Nymphaea rubra

Famille : Nymphaeaceae

Texte © Pietro Puccio

 

 

Traduction en français par Michel Olivié

 

 

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Les fleurs de la Nymphaea rubra, larges jusqu’à 15 cm, ne s’ouvrent que la nuit durant quatre jours © Giuseppe Mazza

Cette espèce est originaire du Bangladesh et de l’Inde ( Andhra Pradesh, Assam, Bihar, Madhya Pradesh, Tamil Nadu, et West Bengal ) où elle est présente dans des étangs, des lacs peu profonds et des marais où la profondeur de l’eau est de 0,2 m à 1 m.

Le nom du genre vient du latin "nymphae" = nymphes, des divinités qui dans la mythologie latine habitaient dans les bois, les mers, les fleuves et les lacs ; le nom latin de l’espèce "rubra" = rouge fait référence à la couleur des fleurs.

Noms communs : crimson water lily, India red water lily, red water lily (anglais), lotus rouge, nénuphar rouge (francese), ninfea rossa ( italien ), ninféia vermelha (portugais), nenufar rojo (espagnol), rote Seerose (allemand).

La Nymphaea rubra Roxb. ex Andrews ( 1808 ) est une plante herbacée pérenne d’eau douce au rhizome dressé et enraciné dans le sédiment du fond qui produit de fins stolons.

Elle a des feuilles solitaires situées à l’extrémité d’un robuste pétiole pubescent de 1,5 cm de diamètre parcouru au centre par 6 à 7 canaux principaux entourés d’autres canaux plus petits où existe de l ’air qui assure la flottaison et les échanges gazeux entre les feuilles et les racines.

Les feuilles sont peltées ( le pétiole est implanté presque au centre du limbe ), ovées, aux bords dentelés légèrement ondulés, de 20 à 40 cm de diamètre, lisses en partie supérieure, hydrofuges, de couleur rouge foncé à l’origine puis virant avec l’âge au vert olive, pubescentes en partie basse, flottantes ou surmontant de peu la surface de l’eau. Les feuilles immergées sont sagittées ou cordées, de couleur rougeâtre.

Les fleurs, d’environ 15 cm de diamètre, sont solitaires, disposées à la surface de l’eau sur un pédoncule également doté de canaux où de l’air est présent. Elles ont 4 sépales cartacés, oblongs-lancéolés, à l’apex formant un angle obtus, de couleur rouge vif, 16 à 28 pétales d’elliptiques à oblancéolés, de 4 à 6 cm de long, de couleur rouge pourpre et 60 à 90 étamines, de 3 à 5 cm de long et de couleur rouge.

Les fleurs, légèrement parfumées, qui s’ouvrent la nuit et se referment le matin pendant quatre nuits consécutives, présentent le phénomène de la protérogynie : le stigmate est réceptif seulement le premier jour alors que le pollen est relâché les jours suivants, ce qui empêche l’auto-fécondation et favorise la fécondation croisée.

À la fin de la floraison le pédoncule s’enroule en spirale en entraînant le fruit en formation au fond de l’eau où s’achève sa maturation.

Les fruits sont des baies sphériques de couleur brun verdâtre qui conservent des traces persistantes des sépales et des pétales et qui ont de 4 à 6 cm de diamètre et contiennent de nombreuses graines noirâtres ellipsoïdes ou sphériques, longues de 1,8 mm, à l’arille spongieux.

Les graines flottent au début grâce à la présence d’air dans l’arille ( l’involucre charnu qui enveloppe le fruit en totalité ou en partie ), ce qui favorise leur dispersion, jusqu’à ce que l’arille se désagrège en s’imprégnant d’eau et laisse tomber les graines sur le fond.

On reproduit cette plante au moyen de ses graines ou, très facilement, par division.

Elle a besoin d’une exposition en plein soleil, d’eaux calmes ou en léger mouvement , faiblement acides ou alcalines ( pH entre 6 et 8 ), de températures élevées , autour de 30 °C pour une meilleure floraison possible, et d’un substrat riche en substances organiques qui peut être constitué d’une couche de terre de jardin, d’une couche d’engrais et d’une autre de gravier en couverture.

C’est une espèce que l’on cultive dans les zones au climat tropical et subtropical où elle fleurit presque continuellement et , marginalement, dans celles au climat tempéré chaud. Ailleurs les plantes peuvent être conservées de l’automne au printemps dans un milieu protégé à la température de 18 à 20 °C.

Elle est très appréciée en aquariophilie à cause de ses feuilles décoratives immergées qu’elle continue de produire en présence d’une luminosité élevée mais il faut avoir soin d’enlever les feuilles qui émergent de l’eau.

Les feuilles jeunes et les tiges sont consommées localement comme légume.

Synonymes : Castalia rubra (Roxb. ex Andrews) Tratt. (1822).

 

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