Ficus benjamina

Famille : Moraceae

Texte © Pietro Puccio

 

 

Traduction en français par Michel Anciaux

 

 

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Ce Ficus benjamina, au Sri Lanka, dépasse de loin la taille habituelle © Giuseppe Mazza

La plante est originaire d’Australie (Northern Territory et Queensland), Bhutan, Cambodge, Chine (Guangdong, Guangxi, Guizhou, Hainan et Yunnan), Inde, Indonésie, Malaisie, Myanmar, Népal, Papouasie Nouvelle Guinée, Philippines, Iles Salomon, Thaïlande and Viet Nam, où elle pousse dans les forêts humides jusqu’à 800 m d’altitude.

Le nom de genre vient du nom latin, utilisé pour le figuier commun ( Ficus carica ).

L’origine du nom de l’espèce est incertaine, provient probablement de "benjoin", une résine obtenue à partir d’arbres tropicaux et que l’on pensait produite aussi par cette plante.

Noms vernaculaires : Benjamin fig, benjamin-tree, Java fig, Java-tree, Malayan banyan, oval-leaf fig tree, tropic-laurel, weeping Chinese banyan, weeping fig, weeping-laurel (Anglais) ; beniamino, benjamin, ficus beniamina (Italien) ; figuier pleureur (Français) ; waringin (Hindi) ; wariengien (Indonésien) ; beringan, figueira-banjamina (Portuguais) ; laurel de Indias (Espagnol) ; árbol benjamín, benjamina, ficus benyamina, matapalo (Espagnol) ; Benjamin-feige, Benjamin-gummibaum, Birkenfeige (Allemand).

Le Ficus benjamina L. (1767) est un arbre sempervirent (toujours vert), atteignant 20 m de hauteur, avec un tronc de 50 cm de diamètre, à l’écorce blanc grisâtre et une couronne ample avec production possible de racines aériennes à partir des branches principales ; les jeunes branches sont pendantes. Les feuilles sont plutôt coriaces, sur un pétiole court, alternes, de forme ovoïde à elliptique avec un bord entier et bout pointu, de 3 à 10 cm de long et 2 à 5 cm de large, de couleur vert foncé sur la face supérieure.

Les inflorescences sont des sycones, en forme d’outres qui entourent complètement les fleurs qui sont seulement accessibles par une ouverture apicale, enveloppée par trois minuscules écailles ( celles du Figuier commun Ficus carica en sont un exemple typique ).

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Feuilles panachées comme ici chez le Ficus benjamina Starlight © Giuseppe Mazza

Les sycones, produites sur les jeunes branches, sont axillaires, sessiles (sans pétioles), solitaires ou par paires, de forme variable : de forme plus ou moins globuleuses à piriformes, de 0.8 à 1.2 cm de diamètre, avec une couleur allant du jaune au rouge pourpre à maturité, avec des fleurs femelle et mâles présentes en même temps dans le syconium.

Pour obtenir la fructification, la présence d’un insecte pollinisateur est nécessaire ; il est bien connu que chaque espèce de Ficus est associée à un insecte spécifique de la famille des Agaonidae ( dans le cas présent, l’ Eupristina cyclostigma Wiebes, 1992 ), qui à son tour ne peut se reproduire que si l’espèce de Ficus à laquelle il est associé, est présente.

Les fruits (akènes), presque réniformes, sont d’environ 2 x 1 mm, ne peuvent contenir qu’une seule graine.

Il se propage par graines, placées superficiellement sur un substrat organique, gardé humide en permanence, en position lumineuse, et à une température comprise entre 22 et 24 °C.

Dans la nature, il peut pousser en tant qu’épiphyte sur d’autres arbres, entourant leur tronc avec ses racines qui atteignent le sol, et pouvant les étouffer, après quelques années. Il se reproduit aussi par bouturage et par marcotte aérienne, au début de l’été.

C’est une espèce très diffusée et appréciée dans les zones climatiques tropicales et subtropicales, grâce à sa croissance rapide et sa grande couronne élégante et touffue, et avec ses jeunes branches pendantes, aussi bien en tant que spécimen isolé, dans les parcs et jardins, que comme arbre dans la rue. A l’âge adulte, il peut résister à des baisses exceptionnelles de température, jusqu’à -3 °C, pendant une courte période, même si son feuillage peut en être endommagé.

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Les inflorescences sont des sycones jaunes ou rouges de 0,8-1,2 cm © Giuseppe Mazza

Le sol a peu d’importance, même pauvre, il peut résister une fois adulte à des périodes de sécheresse ; il a aussi une résistance modérée au vent et à la salinité, et porte assez bien l’élagage. Les aspects négatifs sont la production abondante de fruits, ce qui est ennuyeux lorsqu’ils tombent sur une zone de passage, et l’appareil racinaire, superficiel et envahissant, qui doit être soigneusement pris en compte lors de la plantation.

En tant que plante d’intérieur, c’est une des plantes les plus populaires pour la décoration, grâce à ses variétés innombrables et bigarrées ; elle doit être cultivée en condition très lumineuse, à une température supérieure à 12 °C.

L’arrosage doit être abondant en été, tout en évitant le surplus d’eau stagnante qui peut se révéler dangereuse, tout en permettant à la terre de sécher complètement avant un nouvel arrosage ; celui ci doit être modéré en hiver.

En appartement, le problème le plus souvent rencontré est la chute inattendue des feuilles : si le phénomène est limité et se produit au début de l’hiver, il s’agit du remplacement normal des feuilles ; s’il est important, les causes peuvent être diverses, une des plus fréquentes étant le changement de position, alors qu’une plante n’aime pas les déplacements ; si nécessaire, un engrais hydro soluble, donné dans les jours précédents peut aider à surmonter cette crise et à minimiser la perte du feuillage. D’autres causes incluent une luminosité insuffisante, une température trop basse, une atmosphère trop sèche, les courants d’air ou des variations soudaines de température.

Les élagages, modérés, doivent être réalisés fin de l’hiver pour maintenir un aspect compact.

La plante est sujette aux attaques d’acariens (araignées rouges) et de cochenilles.

Feuilles et écorces sont utilisés en médecine traditionnelle. Le feuillage est toxique en cas d’ingestion et le contact avec la sève (laiteuse) peut provoquer des réactions allergiques, en particulier chez les personnes qui y sont sensibles.

Synonymes : Ficus nitida Thunb. (1786) ; Ficus lucida Aiton (1789) ; Ficus pyrifolia Salisb. (1796) ; Ficus comosa Roxb. (1799) ; Ficus striata Roth (1821) ; Ficus pendula Link (1822) ; Ficus reclinata Desf. (1829) ; Ficus dictyophylla Wall. (1831) ; Ficus notobor Buch.-Ham. ex Wall. (1831) ; Ficus haematocarpa Blume ex Decne. (1834) ; Ficus neglecta Decne. (1834) ; Ficus parvifolia Oken (1841) ; Ficus nepalensis Blanco (1845) ; Urostigma nudum Miq. (1847) ; Ficus papyrifera Griff. (1848) ; Ficus nuda (Miq.) Miq. (1867) ; Ficus umbrina Elmer (1906) ; Ficus cuspidatocaudata Hayata (1919) ; Ficus xavieri Merr. (1922).

 

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