ses propriétés magiques et aphrodisiaques supposées, propriétés intéressantes d’un point de vue anthropologique et ethnologique mais sans aucun fondement scientifique.

Contrairement à la croyance populaire, le tigre n’est pas plus grand que le lion. Le lion Atlantique (Panthera leo leo), dépasse en taille, comme nous l’avons vu, le tigre de Sibérie, qui est la plus grande race de l’espèce.

En captivité, les différences de taille entre les Panthera leo et Panthera tigris mâles sont presque nulles. On peut constater jusqu’à 10 kg de graisse et de 3-4 cm de longueur de plus cher le tigre, mais les valeurs constatées chez les sujets vivant à l’état sauvage sont égales ou en faveur du lion.

Même en termes de techniques de combat et férocité, le lion, qui a plus de concurrents dans son écotype que le tigre, est plus dangereux et habile que ce félin d’Asie.

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Le Neofelis nebulosa est un ancêtre du léopard © Giuseppe Mazza

Tant et si bien que dans les zoos et les parcs naturels les lions posent beaucoup plus de problèmes d’adaptation et sont beaucoup plus dangereux pour les visiteurs que les tigres, et lorsque les mâles des deux espèces s’affrontent en captivité, c’est toujours le tigre qui succombe.

C’est évident que malgré cela, dans la nature, le tigre reste toujours un prédateur redoutable et dangereux.

Les tigres vivent en solitaires et ne se réunissent deux par deux que pour se reproduire et élever les petits.

Mais cet animal n’est pas totalement asocial. En fait, quand il a tué une proie de grande taille, comme un cerf adulte, les individus qui vivent sur le même territoire parfois se réunissent le temps de le dépecer.

Chaque mâle a une zone de chasse qu’il défend contre les autres mâles. Ces zones couvrent souvent des territoires où vivent de nombreuses femelles, et parfois se superposent à des endroits moins contrôlés par les autres mâles.

Habituellement, les mâles aussi bien que les femelles délimitent leur territoire de chasse en urinant et en émettant des sécrétions odorantes.

Normalement, le tigre vit au milieu de son territoire où il revient après la chasse pour se reposer, laissant la proie tuée incomplètement mangée sur le lieu de l’attaque, cachée dans les buissons, afin que d’autres tigres ou des léopards ne puissent la manger.

Lorsque le tigre atteint sa maturité sexuelle, il erre jusqu’à ce qu’il trouve un endroit pour établir le centre de son territoire.

La possession du territoire, marqué comme décrit ci-dessus, est proclamée par les mâles et les femelles, par des rugissements qui s’entendent jusqu’à 3 km.

Les femelles rugissement aussi pour appeler leurs petits ou pour attirer les mâles lors des chaleurs. Les mâles rugissent pendant l’accouplement.

Tout comme le lion, pendant la journée le tigre est endormi ou caché au fond de la forêt, parfois vautré dans une mare pour se rafraîchir.

Il va chasser au au crépuscule, sans quitter son territoire, où il peut parcourir jusqu’à 30 km durant la nuit.

Il trouve sa proie, qui peut être un chevreuil ou un buffle (Bubalus bubalis), grâce à sa vision et son ouïe, plutôt que son odorat et s’approche jusqu’à 10-20 m pour lancer une attaque surprise par derrière.

Le tigre a une technique de chasse qui ne ressemble qu’en partie à celle du lion. Il ne saute pas sur le dos de l’animal mais il le jette à terre assommé d’un coup de patte avant. Puis il l’étouffe d’une puissante morsure à la gorge ou dans le cas des plus petites proies en les mordant à la tête.

Parfois, le tigre reste tapi à proximité d’un trou d’eau ou d’un sentier, attendant qu’un animal s’approche. Il n’a pas la résistance nécessaire à une longue course, aussi met-il à profit sa fourrure jaune-brun tigrée de noir pour se fondre dans la végétation dense de la forêt tropicale, son habitat.

Comme le lion, le tigre est un carnivore euriphage. Ses proies habituelles sont le cerf, le sanglier, l’antilope, le nilgaut, le gaur, le buffle et le bétail domestique, mais quand celles-ci font défaut, il se nourrit également de petits reptiles, grenouilles, oiseaux et poissons. Au cours d’un repas, qui peut durer deux heures, une tigre mange 22-24 kg de viande, cachant le reste pour les jours à venir.

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Malgré son nom, le Leopardus guigna est grand comme un chat © G. Mazza

Les dimensions varient avec les sous-espèces et races. Le plus grand est celui de Sibérie. Dans l’espèce Panthera tigris un mâle peut atteindre 200-220 kg et 2 à 2,20 m de long, une femelle 140 kg et de 1,90 à 2 m de long.

Au cours de la saison de reproduction, les tigres, comme les lions, s’accouplent plusieurs fois par jour. L’acte est court et chez cette espèce ne dure pas plus de 15-20 secondes.

Après une gestation de trois mois, la femelle met au monde dans une tanière de 1 à 5 petits. En moyenne, seuls deux survivront jusqu’à l’âge adulte.

Comme chez les lions, la mère allaite les petits jusqu’à 6 semaines environ, puis procède au sevrage à l’aide d’une alimentation carnée.

Quand ils sont âgés de 4 à 6 semaines, les jeunes, qui ont depuis longtemps appris à marcher, commencent à accompagner leur mère à la chasse, mais n’y participent pas avant leur sixième mois.

Durant cette période, la mère, abat sa proie, mais ne la tue pas, laissant cette tâche aux petits. Un jeune tigre devient totalement indépendant environ 12 mois après la naissance.

À 12-18 mois il est déjà capable de tuer les porcs et les faons, mais ce n’est qu’à partir de trois ans qu’il est en mesure de s’attaquer au buffle d’eau.

Beaucoup de pré-adultes, abandonnés par leur mère, succombent des œuvres des autres tigres ou d’autres animaux, y compris du rhinocéros indien (Rhinoceros unicornis).

Deux signes caractéristiques ont été identifiés par les zoologistes chinois, comme des signes éthologiques d’agression du tigre. Selon certains scientifiques, quand un tigre baisse les oreilles tout en montrant les crocs, c’est une attitude défensive ; et quand il tourne les oreilles, montrant les taches blanches du dos de celle-ci, c’est le signe qu’il est sur le point d’attaquer.

Comme le lion et de nombreux autres félins, les tigres ont cinq doigts aux pattes antérieures et 4 aux pattes postérieures, les griffes étant rétractables. Lorsque de la marche, celles-ci sont enfermées dans des poches spéciales afin d’en prévenir l’usure, mais elles sortent lors de l’attaque grâce à des muscles extenseurs puissants.

Un autre membre important de la famille des Felidae est le léopard Panthera pardus.

C’est le plus agile des grands félins, il est en mesure de poursuivre des proies dans la végétation dense ou d’attaquer en sautant d’une branche d’arbre, car c’est un excellent grimpeur.

Plus petit que le lion et le tigre, il n’en est pas moins féroce. Le mâle atteint 135 cm de long pour seulement 50 kg. Plus silencieux que le lion et le tigre, il nage, grimpe aux arbres et bondit comme un tigre.

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Le jaguar ressemble au léopard, mais il est plus massif, avec des jambes plus courtes © Mazza

Lorsqu’il est en équilibre sur un tronc, à plusieurs mètres du sol, sa queue longue plus d’un mètre lui permet de conserver un équilibre parfait. Il passe beaucoup de son temps dans les arbres, accroupi entre les branches.

Les léopards sont présents dans une grande partie de l’Asie, jusqu’à Sumatra, et dans une grande partie de l’Afrique, non seulement dans les forêts tropicales denses, mais aussi dans des zones plus ouvertes. En Asie, la distribution territoriale des léopards et des tigres coïncident largement.

Il n’y a pas de concurrence, car tandis que les tigres sont concernés principalement par les grands ongulés, les léopards ont tendance à ne chasser que des animaux plus petits, comme les oiseaux, les singes et les rongeurs. La différence entre leurs écosystèmes alimentaires leur permet de cohabiter dans des territoires qui se chevauchent.

Le léopard chasse surtout la nuit. Le jour, il préfère généralement se reposer. Quand il a repéré sa proie, il la suit doucement, rampant sur le sol, puis lui saute dessus au bon moment, sans hésitation et sans pitié. Il brise le cou des espèces les plus petites, tandis qu’il brise les reins des espèces de plus grande taille avant de les attaquer à la gorge et de les étrangler.

Quand la proie est morte, il l’éventre, rejetant d’abord l’intestin, et dévore immédiatement le foie, réserve précieuse en vitamine A, le cœur et les cuisses. Les restes sont emportés dans un arbre, de sorte que les charognards tels que le chacal ou l’hyène ne puisse les voler. Encore une fois, c’est la vue plus que l’odorat qui aide le félin à chasser.

La fourrure du léopard est courte, jaune, parsemé de taches noires. La disposition de ces taches est toujours différente : tout comme les arbres de la forêt n’ont jamais le même nombre et la même disposition des branches, de même il n’y a pas deux fourrures aux motifs identiques.

La femelle donne généralement naissance à trois petits au bout de trois mois de gestation. Dès qu’ils sont assez grands, ils suivent leur mère à la chasse, et des deux parents elle est la seule à prendre soin des enfants. C’est en observant qu’ils apprennent à tuer, d’abord de petits proies, puis des proies de plus en plus grandes.

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Le Puma concolor Cory est un félin rare en Floride © Giuseppe Mazza

La panthère noire, qui vit dans les jungles les plus humides de l’Asie du Sud, est la forme mélanique de la Panthera pardus et non une espèce différente.

Observée en pleine lumière, sa brillante fourrure noire laisse en effet apparaître des taches plus foncées, typiques de la panthère.

Voici enfin dernière espèce de léopard, le léopard tacheté (Neofelis nebulosa) que de nombreux biologistes zoologistes considèrent comme l’ancêtre non-éteint de l’actuel Panthera pardus , et qui est endémique en Asie du Sud. Aujourd’hui très rare, il a le manteau jaune, couverts de grandes taches bordées de gris foncé.

Avec environ un mètre de longueur et 24 kg, il présente une taille intermédiaire entre le léopard et petits félins. Sa queue a 75 cm de long et, comme chez le léopard, lui sert de contrepoids pour se tenir en équilibre dans les arbres.

Chez les plus vieux spécimens, le centre de la tache tend à effacer, ne laissant visible que les bords ourlés de sombre, il est donc facile de connaître l’âge de l’animal.

Tous les petits félins des forêts d’Asie sont solitaires. Mâles et femelles ne vivent ensemble que pendant la saison des amours.

Les mâles ne se soucient généralement pas des petits qui naissent dans des terriers creusés dans le sol ou au creux des arbres.

Même les petits félins d’Asie sont bien réputés comme chasseurs expérimentés. La plupart d’entre eux grimpe aux arbres et chasse des animaux aussi variés que singes, souris, oiseaux, reptiles, amphibiens et même insectes, sans oublier la pêche des poissons dans les petits cours d’eau. Contrairement au chat domestique, les petits félins d’Asie, aiment généralement l’eau, comme le tigre ou le léopard.

Le chat de la jungle (Felis chaus), chasse de préférence des oiseaux comme les perroquets, les perdrix et les faisans.

Endémiques de l’Asie du Sud et du Moyen-Orient, ils vivent aussi bien dans les zones plus ouvertes de la forêt que dans la savane. Il gîte dans les roseaux, les buissons, les bois et les petites forêts de la plaine. Le bout de sa queue est orné d’anneaux noirs, et l’extrémité de l’oreille se termine par un toupet de poils noirs. Les mâles et les femelles pèsent environ 8,7 kg.

De taille équivalente voici le redoutable chat viverrin (Felis viverrina), endémique de l’Asie du Sud, de l’Inde, du Pakistan, de la Chine, et, des îles voisines.

Il vit de préférence à proximité des rivières et des ruisseaux où il pêche les poissons grâce à ses doigts partiellement palmés, ou dans les forêts marécageuses et les marais, où il capture des petits mammifères, des reptiles, des amphibiens et des oiseaux aquatiques.

Les deux sexes mesurent environ 80 cm, avec une queue de 30 cm. Les taches qui ornent leur fourrure sont disposées en lignes le long du corps, les marques présentes sur les jambes ne sont pas très visibles.

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Le Bobcat (Lynx rufus) est plus petit que le lynx d’Europe © G. Mazza

Un autre chat d’Asie, qui a une alimentation équivalente à celle du Felis viverrina, le Felis planiceps, est présent en Malaisie et dans les forêts de Bornéo et de Sumatra. Il vit aussi le long des cours d’eau, avec le même régime alimentaire.

Deux autres espèces de petits félins endémiques à l’Asie du Sud sont le chat de Temminck (Felis temminckii) et le chat marbré Felis marmorata.

Le Felis temminckii est le seul chat d’Asie qui a une fourrure unie, sans tache. Il est entièrement brun, avec deux bandes noires sur ses joues jaunâtres, et avec une ligne claire au-dessus des yeux. Il grimpe bien et vit dans les arbres, se nourrissant d’oiseaux, de petits mammifères, de singes, de reptiles et d’amphibiens. Ses dimensions sont similaires à celles du chat viverrin.

Le Felis marmorata est quant à lui légèrement plus grand que le chat domestique. Il a une queue très longue et poilue. Ses flancs portent des taches sombres qui donnent à sa fourrure cet aspect marbré d’où il tire son nom. Il se nourrit de petits mammifères, d’oiseaux, de reptiles, d’amphibiens et d’insectes.

Les membres de la famille Felidae que nous avons déjà décrit, sont originaires d’Afrique ou d’Asie, mais plusieurs espèces de félins vivent aussi dans les forêts tropicales d’Amérique du Sud.

Parmi les espèces plus petites, deux types à manteau tacheté, le Margay (Felis weidii) et le chat-tigre (Felis tigrina) , sont plus nombreux que leur proche cousin, l’ocelot (Felis pardalis) qui vit dans les zones boisées et les zones plus dégagées.

Le margay et le chat-tigre sont des animaux très timides et méfiants. Ils vivent dans une forêt dense et chassent de préférence la nuit.

Leur éthologie, leur écologie, leur alimentation et la biologie de leur reproduction sont peu connues, et l’ocelot qui vit dans des zones plus ouvertes a été mieux étudié. Nous savons qu’ils vivent dans les arbres mais se nourrissent sur le sol et, contrairement à d’autres chats, ils ne pratiquent pas l’embuscade mais chassent leurs proies.

Ces trois espèces ont toutes un manteau jaune doré, le ventre blanc et des taches sombres, et se nourrissent probablement d’oiseaux et de petits mammifères.

Toujours en Amérique du Sud il y a le jaguarondi (Felis yagouaroundi), une espèce plus forte et plus grande des trois espèces mentionnées ci-dessus. Il mesure environ 120 cm, y compris la queue, et vit en lisière et au cœur de la forêt. Sa fourrure est unie et sans taches sa queue est longue. Au Mexique on l’appelle le chat loutre, bien que ce nom ne rende pas justice à son apparence.

Sa fourrure peut avoir trois couleurs : noir, gris foncé et brun. Il se nourrit aussi bien d’espèces arboricoles que terrestres : singes, oiseaux, petits mammifères, reptiles et amphibiens.

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Le guépard est le plus rapide des animaux terrestres © G. Mazza

En Amérique du Sud on trouve également le Leopardus guigna, habitant les forêts tropicales pluvieuses des différentes zones géographiques et qui, en dépit de son nom est à peine plus gros qu’un chat. Il est communément appelé le kodkod et était connu dans le passé sous le nom d’ Oncifelis guigna.

Ce sont des animaux rares qui figurent sur la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN.

Cette race compte deux sous-espèces : le Leopardus guigna guigna et le Leopardus guigna tigrillo qui présentent des différences mineures. En fait, le premier ne se distingue que par ses pieds tachés, sa couleur plus vive et sa stature plus petite.

Au premier coup d’œil le kodkod est très similaire au chat de Geoffroy ou chat de montagne (Leopardus geoffroyi), également endémique en Amérique du Sud, et précédemment connu sous le nom de Felis geoffroyi ou Oncifelis geoffroyi.

En réalité kodkod a des taches noires de forme plus arrondie et moins de stries sur la tête et les épaules que le Leopardus geoffroyi.

La queue épaisse et courte du kodkod est marqué annelée, tandis que le dos des oreilles est noir avec un point blanc au centre. On rencontre fréquemment des spécimens mélaniques au cœur de la forêt.

Le kodkod a un crâne brachycéphale (court et très large) et convexe. La classification taxonomique est encore ambigüe, aussi bien pour le kodkod que pour le chat de Geoffroy.

Dans la nomenclature, on propose de les classer dans le genre Leopardus, mais Oncifelis et Felis sont encore utilisés par de nombreux zoologistes.

Cependant ce qui semble certain au vu des analyses génétiques c’est que le kodkod et le chat de Geoffroy sont apparentés. Alors d’un point de vue taxonomique, il serait peut-être judicieux d’envisager une une classification commune.

Mais le plus grand carnivore des forêts tropicales d’Amérique du Sud et des Felidae du Nouveau Monde, est sans doute le jaguar Panthera onca.

Il ressemble au léopard, mais il est plus massif, avec des jambes plus courtes. Et contrairement à celui-ci, il y a des taches à l’intérieur des rosettes de sa fourrure.

Bien que le jaguar soit capable de grimper aux arbres, les adultes sont trop lourdes pour se déplacer facilement entre les branches. Les mâles peuvent en fait atteindre 2 m de longueur pour 120 kg. Pour une longueur équivalente, le jaguar est beaucoup plus robuste que le léopard, avec une masse musculaire plus proche de celle des lions et des tigres.

Les jaguars sont des animaux nomades, sortant parfois de la forêt, pour aller droit vers la Pampa où ils peuvent tuer le bétail. Cependant ils chassent en général des animaux de la forêt : le cerf, l’agouti, et les troupeaux de pécaris. Ils les suivent patiemment, attendant une occasion favorable pour s’attaquer aux individus isolés.

Comme chez le léopard, le jaguar mélanique n’est pas une espèce en soi, et comme la panthère noire au cœur des forêts épaisse de l’Asie, il tire profit de la particularité de sa couleur noire au cœur des sombres forêts de l’Amérique du Sud.

Contrairement aux félins de petite taille, qui, dans certaines espèces donnent naissance à deux portées par an, le jaguar femelle a une portée seulement tous les deux ou trois ans. Les mâles et femelles ne vivent ensemble que pendant la période d’accouplement. Les portées sont pour la plupart bigemellaires et les petits mettent environ 2 ans pour atteindre la maturité sexuelle.

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Acinonyx jubatus avec une Thomson Eudorcas fraîchement tuée © G. Mazza

Dans les deux Amériques, du Canada à la Patagonie, des forêts aux déserts, jusqu’à la limite des zones boisées, vit un autre félin : le puma ( Felis concolor ) avec ses différentes sous-espèces ou races.

Aussi appelé lion des montagnes, ou lion d’Amérique il présente une couleur uniforme variant du brun-jaunâtre à au jaune-grisâtre. Le motif tacheté des jeunes disparaît à la première mue.

Il peut atteindre 120-130 kg, avec une longueur allant de 95 à 160 cm et une queue de 45-80 cm.

Les pattes sont robustes, capables de sauts très long, et de fait il peut faire sans élan, des sauts incroyables de 6-8 m.

C’est un excellent coureur, très agile pour grimper aux arbres ou pratiquer l’escalade. Il chasse principalement des mammifères de moyenne et grande taille.

Selon le type de proie présent dans son habitat, il a tendance à se spécialiser dans un genre, comme les singes ou les pécaris dans les habitats subtropicaux.

En cela, il se définit comme sténophage, par opposition aux espèces euriphages qui, tel le lion, se nourrissent de différentes espèces d’herbivores.

Au cours de la saison de reproduction le mâle, généralement peu agressif et tolérant à l’égard de ses congénères, s’engage dans des batailles furieuses pour la conquête de la femelle.

Après la naissance, les petits sont élevés uniquement par la mère.

Contrairement à d’autres félins, le Puma concolor ne rugit pas mais émet une sorte de hurlement, commençant dans les aigus puis baissant de tonalité pour finir quasiment en baryton.

Présent uniquement en Amérique du Nord, au Canada et au nord du Mexique, nous avons finalement le bobcat (Lynx rufus).

Appelé également lynx rouge, il n’est pas très sélectif dans le choix de son habitat tout en préfèrant les zones rocheuses.

Plus petit que le lynx européen Lynx lynx, il a un pelage gris-rougeâtre, avec de nombreuses taches brunes ou noires, et mesure 65-105 cm. Les mâles sont plus grands que les femelles. Sa vue et son ouïe sont très aiguisées.

Comme d’autres espèces de lynx, le bobcat est un animal très territorial et solitaire, mais il peut également chasser en groupe, de préférence la nuit. Il se nourrit d’oiseaux, de reptiles et de mammifères : de la souris au cerf. Il se reproduit une fois par an, habituellement au début du printemps. Après environ 70 jours de gestation naissent 1-3 petits qui sont élevés par la femelle jusqu’à l’âge de 8 mois.

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Le mau égyptien est le célèbre chat des pharaons © Giuseppe Mazza

Comme le lynx européen le Lynx rufus, il est menacé d’extinction et fait partie de la Liste rouge des espèces animales menacées de l’UICN.

Enfin un autre carnivore particulier, atypique à certains égards de la grande famille des Felidae, est le guépard Acinonyx jubatus.

Il est endémique de l’Afrique centrale et méridionale, mais on trouve de petits groupes, devenus rares, jusque dans l’Atlas (au Maroc) et en Asie Mineure.

Il préfère les plaines, où il ne trouve que quelques espèces comme proies, mais aussi dans les savanes boisées, et c’est l’animal terrestre le plus rapide.

Il doit ce record à ses muscles puissants, sa colonne vertébrale souple, mais surtout à ses griffes non rétractables, qui accentuent son emprise au sol, comme les pointes des chaussures des athlètes.

Départ arrêté, un guépard peut atteindre en seulement deux secondes 72 km/h (je mets au défi n’importe quelle voiture de faire mieux !). Il peut atteindre une vitesse d’environ 110 km/h et la maintenir seulement pendant une trentaine de secondes, car il n’a pas une résistance élevée.

Il chasse seulement les antilopes de petite taille qu’il atteint d’une brève course et qu’il isole et abat d’un coup de patte avant de l’étrangler d’une morsure à la gorge.

Il n’est pas rare que plusieurs individus participent au festin, dévorant la proie rapidement et mangeant le foie et les autres organes internes avant que n’arrivent les lions ou les hyènes pour leur voler leur repas.

Les guépards vivent pour la plupart en solitaires, mais parfois ils se déplacent par paires ou en petits groupes familiaux. Les femelles donnent naissance à 2-5 jeunes après une gestation de trois mois, mais la mortalité des petits est très élevée, et la moitié seulement atteint l’âge de 6 mois.

Ses proies de prédilection sont la gazelle Thompson (Eudorcas thomsoni?lang=fr) et l’impala ( Aepyceros melampus )mais parfois il peut même tuer des oiseaux et des lièvres.

Il chasse de jour, de préférence au début de la matinée ou au coucher du soleil, tandis qu’il bouge peu pendant la pleine chaleur, se reposant sur des termitières, des arbres tombés ou de petits monticules, d’où il épie en rêvassant, comme devant un menu, le mouvement les troupeaux d’antilopes et de gazelles. Il utilise deux techniques de chasse.

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Rien n’est impossible à un chat, en particulier à un bengal © Giuseppe Mazza

La première technique est de marcher lentement sur la prairie, comme si de rien n’était, sans se cacher les gazelles qui se contentent de l’observer. Quand il parvient à environ 70 m du troupeau, la femelle en sentinelle a commencé à émettre des signes de danger, mais les mâles dominants le laissent approcher jusqu’à 45-50 mètres avant de donner le signal de la fuite.

Pendant ce temps, le guépard a choisi visuellement sa gazelle visuelle, en général la plus isolée, et tout à coup fonce dessus avec ses 110 km/h, alors qu’elle n’est généralement qu’à 250 m. Ensuite, s’il ne l’a pas attrapée, il abandonne.

La seconde technique consiste à se rapprocher de sa proie lentement et furtivement en rampant dans la végétation dans la savane, puis à se figer tout à fait lorsque la gazelle et les autres éléments du troupeau en train de paître lèvent les yeux.

Quand il s’est approché à 30 m de la victime choisie, il attend que l’animal se retourne pour bondir.

Lorsque la proie est jeune, il la tue à coup sûr. Si elle est adulte, son coup porte une fois sur deux.

Pour terminer, je voudrais parler du chat domestique.

Comme déjà mentionné, le Felis silvestris catus est un compa- gnon de l’ Homo sapiens sapiens depuis l’antiquité, tout comme le Canis lupus domesticus, et il est maintenant répandu dans le monde entier, sauf dans les régions proches des pôles.

C’est une espèce à structure polyphylétique, c’est à dire caractérisée par de nombreuses races ou sous-espèces.

Certains chercheurs supposent que les premières formes de domestication sont apparues dans l’Égypte des pharaons, environ 5600 avant JC avec le mythique Mau égyptien. Cela est attesté par plusieurs découvertes archéologiques, telles que des portraits et des statues de chats trouvés dans les antiques pyramides d’Égypte, sans parler des momies de chats dans le temple de la déesse chatte Bastet.

Certes, comme le crocodile, et l’hippopotame, le chat a été adoré comme un dieu par les anciens Égyptiens car il protégeait les récoltes de céréales contre les terribles rongeurs.

On a découvert des documents qui décrivent le deuil et les funérailles accompagnant la mort d’un chat. Mais de récentes recherches en zoogéographie et en zoogénetique menées en parallèle constatent une propagation cosmopolite, signe d’une origine eurasienne plus ancienne, datant entre 7 000 et 10 000 ans, lors de l’émergence de l’agriculture et du pastoralisme.

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Gatto Persiano © Giuseppe Mazza

Toutefois, il est certain que la sélection des nombreuses races qui divisent et fragmentent cette espèce domestique a commencé au début du dix-neuvième siècle. Les plus anciennes races enregistrées sont le Siamois, l’Angora et le Manx.

Actuellement, avec le progrès du génie génétique et embryonnaire, des méthodes traditionnelles d’accouplement et d’hybridation peuvent être complétées par de nouvelles possibilités créées par les biologistes : la manipulation du génome (insertion d’ADN exogène de différentes races de chat) et de l’embryon des différentes races de chats domestiques.

Quoi qu’il en soit, les races actuelles sont classées en fonction des différentes longueurs de poil. Ainsi, on distingue :

Les races à poil long : c’est le persan et toutes ses variétés. Le persan dérive probablement du croisement du chat angora, originaire de la région turque d’Ankara, avec des chats de Perse. Il semble que la race persane a atteint l’Italie et la France au XVIe siècle, mais ce n’est que depuis le XIXe siècle qu’elle a atteint le statut de race à part entière. Parmi les variétés de persans, on trouve le chinchilla et l’himalayen.

Les races à poil semi-long : elles présentent un poil de garde (poil de taille intermédiaire) aussi long que le poil de jarre (les poils les plus longs de la fourrure), à la différence des races à poil long dont le poil de garde est plus court. Cela leur donne un pelage plus près du corps, augmentant ainsi leur ressemblance avec les races à poil court et leur conférant une étanchéité de la fourrure qui a valu à certaines races la réputation de chat nageur. En outre les chats à poil mi-long sont généralement pauvres en sous-poil, caractéristique qui fait que leur fourrure s’emmêle peu. Appartiennent à ce groupe des races telles que l’angora turc, le sacré de Birmanie, le balinais, le burmese.

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Exotic Shorthair © Giuseppe Mazza

Les races à poil court : qui présentent des différences considé- rables selon qu’elles vivent à des latitudes septentrionales ou dans des zones équatoriales.

Les races à poil court, originaires de pays à climat chaud, ont en fait peu de sous-poil, tandis que celles qui vivent dans les pays plus froid de l’hémisphère nord, ont un sous-poil de plus grande taille.

Conformément à la loi d’Allen-Berger, en effet, les animaux de petite dimension ont une plus grande surface de dispersion de la chaleur par rapport aux animaux de plus grande dimension.

La dispersion est favorisée par de grands appendices, pensez à l’oreille du renard polaire qui sont petites, alors que celles du renard du désert sont énormes.

Enfin, on classe aussi parmi les races à poil court des races dites nues, couvertes d’une fourrure très petite et soyeuse comme du velours. Ce sont le sphinx, le don sphinx et le peterbald.

Le chat domestique a hérité des capacités de chasseur : l’agressivité, la ruse et l’agilité que l’on trouve chez les félins sauvages y compris les plus gros, comme le lion, le tigre ou le léopard, avec lesquels il partage la capacité à grimper aux arbres et à chasser les reptiles, les écureuils, les loirs, les oiseaux et les insectes.

Comme les autres félins, le chat domestique a des griffes rétractiles, cinq doigts de pieds à l’avant et quatre à l’arrière, et est digitigrade au point de vue de la déambulation. Mais en réalité, il ya une distinction importante à faire.

Le fait qu’ils n’ont plus besoin d’aller à la recherche de proies, parce qu’ils sont nourris quotidiennement par leurs propriétaires, ou qu’au moins ils trouvent de la nourriture dans les poubelles des centres urbains, les a rendus moins féroces dans la chasse, même s’ils la pratiquent dans un but non alimentaire.

En effet, alors que tous les chats sauvages tuent pour manger, les chats domestiques le font seulement pour se divertir ou, selon la théorie du biologiste zoologiste Spencer, pour expulser le surplus d’énergie qui est en eux et pour ne pas perdre leurs caractéristiques ancestrales de prédateurs.

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Sphynx : le chat nu © Giuseppe Mazza

Une impulsion irrésistible de devoir à chasser, mais qui n’est cependant pas suivi du besoin de manger sa proie.

Le biologiste britannique I. McDonald, qui étudie la biologie des chats domestiques depuis 40 ans, a noté qu’en Angleterre circulent des milliers de chats domestiques bien nourris, qui sont laissés en liberté pendant la journée dans les jardins de leurs propriétaires, ou sont libres de se déplacer, et ceux-ci déciment la faune indigène.

Les passereaux, rongeurs, les sciuridi (écureuils), les lagomorphes (lapins, lièvres), les reptiles, les amphibiens sont tués au nombre de 50000 à 60000 animaux par an, sans compter les invertébrés et ne sont jamais mangé, mais plus probablement rapportés à la maison comme un trophée pour leur maître !

Un exemple typique est le jeu du chat et la souris. Quand un Felis silvestris catus rencontre la sympathique Mus musculus, il l’assomme avec une patte, puis joue avec elle jusqu’à ce qu’elle tombe de fatigue et reste sans défense. Et quand il a terminé de s’amuser il l’éventre et il la laisse morte sur le sol.

Une des caractéristiques anatomiques et physiologiques des chats, qui leur valut la réputation légendaire d’animaux à 7 vies ou même 9 vies selon les dictons de certains pays asiatiques, est le fait qu’ils puissent tomber d’une grande hauteur, comme le quatrième étage d’un immeuble, et parvenir à survivre.

En filmant au ralenti, les biologistes ont constaté qu’au cours de ces chutes spectaculaires cet animal tourne habilement sur lui-même, pour atterrir toujours sur ses quatre pattes, tandis que le corps se déploie comme parachute pour réduire la vitesse. Une coopération complexe entre les fibres nerveuses situées le long des jambes appelées les zones de Golgi et le système du labyrinthe (l’organe la perception de l’équilibre situé l’oreille interne de tous les mammifères), lui confèrent des capacités à tomber qui ne sont pas partagées par les autres familles et ordres de mammifères.

Le Felis silvestris catus présente sur sa langue des cellules qui donnent à celle-ci une texture râpeuse comme une sorte de peigne. Plus efficace que celle des chiens, elle perçoit les saveurs, conserve les aliments et liquides, et sert de brosse pour nettoyer la fourrure.

De plus il bien connu que les chats ont pour communiquer un grondement à tonalité basse, le ronronnement.

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Les grandes oreilles de l’oriental servent à disperser la chaleur © G. Mazza

Le chaton nouveau-né encore aveugle, est déjà en mesure de le délivrer, peut-être pour attirer l’attention de la mère et pour la trouver. Avec des êtres humains, il exprime la satisfaction ou l’insatisfaction, le cas échéant. Les zoologistes biologistes pensent que c’est un héritage primitif : un moyen de communiquer sans être entendu par les prédateurs qui perçoivent des fréquences plus élevées.

Le Felis silvestris catus qui n’est pas soumis comme le chat sauvage ( Felis silvestris ) aux limitations imposées par le climat et la rareté de la nourriture, peut se reproduire jusqu’à trois fois par an. Les petits naissent après 60 jours de gestation. Ils peuvent être jusqu’à dix, sont aveugles et incapables de marcher, d’atteindre la source du lait (mamelle), de ramper, de suivre une odeur. Le sevrage commence vers 4 semaines et se termine vers 8 semaines. Le chaton est capable de se débrouiller vers 3 mois.

En conclusion nous avons vu combien est vaste et complexe le monde des Felidae, avec ses différentes stratégies et techniques de prédation qui ont évolué pendant des milliers d’années pour répondre aux besoins nutritionnels, en s’appuyant sur le sens des relations, l’héritage génétique et l’environnement.

 

Le chat domestique

 

Texte © Dr Didier Hallépée

 

 

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European shorthair © Giuseppe Mazza

L’origine du chat domestique

Le chat sauvage africain fut d’abord attiré à proximité des habitats humains par la présence des rongeurs dont il se nourrissait. Ceci est attesté en particulier par la présence d’ossement de chats dans un site de Jéricho datant de 9000 ans avant JC, dans un site de Chypre datant de 9000 ans avant JC ainsi que dans un site de Harappa (vallée de l’Indus) datant de 4000 ans avant JC.

Grâce aux découvertes du site de Chypre (sépulture de Shillourokambos) on sait que le chat était apprivoisé dès cette époque.

Sa fréquentation des humains date probablement des débuts de l’agriculture, les chats ayant été attirés dans les villages par les souris qui profitaient de la culture des céréales.

Par contre, l’absence de modifications morphologiques visibles (diminution de la taille et du crâne) montre que la domestication du chat est postérieure.

Le silo à grain fut inventé en Egypte, il y a environ 4000 ans pour lutter contre les disettes dues aux mauvaises récoltes. D’aucuns affirment que le récit biblique de Joseph et Pharaon est l’histoire de cette invention.

Le silo doit son nom au Tabernacle de Silo (personnage biblique ayant vécu à l’époque du pharaon Shishak, 950-929 avant JC) où étaient déposés les grains offerts en offrande (Deutéronome et Exode).

Les silos ont attiré les rongeurs, et à leur suite les serpents. Le chat, qui vivait déjà à proximité des habitats humains, y trouva nourriture à profusion et s’y installa. L’utilité du chat fut vite reconnue et il fut élevé pour ses talents de prédateur, puis domestiqué. Il s’installa alors dans les maisons et fit alors partie de la famille.

Le pharaon lui-même reconnut l’utilité du chat et voulut être le seul propriétaire de cette espèce féline. C’est pourquoi le chat fut érigé en demi-dieu, il y a environ 3500 ans. Ainsi, il ne pouvait appartenir qu’à un dieu, le pharaon lui-même. C’est pourquoi aujourd’hui encore en Egypte, les maus sont appelés chats pharaoniques.

Notons que le sceptre de pharaon (« heqa ») présente l’élégante courbe de la queue du chat.

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Siamois Red Point © Giuseppe Mazza

Il fut donc vénéré à travers la déesse Bastet, représentée tantôt comme sous forme de chatte, tantôt sous forme de femme à tête de chatte, tenant un sistre à la main droite et portant un ou deux anneaux d’or.

Le principal lieu de culte de Bastet fut installé à Bubastis. Les fêtes annuelles en l’honneur de Bastet, célébrées à Bubastis, attiraient de nombreux pèlerins (attesté par Hérodote). Bastet se fête toujours le 31 octobre.

Bastet, surnommée la déesse dévorante, représente d’une part le feu, la guerre, la peste, et la maladie, d’autre part le foyer, la fertilité, la sexualité et la protection des femmes enceintes et des enfants. Elle est femme et fille du dieu Râ. Le nom du chat en égyptien, mau désigne d’ailleurs à la fois le chat, son miaulement et la lumière. C’est une déesse à deux aspects : avec sa tête de chat, elle est Bastet, Dame de l’Est, associée à la lune (son fils Khensu est le dieu de la lune) ; avec sa tête de lionne, elle est Sekhmet, Dame de l’Ouest, associée à la lumière du soleil. Elle est également déesse du plaisir, de la musique, de la danse, de la joie. Elle est aussi l’instrument de la vengeance de Râ. Ses colères sont célèbres.

Le culte de Bastet a atteint sa plus forte période de développement vers 950 avant JC. A cette époque, Bubastis devint capitale de l’Egypte.

L’amour des égyptiens pour leur chat fut exploité par le roi Perse Cambyses II lors de sa conquête de l’Egypte, à l’occasion du siège de Pelusium (525 avant JC). Selon la légende, celui-ci prit un grand nombre de chats en otage et les fit placer devant les boucliers de ses soldats. Plutôt que de risquer la vie de leurs chats, les égyptiens habitants de Pelusium se rendirent.

Devenu un animal divin symbolisant les années grasses et la fertilité, le chat a bénéficié de tous les avantages liés à son rang. Tuer un chat, même accidentellement, était un crime puni de mort. Diodore rapporte (an 1 avant JC) qu’un soldat romain ayant tué un chat, rien ne put empêcher la foule en fureur de mettre celui-ci à mort, malgré les risques de guerre avec les romains.

Les égyptiens vénéraient leurs chats et pleuraient leur mort. A la mort de leur chat, les Egyptiens se rasaient les sourcils en signe de deuil. Les défunts chats étaient momifiés et apportés au temple de Bastet, à Bubastis. Cette pratique était encore en vigueur dans les premières années de notre ère. L’étude de ces momies a mis en évidence le jeune âge de beaucoup de ces chats et la présence de fracture du cou : il semble que nombre de chats étaient élevés dans les temples spécifiquement pour être momifiés et vendus comme porte-bonheur du foyer ou comme ex-voto : l’offrande d’un chat momifié à la déesse Bastet permettait de déchaîner sur un ennemi les redoutables colères de celle-ci.

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Abyssin © Giuseppe Mazza

Des centaines de chats momifiés ont ainsi pu être retrouvés. C’est ainsi que les savants ont pu identifier ces premiers chats domestiques avec le felis lybica. De nombreuses momies ayant conservé leur fourrure, on sait que ceux-ci étaient généralement jaunes (bronze) et porteur de taches noires ou parfois de rayures.

Le chat a été souvent représenté sur les bas-reliefs et sur les papyrus. Sur ces images, il est généralement jaune ou rouge. Et orné de taches ou dépourvu de motifs. Des scènes de chasse permettent de supposer qu’il était dressé à la chasse aux oiseaux.

Les égyptiens considéraient leurs chats comme un bien précieux et un animal sacré. C’est pourquoi des règlements stricts en interdisaient l’importation.

Certains d’entre eux furent très tôt utilisés sur les navires égyptiens exportant du blé.

Les phéniciens furent les premiers à exporter illégalement le chat, vers 900 avant JC. Ainsi, ils l’introduisirent en Galilée, en Grèce, en Italie.

Petit à petit, le chat domestique se répandit ainsi dans toute l’Europe et le Moyen-Orient.

Dans l’Artashastra, manuel indien de l’art de gouverner (IIIéme siècle avant JC), Kautilya explique comment utiliser chats et mangoustes pour lutter contre les rats et les serpents.

On raconte que le pape Grégoire 1er (590-604), lors d’un prêche, disait « donnez votre bien le plus cher en offrande ! ». En l’entendant, un moine sortit alors un chat de sa manche pour le lui donner. Le pape se mit à sourire et sortit à son tour un chat de sa propre manche.

On raconte également que le prophète Mahomet (570-632) avait été sauvé de la morsure d’un serpent par un chat. Il portait constamment sa chatte Muessa dans la manche de son manteau. Appelé un jour pour la prière, il eut scrupule à déranger Muessa dans son sommeil. Alors il se coupa la manche pour pouvoir se rendre à la prière.

L’arrivée du chat en Angleterre est attestée dès le Xème siècle mais celui-ci était rare à cette époque.

Vers le Xème siècle, la ville d’Anvers fut brûlée à cause d’un chat. Un voyageur avait fait étape à Anvers, accompagné de son chat. Les habitants qui n’avaient jamais vu de chat furent conquis pas son habileté à attraper rats et souris et supplièrent donc le voyageur de le leur céder (à prix d’or). Peu après le départ du voyageur, ils coururent après lui pour lui demander ce que mangeait le chat. « Ce qu’il prend, bêtes de gens » répondit-il. Les Anversois comprirent « Ce qu’il prend, bêtes et gens ». Ils décidèrent donc de s’en débarrasser. Face à la foule en furie, le chat chercha refuge sur le toit d’une maison. La foule incendia la maison pour tuer ce dangereux animal. Notre chat échappa à l’incendie en sautant sur le toit de la maison voisine. De proche en proche, une bonne partie de la ville d’Anvers fut ainsi incendiée sans que le chat ne puisse être occis. C’est ainsi que la ville d’Anvers fut brûlée à cause d’un chat.

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Oriental © Giuseppe Mazza

Très tôt, le chat fut associé à la sorcellerie.

Selon la légende, la déesse de l’obscurité nommée Diane aima Lucifer qui possédait un chat. Ils eurent une fille qu’ils envoyèrent sur terre accompagnée du chat de Lucifer pour enseigner la magie aux hommes. Du Vème siècle au XVIIème siècle, le chat fut considéré par l’église comme animal familier des sorcières, et à ce titre régulièrement brûlé. C’est ainsi qu’il se raréfia tout au long du Moyen Age.

C’est entre le XIIIème siècle et le XVIème siècle que la lutte contre les cultes païens et contre les chats a été la plus intense. Lucifer étant censé s’incarner en un chat noir, la simple possession d’un chat noir était souvent preuve de sorcellerie et valait condamnation au bûcher pour le maître et son chat.

C’est de là que l’on dit que les chats noirs portent malheur.

Par opposition, le chat blanc symbolisait la pureté. En 1233, le pape Grégoire IX lança l’anathème sur les chats noirs et leurs propriétaires.

L’animal pouvait être gracié s’il portait au cou une tache blanche appelée « doigt de Dieu » ou « marque de l’ange ».

Les sorcières étaient réputées pourvoir s’incarner jusqu’à neuf fois dans le corps de leur chat. De là vient la croyance que le chat a neuf vies.

Lorsque les grandes épidémies de peste décimèrent la population, l’utilité du chat fut de nouveau reconnue. Un édit papal permettait aux couvents de nonnes de posséder un chat lors des épidémies de peste.

L’arrivée de l’angora turc mit fin à cet ostracisme au XVIIIème siècle. L’engouement de la noblesse européenne pour ce chat fut très grand : un chat angora était considéré comme un cadeau royal. Du coup, le chat commun fut de nouveau en faveur en tant que compagnon du foyer et prédateur des rongeurs.

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Persan © Giuseppe Mazza

C’est au XIXème siècle enfin que commencèrent la reconnaissance des races, l’arrivée des races en provenance d’Orient, l’élevage, la sélection et les expositions félines.

Le chat accompagna les marins aux cours de leurs périples autour du monde et peuplèrent les nouvelles colonies en même temps que l’homme. Sur l’îlot de Clipperton, ils proliférèrent tant qu’ils faillirent détruire toute la faune locale et durent être exterminés.

Les chats suivirent les Européens dans leur œuvre de colonisation. C’est ainsi que nos chats de maison retournèrent enrichir le pool génétique des chats d’Egypte et se mélanger avec les descendants directs des chats de Pharaon.

La présence du chat en Chine semble remonter à plus de 6000 ans. Sa domestication remonte probablement à la dynastie des Han (100 ans avant JC). Le chat était devenu commun en Chine vers 500 avant JC et en Inde vers 200 avant JC. Le premier chat parvenu au Japon fut un cadeau de l’empereur de Chine à l’empereur du Japon au IXème siècle.

Là aussi, le chat a été vénéré. Les bouddhistes lui attribuaient une âme.

On a souvent affirmé que l’abyssin était le descendant du chat égyptien car le premier sujet Zulma fut ramené en Angleterre en 1868 à l’issue d’une campagne militaire menée en Abyssinie (aujourd’hui, l’Éthiopie).

Ce chat ticketé (ticking : chaque poil porte des bandes de différentes couleurs) eut un énorme succès. D’autres sujets furent trouvés dans de nombreux pays et utilisés pour créer la race des Abyssins. A l’origine, Abyssin était synonyme de chat ticketé.

Des études scientifiques ont examiné la répartition des chats porteurs de ticking. Ces études ont montré d’une part que le gène correspondant ne peut provenir de l’Afrique, d’autre part que le berceau de ces chats se situe dans le sud-est asiatique. Des recherches ont permis d’établir que Zulma appartenait à l’origine à un officier de l’Armée des Indes qui l’avait amené avec lui lors de sa mutation en Abyssinie avant de le céder à un camarade regagnant l’Angleterre, le capitaine Barret-Lenhart.

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Chartreux © Giuseppe Mazza

L’angora turc est apparu aux confins de la Perse et de la Turquie, dans la région des hauts plateaux (aux alentours du lac de Van). Découvert par des voyageurs, il a été introduit en Europe au XVIIème siècle. Il y eut immédiatement un véritable engouement pour ce chat à la fourrure longue et soyeuse. Très en vogue dans les milieux aristocratiques au XVIIIème siècle, il était considéré comme un cadeau royal. Très vite, il a conquis le monde entier et a fait souche dans de nombreux pays. Il a été utilisé pour créer les différentes races à poil long ou mi-long, notamment le Persan. Afin de ne pas nuire au persan, il fut interdit d’exposition. Ceci eut pour conséquence son oubli et sa quasi disparition d’Europe au XIXème siècle.

On pense que les races à poil mi long naturelles (angora turc, norvégien, sibérien) trouvent leur origine dans une adaptation lointaine des premières espèces félines au rude climat sibérien. Ils se seraient répandu jusqu’en Norvège et en Turquie à partir de leur habitat Sibérien.

On a pensé qu’il pourrait descendre du chat manul, l’espèce sauvage la plus fournie en fourrure. L’examen comparé des crânes du chat manul et des chats domestiques dément cette hypothèse.

Enfin, le chartreux, chat bleu à fourrure épaisse malgré son poil court, serait le descendant de chats rapportés lors des croisades et résultant, dit-on, de croisements entre le chat africain et le chat manul (espèce sauvage chez laquelle la couleur bleue est répandue).

C’est par le chartreux que la couleur bleue s’est répandue dans de nombreuses races.

Notre chat domestique descend du chat sauvage qui est décrit désormais en trois sous-espèces : le chat sauvage européen ( Felis sylvestris sylvestris ), le chat sauvage africain ( Felis sylvestris lybica ), et le chat sauvage asiatique ( Felis sylvestris ornata ).

Comme on peut le constater, l’origine géographique de notre chat domestique n’est pas unique. On peut cependant dire que sa domestication a commencé en Egypte, qu’à partir de là il s’est répandu sur toute l’Europe, que toutes les races de type européen y trouvent leur origine, et que par suite de croisement, toutes les races domestiques descendent entièrement ou en partie des chats pharaoniques.

Le choix du chat

Un chat de race, c’est un chat dont la correspondance à un standard reconnu vient de sa filiation, celle-ci étant attestée par un document appelé pédigrée.

L’appartenance d’un chat à une race permet d’espérer fortement que ce chat présentera les caractéristiques essentielle de cette race, tant au point de vue de la beauté qu’au point de vue du caractère.

Un chat, qu’il soit de race ou de maison, est un compagnon qui tiendra une place importante dans votre vie. Nul doute qu’on le souhaite agréable et en bonne santé.

Mais comment choisit-on son futur compagnon ?

Dans tous les cas, après vous être renseigné par téléphone, rendez-vous sur place et demandez à visiter le refuge ou la chatterie. Ce n’est qu’ainsi que vous pourrez constater les conditions de vie et d’hygiène de votre chaton. Si la visite vous est refusée ou n’est que partielle, il vaut mieux s’adresser ailleurs (il y a peut-être de bonnes raisons que l’on souhaite vous cacher quelque chose).

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Russian Blue © Giuseppe Mazza

Avant de choisir, examinez le chat : il doit avoir une belle fourrure (une fourrure terne est souvent signe d’un mauvais état général) et n’être pas apathique. Passez la main à rebrousse poil dans la fourrure pour s’assurer qu’il n’y a pas de problèmes (mycose, puces, etc...). Demandez s’il a bien été vermifugé et quand il faudra recommencer. N’oubliez pas de jeter un coup d’œil dans les oreilles (avec un coton-tige en vous faisant aider par l’éleveur) pour vérifier qu’il n’y a pas de gale d’oreilles. Ces vérifications simples vous éviteront bien des déboires : certains chats recueillis en mauvaise santé peuvent vous revenir beaucoup plus cher qu’un chat de race.

Assurez-vous également qu’il est bien sociabilisé : s’il n’a pas été suffisamment manipulé dès son plus jeune âge, il peut être sauvage. Mais il ne faut pas confondre sauvage et timide : attrapé par le cou, un chat timide se relâchera tandis qu’un chat mal sociabilisé se crispera et présentera un corps arqué : il sera probablement très difficile à sociabiliser.

Enfin, choisissez selon votre goût, selon sa beauté, son caractère ou tout autre critère de votre choix.

N’oubliez pas qu’un chaton ne doit pas être séparé de sa mère avant trois mois, sinon son éducation est incomplète.

Assurez-vous également que le chaton a été vacciné (typhus et coryza). En général, la primo-vaccination se fait à deux mois. La deuxième vaccination se fait un mois plus tard. Il n’est pas possible de faire la deuxième vaccination plus tôt car le système immunitaire du chat n’est pas fini avant trois mois. Vous pouvez cependant acquérir le chaton avant la deuxième injection pourvu que vous fassiez celle-ci à temps. Si vous voyagez à l’étranger), il peut être obligatoire de le faire vacciner également contre la rage ; ceci est également une bonne précaution si votre chat est susceptible d’être en contact avec des chats étrangers (en exposition par exemple.

Le chat peut être identifié par une puce. Dans certains pays, c’est obligatoire. Et pour franchir les frontières, c’est nécessaire.

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British Longhair © Giuseppe Mazza

Les papiers indispensables que doit avoir votre chat sont son carnet de santé, l’acte de vente ou de cession, le pédigrée s’il s’agit d’un chat de race. Si vous achetez votre chat à l’étranger, son passeport européen vous permettra de le ramener à la maison.

Il ne vous reste plus qu’à emmener votre nouveau compagnon (avez-vous pensé à la caisse de transport ?).

Si l’éleveur ne l’a pas fait, faites-le tester FIV FeLV (leucose, "Sida des chats" - non transmissible à l’homme) et éventuellement faites-le vacciner FeLV (il n’y a pas de vaccin contre le FIV). N’oubliez pas non plus de le vermifuger régulièrement. Si vous n’avez pas de certitude sur son état de santé, faites-le examiner par votre vétérinaire avant de le mettre en contact avec vos autres animaux.

Dès l’arrivée, il faut faire visiter la maison au nouvel arrivant. D’abord, lui montrer la litière et la nourriture. Puis le promener partout où il aura droit d’aller pour qu’il commence à voir son nouveau territoire. N’oubliez pas de le présenter à ses nouveaux compagnons s’il y a lieu (mais pas en les tenant face à face, bien sûr). Laissez-les grogner, se flairer, mais ne forcez pas le contact s’ils préfèrent l’éviter : certains peuvent être jaloux et demanderont un peu de temps.

S’il s’agit d’un chat âgé et un peu timide, laissez-le choisir son refuge (sous le lit ?) et installez nourriture et litière à proximité : il sortira lorsqu’il sentira qu’il a enfin trouvé un foyer durable et affectueux (pour un chat ayant vécu plusieurs abandons, ça peut prendre plusieurs mois - ne perdez pas patience).

Et puis, dès le premier soir, donnez-lui de mauvaises habitudes en l’installant avec vous dans le lit...

Ensuite, il n’y aura plus qu’à le câliner régulièrement. Plus il sera aimé, plus il sera câlin.

S’il y a déjà d’autres animaux à la maison, il peut être judicieux de garder le nouvel arrivant quelques jours dans la chambre avec vous, séparé des autres. Il aura ainsi le temps de s’habituer à vous et à son nouveau cadre et il se sera préparé à la présence des autres dont il aura déjà senti l’odeur. Le premier contact en sera facilité pour tous.

Si un chat n’a pas été habitué à sortir, la vie d’extérieur ne lui manquera pas. Le chat est plus attaché à son cadre de vie habituel qu’à des grands besoins d’espace. Par contre, si votre chat a toujours vécu dans la rue, il sera difficile de l’habituer à ne plus sortir.

Le chat est curieux. Il aime savoir ce qui se passe de l’autre côté de la porte. Dès qu’il connaît son territoire, il aime à l’agrandir pour explorer de nouveaux horizons. Pourtant, un horizon plus limité lui plait aussi et satisfait son besoin de sécurité. A chacun ses contradictions...

Un chat peut vivre très heureux en appartement. Mais s’il prend l’habitude de sortir, il ne supportera plus le confinement. Au début, il restera à proximité de la maison (à moins qu’il ne se perde dès la première fois...), mais petit à petit, il agrandira son territoire et pourra s’aventurer très loin. Le froid ne le gène pas, mais l’humidité et la pluie peuvent être mauvais pour les sujets les moins résistants.

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Les yeux du devon rex sont des fenêtres ouvertes sur un autre monde © Mazza

Cependant, il faut savoir que s’il sort régulièrement, il risque un beau jour de ne pas revenir : il peut être perdu, adopté, volé, écrasé par une voiture. Il peut aussi faire de mauvaises rencontres (près de chez nous, en ville, un chat a été saigné par une fouine). Il peut aussi rencontrer d’autres félins, se battre avec eux, attraper PIF, FIV ou FeLV (première cause de mortalité féline, dit-on), voire contaminer les autres chats de la maison. Il faut savoir que la durée de vie moyenne du chat errant est de 2 ou 3 ans alors qu’un chat d’appartement peut vivre jusqu’à 15 ou 20 ans.

Alors, si vous l’aimez, si vous tenez à lui, gardez-le en sécurité à la maison. Si vous le pouvez, aménagez-lui un enclos de jardin (clôturé et couvert d’un filet - certains préconisent la clôture électrique). Si vous n’avez pas de jardin et s’il a tendance à fuguer, vous pouvez mettre du filet ou une moustiquaire aux fenêtres. Vous pouvez aussi lui clôturer un balcon si vous êtes en appartement (et si la copropriété le permet).

N’oubliez pas que s’il est opéré, il sera moins attiré par l’extérieur et préfèrera la chaleur de son tendre foyer.

Quelques conseils de santé

Ce ne sont que quelques conseils élémentaires et incomplets. Mais, peut-être y trouverez quelques idées. N’hésitez pas à vous renseigner également auprès de votre vétérinaire, de l’éleveur qui vous a vendu votre chat ou d’amis ayant des chats depuis longtemps.

Le toilettage

Le toilettage n’est pas obligatoire chez le chat à poil court. C’est cependant très utile à la beauté et à la santé de votre chat. C’est aussi un moment privilégié entre vous deux (même si certains chats sont réticents au début, ils sont reconnaissants de ces soins qu’ils ne peuvent faire eux-mêmes). Vous pouvez faire le toilettage seul ou vous faire aider pour tenir le chat. Il suffit d’un peu de fermeté pour qu’il ne se sauve pas, mais sans exagération. Selon son caractère, il sera totalement coopératif ou un peu sauvageon…

Les yeux : nettoyer les yeux avec une compresse humide pour enlever les petites sécrétions. Si le chat a les yeux qui coulent un peu, mettre des gouttes de sérum physiologique dans chaque œil. Si les yeux coulent souvent ou si la troisième paupière est visible, consulter votre vétérinaire.

Les oreilles : elles se nettoient avec un coton imbibé d’eau chaude. Ainsi vous enlevez le cérumen. Si le coton ressort avec des traces brun foncé ou noires, c’est peut-être une gale d’oreille - rien de bien grave, mais consultez votre vétérinaire. Bien sûr, n’enfoncez pas de conton-tige au fond de l’oreille.

Les griffes : ne jamais dégriffer un chat, c’est invalidant (et c’est d’ailleurs interdit). Mais vous pouvez lui couper les ongles. Pour cela, tenez-lui fermement la patte, appuyez pour faire sortir les ongles un par un et épointez-les avec un coupe-ongles sans toucher la partie rose. Vous pouvez vous contenter des deux pattes avant. Ainsi, il fera moins de dégâts en se faisant les griffes lui-même n’importe où. C’est d’ailleurs obligatoire avant d’aller en exposition.

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Scottish Fold © Giuseppe Mazza

La fourrure : il s’agit d’abord d’enlever le poil mort. Le chat peut le faire lui-même, mais les poils lui encombrent alors le tube digestif et il a des vomissements sur votre plus beau tapis (pas les autres, bien sûr). Toiletter la fourrure est particulièrement utile en période de mue. Un chat à poils mi-longs devrait être toiletté au moins une fois par semaine. Un chat à poils courts devrait l’être au moins une ou deux fois par mois. Pour les poils courts, utiliser une carde ou une brosse à picots en caoutchouc. Brossez en rond ou à rebrousse-poil pour enlever le poil mort puis dans le sens naturel du poil pour lisser la fourrure. Pour les poils mi-longs, utilisez un peigne à dents assez longues (il existe des peignes à dents rotatives qui sont particulièrement bien adaptés) pour démêler la fourrure et enlever les poils morts. N’oubliez pas le ventre. A la fin, faites bouffer la collerette et la queue.

Le bain : plus ou moins apprécié selon les chats. Indispensable lorsqu’il est très sale, ou qu’il a eu une diarrhée et s’en abondamment maculé, ou lorsqu’on veut qu’il soit particulièrement beau (angoras blancs avant les expositions). Utilisez une eau tiède et un shampoing doux en tenant fermement le chat (avez-vous épointé les griffes ?). Rincez-le abondamment afin d’enlever toute trace de shampoing. Séchez-le bien en l’enveloppant dans une serviette et en frottant. Puis finissez le séchage au sèche-cheveux (avec précaution car ils n’aiment pas ce bruit, et pas trop près pour que ce ne soit pas trop chaud). Puis laissez-le aller, il se retoilettera lui-même dans les minutes qui suivent...

La litière. Il lui faut un bac à litière. Un bac avec couvercle et porte évitera en partie les mauvaises odeurs, mais certains chats voudront que vous enleviez la porte. Il faut compter un bac pour deux ou trois chats. Pour le contenu, il existe de nombreuses sortes de produits. N’hésitez pas à choisir la qualité, vous vous y retrouverez. Les sables à base d’argile agglomèrent bien les excréments et il suffit d’enlever les boules qui se sont formées. Certains sables de qualité médiocre collent aux pattes. Les granulés se transforment en poussière avec l’urine. Il n’y a plus qu’à enlever ce sable. Il existe aussi des litières en silicates sous forme de petits cristaux transparents : de qualité et d’utilisation comparables aux sables, elles ont l’avantage d’être très légères. Dans tous les cas, videz la litière de temps en temps pour nettoyer le bac et changer le produit. Faites la litière matin et soir, votre chat appréciera.

Si vous avez beaucoup de chats, mettez suffisamment de bacs à litière. Et n’hésitez pas à les vérifier plusieurs fois par jour car ils peuvent être nombreux à choisir la même litière. Le chat est un animal très propre. Si sa litière ne lui plait pas, si elle est sale, il ira ailleurs... Certains ont une grande attirance pour les lavabos. Vous n’y pourrez rien.

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Maine Coon © Giuseppe Mazza

Et s’il pisse partout. En général, il y a une raison. Si la litière est sale, c’est sa façon de protester. Le chat agit aussi ainsi pour signaler une diarrhée ou d’autres problèmes de santé.

C’est peut être un problème comportemental (trop de chats, territoire trop vaste, emplacement de la litière mal choisi). Une première solution est de mettre la litière là où il fait (plus tard, on pourra peut-être la remettre en un autre emplacement). Si ça ne suffit pas, il faut peut-être pratiquer la restriction de territoire : une pièce pas trop grande où il aura sa couche, sa litière et sa nourriture (et ses câlins). Quand il sera redevenu propre, on pourra lui agrandir progressivement son territoire.

Si c’est un mâle adulte, arroser est un comportement normal. Pour éviter ça, on castre les mâles non destinés à la reproduction. C’est beaucoup plus agréable pour eux et pour vous.

La castration peut être pratiquée sans inconvénient dès trois mois. Ceci n’a pas de conséquences sur le développement du chat.

La nourriture. Il y a des pâtées et des croquettes. Les croquettes d’aujourd’hui sont adaptées à la santé du chat. Les nourritures pour chat contiennent de la taurine qui leur est indispensable (et donnent des démangeaisons aux chiens).

Les croquettes ont l’avantage de produire moins d’excréments...

Les aliments trouvés en animalerie ou chez le vétérinaire sont plus équilibrés et faibles en appétants : le chat ne mangera que ce qui lui est nécessaire et restera plus svelte.

Votre chat peut apprécier les aliments des grandes surfaces, mais attention, s’il est sensible, il aura des diarrhées. Dans ce cas, passez aux aliments des animaleries ou de votre vétérinaire. Le chat n’aime pas les changements de nourriture : procédez avec progressivité. Varier les parfums ne l’intéresse pas : c’est surtout au maître que ça fait plaisir. De toute façon, s’il est gourmand, il viendra voler dans votre assiette. Évitez le lait : une fois adulte, le chat le digère mal. Quant aux chatons non sevrés, il leur faut du lait pour chatons.

L’affection. Et surtout, il a un grand besoin d’affection. Plus vous lui en donnerez, plus il vous en donnera. Dès le premier soir, installez-le avec vous sur le lit. Là, il sera à votre hauteur et ne se sentira plus dominé. C’est alors le moment privilégié des câlins.

Aimez-le tel qu’il est (gourmand ? voleur ? calme ou vif, cherchant tendresse ou calme selon les heures, peut-être même crapule et insolent). Sachez qu’un chat ne se dresse pas, mais il peut s’éduquer (il ne renoncera pas à faire ses bêtises, mais il saura que ce sont des bêtises et s’interrompra dès que vous interviendrez).

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Exotic Shorthair © Giuseppe Mazza

Parlez-lui. Il sent votre affection et parfois vous répondra.

S’il fait trop de bêtises lorsque vous n’êtes pas là, c’est qu’il s’ennuie.

Peut-être lui faut-il un petit compagnon. Si vous avez deux chatons, ils passeront leur temps à jouer ensemble plutôt qu’à faire des bêtises.

Et s’il est vraiment impossible, êtes-vous sûr que vous êtes fait pour avoir un chat ?

Les diarrhées. Lorsqu’un chat a la diarrhée, il fait fréquemment ses besoins en dehors de la litière. C’est ainsi qu’il vous montre qu’il est malade.

C’est souvent dû à une nourriture mal adaptée. Demandez conseil à votre vétérinaire ou à un ami éleveur. Les croquettes que l’on trouve chez le vétérinaire ou en animalerie sont souvent la bonne réponse.

Cela peut aussi être dû à une absence de vermifugation : contrôlez sur son carnet de santé.

Fièvres, refroidissements, etc. Si votre chat est malade, consultez votre vétérinaire.

Le premier symptôme qui vous alertera est un changement comportemental : il réagit moins, reste dans son coin au lieu de venir faire des câlins, est trop tranquille.

S’il a la fièvre, sa truffe et ses oreilles sont plus chaudes. Vous pouvez contrôler en lui prenant la température avec un thermomètre médical.

Si un traitement antibiotique lui est prescrit, n’oubliez pas qu’il faut le prolonger au moins 5 jours pour qu’il soit pleinement efficace.

Classification des chat de race

Les catégories

La classification des chats de race n’obéit pas à des règles biologiques ou zoologiques. Elle a été établie en fonction des besoins des expositions félines. Cette classification fait partie des standards établis par les grandes associations félines et peut différer d’une association à l’autre.

C’est ainsi que les chats de race sont classés en catégories, ces catégories concourent séparément dans les expositions. Les catégories sont basées sur la longueur du poil.

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Devon Rex © Giuseppe Mazza

Ce sont :

- Chats à poil long

- Chats à poil mi-long

- Chats à poil court

Dans les chats à poil long, on range le persan et toutes ses variétés.

Les races de chats nus sont classées dans la catégorie à poil court.

Les associations américaines comme la CFA et la TICA classent chats à poils longs et chats à poils courts en une seule catégorie

Certaines associations comme la FIFé classent les siamois et orientaux dans une catégorie séparée.

Dans un grand nombre de races existent des variétés à poils court et des variétés à poil long. Ces variétés sont traitées de manière différentes selon les associations, ceci pour des raisons historiques liées essentiellement aux critères d’organisation des expositions.

En principe, les variétés à poil long ou à poil court devraient être classées comme races différentes dans des catégories séparées. Mais elles sont souvent classées en tant que variétés d’une race unique dans la catégorie correspondant à la variété la plus ancienne.

Ainsi, l’exotic shorthair, variété à poil court du persan, est-il souvent classé avec les persans dans la catégorie des chats à poil long.

De même le somali, variété à poil mi-long de l’abyssin, est souvent classé avec les abyssins dans la catégorie des chats à poil court.

Enfin, dans certaines races, des mariages restent autorisés entre la variété à poil long et la variété à poil court. De tels mariages donnent en particulier des sujets à poil court porteurs du gène du poil long. On les appelle des variants. Certaines associations ne distinguent pas ces variants des variétés à poil court. D’autres associations les classent avec les sujets à poil long et les font concourir en tant que tels…

La notion de race

La domestication du chat trouve son origine dans l’Egypte des pharaons. Son rôle de protecteur des récoltes séduisit les égyptiens qui lui vouèrent un culte à travers la déesse Bastet. Les momies de chats retrouvées à Bubastis montrent que dès cet époque il existait sous de multiples couleurs. Pourtant, les toutes les représentations que l’on fit de lui sur les fresques et les papyrus montrent un chat brun rougeâtre dont la fourrure est mouchetée de tâches noires. On rencontre encore ce chat dans les rues d’Egypte où on l’appelle chat pharaonique. On peut supposer que ces chats étaient sous la protection des pharaons et constituaient l’élite des chats de l’époque. C’est probablement la première approche de la notion de race chez le chat. Aujourd’hui, leurs descendants s’appellent les maus égyptiens.

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Thai Seal Point © Giuseppe Mazza

Malgré les interdits, les chats ont été exportés hors d’Egypte. C’est ainsi qu’en suivant la route de la soie, ils se sont multiplié en Asie. Ils ont également suivi la route des caravanes pour s’installer dans toute l’Afrique du Nord. Embarqués sur des bateaux où ils excellaient à la lutte contre les rats, ils ont aussi peuplé le pourtour de la méditerranée, se sont installés à Rome et de là ont rayonné dans toute l’Europe puis ont gagné le nouveau monde. Au cours de cette lente migration, ils ont conservé leur diversité originelle tout en acquérant parfois des caractères spécifiques pour s’adapter à des environnements bien différents des bords du Nil.

Durant toute cette période, le chat est resté un animal utilitaire tirant profit de sa collaboration avec l’homme.

Au XVIIème siècle, des voyageurs ramenèrent de Turquie des chats au pelage long et soyeux, provoquant ainsi un véritable engouement. Il fut dénommé angora turc. C’est probablement la première fois qu’un type de chat fut identifié d’une dénomination spécifique. Cet engouement eut une autre conséquence : ce fut le début du lent processus qui fit du chat un animal d’agrément, processus qui s’accéléra au XXème siècle grâce aux progrès de la lutte contre les rongeurs, processus qui réduire son rôle d’animal utilitaire.

C’est au cours du XIXème siècle que furent organisées les premier concours de beauté féline (Crystal Palace, Londres 1871). C’est grâce à ces expositions félines que les passionnés se mirent à produire des chats originaux et que naquit véritablement la notion de race chez le chat.

A Crystal palace seuls étaient présentés des British et des persans. Les autres races vinrent après. Au début, les races reconnues étaient peu nombreuses et les critères définissant une race étaient assez rudimentaires. Ainsi, un persan était un chat à poils longs, et un abyssin un chat avec une fourrure ticketée

Au XXème siècle, le chat prend vraiment sa place d’animal d’agrément et le monde des expositions félines s’organise. De nombreux éleveurs travaillent à produire des chats d’une beauté originale veulent que le chat qu’ils élèvent soit reconnu comme différent. C’est ainsi que furent progressivement codifiées les différentes races de chat. La mise en place d’organisations félines permit de structurer les expositions félines et de codifier les différentes races à travers les standards décrivant celles-ci et les pédigrées retraçant la filiation. Aujourd’hui, de nouvelles races sont créées régulièrement pour mettre en évidence telle ou telle caractéristique que ne partagent pas les autres races.

Les différentes races sont définies à travers un standard. Celui-ci décrit la morphologie et les couleurs qui constituent la race concernée. L’art de l’élevage est de produire des chats se rapprochant au maximum de cet idéal défini pour la race.

Pour être un chat de race, un chat doit correspondre à ce standard et justifier d’une filiation de chats de cette race à travers un pédigrée.

Pour les races récentes, il est possible d’admettre un chat dépourvu de pédigrée à condition qu’il soit jugé conforme au standard de la race. Ces chats sont inscrits dans un registre d’origine spécifique appelé RIEX (registre expérimental). Ses descendants sont également inscrits dans ce riex et deviennent des chats de race à part entière à la quatrième génération.

Pour les nouvelles races, celles-ci sont d’abord reconnues à titre expérimental et inscrites sur un livre d’origine appelé RIA. Le standard de la race est défini et lorsqu’il y a assez de chats, la race est enfin définitivement reconnue.

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Burmese anglais © Giuseppe Mazza

La définition des races

Chaque race est définie à partir de caractéristique morphologiques et génétiques spécifiques. Certaines de ces caractéristiques peuvent apparaître au hasard dans la population féline et donner à certains de ces sujets l’apparence des races ainsi définies, mais cela n’en fait pas des chats de race pour autant.

Certaines races sont définies au départ par l’apparition d’une caractéristique génétique particulière dans une race particulière : poil frisé, oreilles pliées, queue en pompon, pattes courtes, chat nu, etc…

En principe, les croisements entre races ne sont pas autorisés : les chaton ainsi obtenus sont de simples chats de maison, même s’il sont de caractère merveilleux et considérés par leur propriétaire comme d’une très grande beauté… Cependant, dans les races récentes, certains mariages sont autorisés afin de permettre de stabiliser la race sans être contraint de pratiquer une consanguinité excessive.

Dans de nombreux cas, une même race peut se décliner en poil court et en poil (mi-)long. Ces deux variations portent parfois des noms différents. Selon les organisations félines, elles peuvent être considérées comme des races différentes ou des variétés différentes d’une même race.

Certaines races ne sont pas reconnues par toutes les organisations félines. Les standards définissant une race diffèrent d’une organisation à l’autre. Elles évoluent également dans le temps…

Les variétés

Chaque race est subdivisée en variétés. Ces variétés permettent de faire concourir ensemble des chats d’apparence homogène afin que la comparaison puisse se faire sur des critères objectifs basés sur les standards plutôt que sur des critères de goût.

La principale subdivision en variétés est basée sur la couleur. Dans certaines races, un très grand nombre de couleurs est accepté. Dans d’autres races, le nombre de couleurs est très restreint. Certaines couleurs ne sont pas acceptées par toutes les organisations félines.

Une autre subdivision en variétés est la longueur de poils.

Souvent, lorsqu’il existe les variétés à poil court et à poil long (parfois sous des noms de race différents), les mariages sont autorisés. Comme le gène du poil long est un gène récessif, il nait alors des chatons à poil court porteurs du gène à poil long et susceptibles de donner naissance à des descendants à poil long. Ces chats sont appelés variants et sont identifiés en tant que tels afin de faciliter le travail de sélection dans la race. Les règles suivantes sont appliquées aux mariages concernés :

Poil court + poil court = poil court

Poil long + poil long = poil long

Poil court + poil long = variant

Poil court + variant = variant

Poil long + variant = variant ou poil long

variant + variant = variant ou poil long

Les variants ne sont pas identifiés en tant que tels dans tous les livres d’origine.

 

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Persian Blue © Giuseppe Mazza

CATEGORIE POIL LONG

Races à poil long

PERSAN - CHINCHILLA ( PERSAN de la division TIPPED ) - HIMALAYEN ( PERSAN de la division POINTED ) - EXOTIC SHORTHAIR

Pour le commun des mortels (qui, pauvres humains n’ont qu’une seule vie, contrairement aux chats), il y a les chats à poil long et les chats à poil court. D’ailleurs, certaines associations félines comme la CFA adoptent ce point de vue.

Cependant, de toutes les races à poil long, la fourrure du persan (poils de jarre) est vraiment plus longue. En outre, les poils de taille moyenne (poil de garde) sont abondants, ce qui augmente la densité de cette fourrure et donne cet apparence vaporeuse chez un persan bien toiletté. C’est pourquoi certaines associations félines considèrent séparément les chat à poil long (le persan) et les chats à poil mi-long (les autres).

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Norwegian © Giuseppe Mazza

De nombreuses générations d’élevage ont donné au persan son air particulier au visage aplati que l’on ne peut confondre avec nul autre.

Et c’est ce look bien spécifique que l’on retrouve chez sa variété à poil court, l’exotic shorthair.

Traditionnellement, l’exotic shorthair est jugé avec les persans dont il partage le standard au lieu d’être jugé avec les chats à poil court.

Certaines couleurs de persans bénéficient d’une appellation spécifique : chinchilla, himalayen, caméo.

 

CATEGORIE POIL MI-LONG

Races exclusivement à poil mi-long :

ANGORA TURC - MAINE COON - NORVEGIEN - TURC DU LAC DE VAN - SACRE DE BIRMANIE- SIBERIEN - YORK CHOCOLAT

Chez les races à poil mi-long, les poils de taille moyenne (poil de garde) sont à peu près de même taille que les poils les plus longs (poil de jarre), ce donne une fourrure qui plaque mieux au corps, augmentant leur ressemblance avec les poils courts.

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Singapura Sepia Agouti © Giuseppe Mazza

En outre, ceci assure l’étanchéité de cette fourrure, ce qui a valu à l’Angora turc et au turc du lac de Van la réputation de chat nageur. De plus, chez la plupart des races à poil mi-long, le sous-poil est quasiment absent, ce qui leur donne une fourrure peu susceptible de s’emmêler.

Races à la fois à poil mi-long et à poil court :

AMERICAN BOBTAIL - AMERICAN CURL - BRITISH - JAPANESE BOBTAIL - KURILIAN BOBTAIL - LAPERM - MUNCHKIN - PIXIE BOB - SELKIRK REX - SELKIRK STRAIGHT - TONKINOIS

Les races à poil court sont les plus nombreuses. Chacune a ses passionnés et elles présentent l’avantage non négligeable d’une fourrure facile à entretenir.

Il n’empêche que les fourrures à poil long continuent à séduire par leur beauté… Et quelques éleveurs se sont parfois demandé « qu’est-ce que ça donnerait avec des poils longs… »

Certains ont sauté le pas et introduit le gène du poil long à l’aide de croisements, puis ont sélectionné les résultats ainsi obtenus pour retrouver les caractéristiques de la race originelle. C’est ainsi que de nombreuses race à poils court ont une variété à poil long, sous le même nom ou sous un autre nom.

Dans certaines races, la légende parle d’une mutation spontanée. De toutes façons, c’est par le travail de sélection des éleveurs que l’on obtient la qualité nécessaire pour que la variété à poils longs puisse être reconnue.

Races ayant une correspondance à poil court :

SOMALI - TIFFANY - CALIFORNIAN REX - CYMRIC - SHIRAZI - MANDARIN - NEBELUNG - BALINAIS - HIGHLAND FOLD - HIGHLAND STRAIGHT

 

CATEGORIE POIL COURT

Chez le chat, la fourrure est composée de 3 sortes de poils : le poil de garde (les poils les plus longs, ceux qui composent la couverture), le poil de jarre (poil de taille intermédiaire qui forme un coussin isolant) et le sous-poil.

Le sous-poil et le poil de jarre sont de couleur unie. Le poil de jarre est formé de bandes colorées qui donnent à la fourrure ses différentes teintes.

Certains gênes spécifiques modifient la texture du poil. La sélection des chats présentant ces particularités génétiques a permis la création de races spécifiques.

La forme récessive du gène R est responsable de l’absence de poils de jarre. Le chat n’a donc que les poils les plus courts (sous-poil et poil de garde) qui sont courts et ondulés. Ce gène est caractéristique du Cornish Rex.

La forme récessive du gène Re donne une longueur courte aux trois types de poils qui de fait sont ondulés. Ce gène est caractéristique du Devon Rex

La forme dominante du gène Se rend les poils frisés et abondants. Ce gène est caractéristique du Selkirk Rex.

La forme dominante du gène Wh rend les poils très frisés et durs au toucher. Ce gène est caractéristique de l’American Wirehair.

La forme récessive du gène hr est responsable de l’absence quasi-totale des trois types de poil. Ce gène est caractéristique du Sphynx.

La forme dominante du gène Hp est lui aussi responsable de l’absence quasi-totale des trois types de poil. Ce gène est caractéristique du Donskoy et du Peterbald.

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Abyssin © Giuseppe Mazza

Races exclusivement à poil court :

AMERICAN SHORTHAIR - AMERICAN WIREHAIR - BENGAL - BOMBAY - BURMESE AMERICAIN - CALIFORNIA SPANGLED - CEYLAN - CHARTREUX - CHAUSIE - DEVON REX - DONSKOY - EUROPEAN SHORTHAIR - GERMAN REX - HAVANA BROWN - KORAT - OCICAT - PETERBALD - RAGDOLL - SAVANNAH - SINGAPURA - SNOWSHOE - SOKOKE - SPHYNX - THAI

Races ayant une correspondance à poil long :

EXOTIC SHORTHAIR

Races ayant une correspondance à poil mi-long :

ABYSSIN - ASIAN - BURMESE ANGLAIS - BURMILLA - CORNISH REX - MANX - MAU EGYPTIEN - ORIENTAL - RUSSE - SIAMOIS - SCOTTISH FOLD - SCOTTISH STRAIGHT

 

 

Les correspondances entre races :
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Les archives photographiques de Giuseppe Mazza

Panthera leo : rare mutation au pelage blanc. Il ne s’agit pas d’un albinos.

Panthera leo : rare mutation au pelage blanc. Il ne s’agit pas d’un albinos.

Panthera leo : rare mutation au pelage blanc et la forme normale.

Panthera leo : festin nocturne avec un buffle

Panthera leo : le petit déguste sa première viande, les abas d’un gnu

Panthera leo avec ses petits - Lynx caracal - Lynx lynx

Panthera pardus

Panthera pardus

Panthera pardus : adulte et petit

Panthera pardus : petit mélanique - Felis rufa (= Lynx rufus ) : le Bobcat américain

Leopardus guigna ( = Oncifelis guigna ) : le chat du Chili, connu comme Kodkod

Panthera tigris : forme normale et tigre blanc

Panthera tigris - Neofelis nebulosa

Neofelis nebulosa

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Acinonyx jubatus

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Acinonyx jubatus

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Acinonyx jubatus

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Acinonyx jubatus

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Acinonyx jubatus - Leptailurus serval - Panthera onca

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Puma concolor coryi

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Puma concolor coryi

Felis silvestris Européen - Felis silvestris Persan - Felis silvestris Siamois - Felis silvestris Sacré de Birmanie - Felis silvestris Persan - Felis silvestris Abyssin

Felis silvestris Abyssin Bleu

Felis silvestris Abyssin ( Wild ) Usual - Felis silvestris Bengal Brown Spotted Tabby

Felis silvestris Bengal Brown Spotted Tabby

Felis silvestris Bengal Brown Spotted Tabby - Felis silvestris Bengal Brown Marble

Felis silvestris Bengal Brown Marble - Felis silvestris York Chocolat

Felis silvestris British Longhair White

Felis silvestris British Longhair White - Felis silvestris Chartreux Bleu

Felis silvestris Burmese Chocolate - Felis silvestris Burmese Brown - Felis silvestris Devon Rex

Felis silvestris Devon Rex

Felis silvestris Devon Rex

Felis silvestris Exotic Shorthair Blue Blotched

Felis silvestris Exotic Shorthair Blue Blotched

Felis silvestris Exotic Shorthair Brown Blotched - Felis silvestris Maine Coon Red Blotched Tabby

Felis silvestris Maine Coon Red Blotched Tabby - Felis silvestris Maine Coon

Felis silvestris Maine Coon

Felis silvestris Maine Coon - Felis silvestris Scottish Fold Tortie

Felis silvestris Norvégien Brown Blotched Tabby - Felis silvestris Norvégien Black Silver Blotched

Felis silvestris Norvégien Black Silver Blotched - Felis silvestris Oriental Cinnamon

Felis silvestris Oriental Cinnamon - Felis silvestris Russe

Felis silvestris Russe

Felis silvestris Russe - Felis silvestris Ragdoll Blue Tabby

Felis silvestris Singapura Sepia Agouti - Felis silvestris Persan Bicolor Creme & White

Felis silvestris Persan Bleu

Felis silvestris Persan Bicolor Blue & White - Felis silvestris Persan Blue Cream

Felis silvestris Persan Blue Cream - Felis silvestris Persan Blue Colourpoint - Felis silvestris Sphynx Red

Felis silvestris Sphynx Red - Felis silvestris Sphynx Tortie & White

Felis silvestris Sphynx Tortie & White

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Felis silvestris Sphynx Tortie & White - Felis silvestris Sphynx Red

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Felis silvestris Mau égyptien Silver

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Felis silvestris Felis silvestris Mau égyptien Silver - Felis silvestris Abyssin

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Felis silvestris Abyssin

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felin54

Felis silvestris Abyssin - Felis silvestris Burmese - Felis silvestris Chartreux

Felis silvestris Chartreux

Felis silvestris Chartreux - Felis silvestris Chausie

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Felis silvestris Chausie

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Felis silvestris Chausie - Felis silvestris European shorthair - Felis silvestris Maine Coon

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Felis silvestris Maine Coon

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Felis silvestris Maine Coon - Felis silvestris Ragdoll - Felis silvestris Nebelung

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Felis silvestris Nebelung - Felis silvestris Oriental

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Felis silvestris Oriental - Felis silvestris Siamois - Felis silvestris Thai Blue Tabby Point

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Felis silvestris Thai Blue Tabby Point - Felis silvestris Thai Seal Point

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Felis silvestris Thai Seal Point - Felis silvestris Russe

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Felis silvestris Russe - Felis silvestris Sphynx

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Felis silvestris Sphynx - Felis silvestris Scottish Fold

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Felis silvestris Scottish Fold

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Leptailurus serval - Panthera tigris

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Panthera tigris

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Panthera tigris

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Panthera tigris - Lynx lynx

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Lynx lynx - Felis silvestris - Kurilian Bobtail

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Felis silvestris - Kurilian Bobtail - Felis silvestris - Peterbald - Felis silvestris - Savannah

 

© Giuseppe Mazza

→ Reportage LIONS BLANCS

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