Humulus lupulus

Famille : Cannabaceae

 

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Texte © Eugenio Zanotti

 

 

Traduction en français par Michel Olivié

 

 

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Les inflorescences femelles de Humulus lupulus sont des strobiles ovoïdes membraneux © Giuseppe Mazza

Le nom binominal latin a pour origine les mots « humus, humeo » = terre humide, humus, être humide , à cause des milieux où cette plante pousse de préférence et de « lupus , lupus salicarius » , c’est-à-dire loup des saules parce que Pline avait remarqué que les tiges volubiles du houblon s’entortillaient autour des jeunes plants d’osier poussant le long des rives des cours d’eau et les étouffaient.

Le genre comprend, en plus de Humulus lupulus , seulement deux autres espèces, une originaire du Japon, Humulus scandens (Lour.) Merril (1846) (Alt. Humulus japonicus ), naturalisée aussi en Europe, et Humulus yunnanensis Hu (1936) originaire de la Chine ( province du Yunnan ).

Le Houblon commun ( Humulus lupulus - L. 1753) a une distribution européo-caucasienne, c’est-à-dire circumboréale ( Europe, Asie occidentale, Sibérie et Amérique du Nord ).

C’est une plante grimpante, lianeuse, pérenne, dotée d’un gros rhizome tortueux et charnu d’où partent des tiges herbacées, fistuleuses, volubiles, souvent de couleur rougeâtre, à enroulement senestre, presque ligneuses à maturité, entremêlées avec d’autres plantes, ayant des poils rigides et recourbés ( qui facilitent sa montée sur les buissons, les arbres, les poteaux , les filets métalliques et autres supports ) et longues jusqu’à 3 à 6 m ( moins de 10 ).

Les feuilles sont opposées sur les pieds mâles et alternes sur les pieds femelles, avec un long pétiole, cordées à leur base, et des stipules ( 7 x 10 mm). Celles du bas sont palmées-lobées avec 3 ( à 5 ) lobes ovales-acuminées au bord dentelé ; celles du haut sont entières avec des nervures principales et des pétioles spinuleux.

C’est une plante dioïque qui fleurit de mai à août ; ses inflorescences sont pendantes et en forme de glande. Les mâles forment des panicules avec des fleurs blanches-jaunâtres ( 4 mm ) alors que les femelles sont pendantes et forment des strobiles ovoïdes ( 3 à 4 x 3 cm ) avec des bractées et des bractéoles membraneuses de 9 x 12 mm, vert clair à jaune-brunâtre lors de la fructification et dotées à l’intérieur de glandes jaunes secrétant une substance résineuse fortement aromatique.

Les fruits sont de petits akènes ovales dont la forme est semblable à celle de minuscules châtaignes , de couleur d’abord vert-brun puis tendant vers le gris cendré , et semblables à ceux du chanvre. Le houblon est fréquent dans les bois des ripisylves, les aulnaies, les haies, les bords plantés d’arbres des fossés et la végétation synanthropique de la plaine jusqu’à 1.200 m d’altitude.

Que ce soit pour leurs usages en phytothérapie ou leur utilisation dans les brasseries les inflorescences femelles sont récoltées de fin août à septembre quand elles sont de couleur jaune doré avec les bractées non encore ouvertes, l’après-midi par temps sec et ensoleillé. On les dispose ensuite sur des tables en fines couches et on les fait sécher à l’ombre dans des locaux ventilés ou chauffés à 40 à 50 °C. On les conserve, pas plus d’un an, dans des récipients en porcelaine ou en verre foncé à l’abri de la lumière.

Les pieds femelles du houblon sont cultivés dans des houblonnières dans le monde entier, surtout dans sa zone tempérée, pour l’industrie de la bière qui utilise les inflorescences pour donner à la célèbre boisson sa caractéristique saveur amère et son parfum aromatique ( que l’on peut bien percevoir aussi en goûtant les glandes jaunes résineuses qui se forment en été sur les cônes femelles ) . Certaines substances contenues dans la lupuline ont des propriétés antibiotiques, synergisées par l’acide ascorbique , qui favorisent une fermentation correcte et une bonne conservation.

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C’est une espèce dioïque. L’inflorescence du pied mâle est un panicule © Giuseppe Mazza

Les premières mentions sur la culture du houblon remontent à l’époque carolingienne, au VIIIe siècle, quand Pépin, le père de Charlemagne, fit don à l’Abbaye de St-Denis, près de Paris, de ses cultures de houblon.

Les principaux pays producteurs au monde sont les États-Unis, l’Allemagne, la Chine, la République Tchèque, la Pologne et la Grande-Bretagne. On cultive de nombreuses variétés aromatiques ( Cascade, Fuggles, Hallertau Mitterfruh, Hersbrucher, etc...) et des variétés amérisantes ( Brever’s Gold, Cluster, Chinook, Glena, etc...) dont les cônes judicieusement mélangés et ajoutés à divers moments de la préparation donnent aux bières des caractéristiques uniques.

Le houblon est surtout victime d’attaques de nature fongique : la Péronospora ( Pseudoperonospora humuli ), l’Oïdium ou Mal blanc ( Podosphaera macularis ) et la Septoria ( Septoria humuli ) qui tache les feuilles et peut compromettre la production des cônes si l’attaque survient pendant la phase de maturation.

Les principaux constituants des cônes sont le lupulin qui est présent dans les glandes recouvertes par les bractées et qui contient de la lupuline, de l’acide lupulinique, du xanthohumol, de l’humulone et des dérivés, des hormones œstrogènes végétales, de l’huile essentielle constituée principalement de myrcène, de caryophyllène, de dépenthène, de linalol et de géraniol, de l’inuline, des substances tanniques, des terpènes, des tanins, des résines, des sels minéraux et des substances ayant des propriétés bactéricides notables ( lupulone ou acide bêta-lupolique, humulone ).

Les cônes entiers et le lupulin ont des propriétés sédatives-dépressives du système nerveux qui sont utiles dans les états d’angoisse et les affections d’origine nerveuse de l’appareil digestif ; ils ont aussi des propriétés hypnotiques, anaphrodisiaques, eupeptiques, stomachiques amères, diurétiques, toniques, anti-inflammatoires et inhibitrices du développement du Staphilococcus aureus, Bacillus subtilis, Trichophyton interdigitale, Candida albicans, Escherichia coli, Helicobacter pilori.

L’action des principes actifs du houblon sur le plan sexuel et spécialement son action calmante de l’hyperexcitabilité sexuelle est connue depuis plus de 15 siècles et a fait l’objet de diverses recherches après que l’on eut remarqué que les jeunes femmes employées pour la récolte et la préparation des inflorescences de cette plante s’apercevaient, après un petit nombre de jours de travail, que leurs menstruations apparaissaient à une date qui ne correspondait pas à leur dernier cycle et constataient en même temps un gonflement de leurs seins. De même en phytocosmétique les préparations à base d’inflorescences sont conseillées, en raison de leur action œstrogénique, comme émollients, relaxants et tonifiants pour les peaux vieillissantes, rugueuses et relâchées.

Dans le passé on conseillait aux personnes insomniaques et à celles souffrant de névralgies du cou et de la tête d’utiliser pendant leur sommeil un coussin rempli d’inflorescences sèches de houblon. Jusqu’aux premières années du siècle passé les tiges du houblon étaient récoltées en hiver, après la chute des feuilles, et utilisées pour faire des cordes et tresser des nattes et des sacs.

Les inflorescences (« Lùpoli strobilus » ou « Lupluli flos » ) sont utilisées pour préparer des tisanes sédatives utiles tant pour les états d ’angoisse que pour les affections d’origine nerveuse de l’appareil digestif, les dyspepsies et les atonies gastriques, l’éréthisme sexuel, l’anxiété, les syndromes prémenstruels, les montées de lait difficiles et les bouffées de chaleur.

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Il porte des fleurs minuscules de 4 mm. Pour les usages médicinaux seuls sont utilisés les cônes femelles © Giuseppe Mazza

Les bourgeons, qui ont diverses appellations populaires, et principa- lement ceux des pieds mâles qui sont rougeâtres, gros et pleins de sève, sont récoltés de mars à la première moitié d’avril et connus et appréciés comme constituant un très bon légume, bouillis, panés et frits, en omelette goûteuse, dans les risottos, les potages, les purées, etc...

Préparations :

Infusion calmante et somnifère

Remplir jusqu’au bord une cuillère d’inflorescences femelles pilées dans une tasse d’eau bouillante. Laisser infuser un quart d’heure. Sucrer avec du miel et boire tiède une demi-heure avant d’aller se coucher.

Coussin calmant anti-douleur

Remplir la taie d’oreiller d’un petit coussin ou d’un petit sac de toile contenant des cônes ( ou strobiles ) de houblon, Ajouter une poignée de fleurs de lavande. Réchauffer tout près d’un poêle ou d’un radiateur et appliquer sur les parties touchées par les douleurs névralgiques ( trigéminale, sciatique ) , les torticolis, les lombalgies, etc...

Comprimés neuro-sédatifs

0,25 grammes de cônes de houblon réduits en poudre pour un comprimé ou une capsule à administrer 3 fois par jour avant les repas.

Synonymes : Lupulus humulus Mill. (1768) ; Cannabis lupulus Scop. (1772) ; Lupulus scandens Lam. (1778) ; Lupulus communis Gaertn. (1778) ; Lupulus amarus Gilib. (1792) ; Humulus volubilis Salisb. (1796) ; Humulus volubilis Salisb. (1796) ; Humulus vulgaris Gilib. (1798) ; Humulus vulgaris Gilib. (1798) ; Humulus lupulus var. cordifolius (Miq.) Maxim. ex Franch. & Sav. (1878) ; Humulus lupulus lupoloides Lam. (1891) ; Humulus lupulus neomexicana Lam., 1891 ; Humulus lupulus var. neomexicanum A.Nelson & Cockerell (1903) ; Humulus pubescens R. Knuth (1926) ; Humulus lupulus var. lupuloides E.Small (1979) ; Humulus lupulus subsp. americanus (Nutt.) Á.Löve & D.Löve (1982).

 

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