Géraniums impériaux : grandes fleurs, printemps spectaculaire

→ voir aussi GERANIACEAE

 

Traduction en français de Christiane Lombardi

 

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Géraniums des fleuristes, Géraniums impériaux, Géraniums à cinq taches, Géraniums papillon, tous ces noms résument les qualités horticoles indubitables des hybrides classifiés autrefois comme Pelargonium macranthum et appelés plus correctement aujourd’hui Pelargonium x domesticum.

Ils dérivent essentiellement du Pelargonium cucullatum introduit en Europe par le naturaliste hôte de la Compagnie des Indes hollandaises Paul Hermann qui l’avait cueilli en 1672 non loin de Cap Town, sur les versants de la Table Mountain, où il forme aujourd’hui encore de grands massifs avec de denses inflorescences rose pourpre.

On le baptisa « cucullatum », le « capuchon », pour ses feuilles repliées en cône vers l’intérieur, et hybridé semble-t-il à plusieurs reprises avec les Pelargonium angulosum, grandiflorum, capitatum et fulgidum, il donna naissance à des variétés spectaculaires très en vogue au siècle passé, d’où sont sorties les variétés actuelles.

De grandes feuilles dentées sans dessins, souvent énormes, légèrement parfumées et velues ; et des fleurs spectaculaires, les plus grandes du genre, avec 5 à 9 pétales de 7 à 10 cm de diamètre, souvent bicolores ou tricolores, ornés de taches et motifs en forme de plume. Tendancieusement plats, ils assument souvent un aspect campanulé, parce que serrés comme ils le sont l’un contre l’autre, ils n’arrivent pas vraiment à s’épanouir ; et les plissements des pétales, débordant généreusement sur les côtés, donnent parfois l’impression d’une corolle double.

Malheureusement, après leur performance printanière, rares sont les Géraniums impériaux qui refleurissent. Alors livrés en série comme les azalées ou les cyclamens, ils alimentent souvent le triste marché des « plantes à perdre » : ornements éphémères pour la maison ou le balcon, ils pourraient vivre des décennies avec un minimum d’attention, atteignant jusqu’à 2 m de hauteur, avec des tiges de 2 à 3 cm d’épaisseur.

Parmi les variétés que l’on trouve le plus souvent, coupées court pour donner à la plante un aspect compact, le Gran Slam domine, créé par Schmidt en 1950, aux pétales vermillon ; le Mikado, semblable mais rosé ; Fabiola, rose avec des taches et des stries rouges de diverses grandeurs ; et Lisa, aux délicates nuances couleur pêche.

On est frappé par le blanc immaculé de Virginia, le marron foncé de Morwenna, les cinq taches rouges de Gloriette sur fond légèrement rosé, les zonations folles de Eckmann, le triomphe du rose du Belvedere, les nuances violacées insolites du Letha Lilla, et les corolles veloutées, virant au noir, du Black Velvet. Teintes sombres, pourprées, aspect vieillot évoqués aussi par le Pompei et le Burgundi, créé en 1946.

Les croisements de géraniums comme ceux avec le Pelargonium crispum, une espèce parfumée aux petites feuilles frisées, ont donné des formes naines appelées « Angel ». C’est le cas du Catford Belle, aux feuilles minuscules par rapport aux fleurs ; alors que d’autres variétés naines comme Sancho Panza, aux feuilles pratiquement inodores, dériveraient de mutations et sélections opérées directement sur le Géranium impérial.

Des variétés insolites, de taille moyenne, ne manquent pas non plus, comme le Royal Ascott, à la base blanche et aux pétales rouge sang ; Beromunster, où la base blanche s’élargit, poussant la tache rouge jusqu’au haut du pétale ; et le Marchione of Bute créé en Angleterre avant 1940, aux nuances vineuses et aux pétales retroussés voltigeant en un fol cancan.

LES DIFFERENCES

Les Géraniums impériaux supportent mieux le froid que les géraniums classiques, mais demandent aussi plus de soins. En été leurs grandes feuilles évaporent beaucoup d’eau et sont donc plus sensibles à la soif ; et en hiver, vu qu’on ne peut guère les garder au sec, ils risquent facilement de pourrir.

Les racines, plus fines, demandent plus d’attention lors des transplantations ; et pour ne pas froisser leurs grands pétales, il convient d’éviter de les exposer en des lieux battus par la pluie et les vents.

Leur croissance aussi est différente. Sans une bonne dose de froid, les bourgeons ne s’ouvrent pas. Les pépiniéristes le savent bien qui, après avoir fait croître les boutures en serres réchauffées à 15-16 degrés C, abaissent en janvier-février la température à 8-10 degrés la nuit pendant 5 à 6 semaines, jusqu’à l’apparition des premières inflorescences.

Un vrai travail d’expert, sans parler de l’usage des (nanizzanti) tel le CCC à 0,2% pour rendre la (chioma) plus compacte, et des traitements sans relâche contre la mouche blanche et les moisissures provoquées par les champignons Botrytis.

CULTURE

Tout cela ne doit pas effrayer les dilettantes qui n’ont pas besoin de créer en des temps record de « supergéraniums » en pots pour allécher le client. Les risques de maladies sont faibles avec une petite quantité de plantes, et les climats méditerranéens répondent bien aux exigences de l’espèce.

A la Riviera et sur la Côte d’Azur, il n’est pas rare de trouver des exemplaires majestueux, accrochés aux murs, qui croissent pratiquement seuls ; et sur les terrasses, bien des variétés défient les intempéries et la salinité, se contentant d’une banale installation d’irrigation goutte à goutte. Le terreau, léger mais substantiel, doit être légèrement acide (pH compris entre 5,5 et 6,5), avec 10 à 20% d’argile ou terre du jardin, pour augmenter le pouvoir tampon ; et pour une bonne floraison, il convient d’utiliser un fertilisant riche en potassium, du type 1/0/2 ou 1/1/2 NPK.

Avec une dépense insignifiante, le fertilisant utilisé pour la culture des tomates peut être conseillé, et pour prolonger la floraison printanière avec l’émission de nouveaux bourgeons, il est recommandé d’éliminer tout de suite les fleurs fanées.

L’amateur de géraniums en pots qui, habitant à la mer, possède une maison de vacances à la montagne, leur donne une deuxième chance de fleurir.

Après la première floraison méditerranéenne, il suffit de tailler légèrement les plantes puis de les transférer à 700-1000 m d’altitude. Là, au frais, après quelques semaines de repos, les Géraniums impériaux repartent vigoureux comme si de rien n’était.

Les boutures se préparent en août selon les techniques habituelles, en choisissant les branches qui n’ont pas fleuri ; et pour un résultat harmonieux, en buisson, les plantes seront écimées au moins deux fois.

© Giuseppe Mazza

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