Oroxylum indicum

Famille : Bignoniaceae

Texte © Pietro Puccio

 

 

Traduction en français par Michel Olivié

 

 

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Peu ramifié, haut jusqu’à 15 m et au tronc de 15 à 30 cm, l’Oroxylum indicum pousse dans le Sud-Est asiatique © Giuseppe Mazza

Cette espèce est originaire de l’Assam, du Bhoutan, du Cambodge, de la Chine (Anhui, Fujian, Guangdong, Guangxi, Henan, Hong Kong, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, Kin-Men, Macao, Ma-tsu-Pai-chuan, Shanghai et Zhejiang), des Philippines, de Java, de l’Inde, des îles Andaman, de la Malaisie péninsulaire, du Myanmar, du Népal, des petites îles de la Sonde, du Sri Lanka, de Sulawezi, de Sumatra, de la Thaïlande et du Vietnam où elle pousse dans les forêts humides, souvent le long des rives des cours d’eau ou sur des versants montagneux, entre 500 et 1.200 m d’altitude.

Le nom du genre résulte de la combinaison des substantifs grecs "oros" = montagne et "xylon " = bois, par référence aux sites montagneux où il est présent ; le nom de l’espèce est l’adjectif latin "indicus, a, um" = de l’Inde, par référence à l’un de ses lieux d’origine.

Noms communs : bat tree, broken bones plant, Damoclès tree, indian trumpet flower, midnight horror, scythe tree, tree of Damoclès (anglais), aralu, bhatghila, toguna (assamais), mu hu die (chinois), bhut-vriksha, dirghavrinta, patrorna, shuran, sonapatha, syonak, tentoo, vatuk (hindi), kampong (malais), aralu, kat- vanga, prthsiumba, soshana, shyonaka (sanscrit), achi pana, arandei, cori-konnai, paiyara-landai, palaiyudaycci, peiarlankei, palagaipayani, vangam (tamoul), nam hoang ba, nuc nac (vietnamien).

L’ Oroxylum indicum ( L. ) Kurz (1877) est un arbre à feuilles caduques ou semi-caduques, peu ramifié, d’une hauteur pouvant atteindre environ 15 m, au tronc cylindrique de 15 à 30 cm de diamètre et à l’écorce brun grisâtre fissurée verticalement. Les feuilles sont opposées, regroupées vers l’extrémité des branches, imparipennées, bi- ou tri-pennées, longues de 0,6 à 1,5 m et larges de 0,9 m. Elles ont des folioles opposées , d’ovées à elliptiques, à l’apex pointu et au bord entier , longues de 5 à 12 cm et larges de 3 à 10 cm. Les axes foliaires sont cylindriques et renflés aux points d’intersection. Secs ils s’accumulent au pied de l’arbre et donnent l’impression de former un tas d’os de bras et de jambes cassés, ce qui est à l’origine d’un de ses noms communs les plus caractéristiques.

Les inflorescences se présentent sous la forme de racèmes terminaux dressés , longs de 0,6 à 1,5 m , qui portent de nombreuses fleurs hermaphrodites sur un pédicelle long de 3 à 6 cm, au calice campanulé, coriace, de 2 à 4 cm de long et de 2 cm de diamètre, à la corolle infundibuliforme d’environ 10 cm de long et de 6 à 8 cm de diamètre, à 5 lobes légèrement repliés vers l’arrière de couleur pourpre rougeâtre à l’extérieur, jaune pâle rosé à l’intérieur et 5 étamines. Les fleurs éclosent la nuit et dégagent une odeur désagréable qui attire les chauves-souris qui assurent la pollinisation.

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Les fleurs éclosent la nuit et sont pollinisées par les chauves-souris. Les jeunes feuilles et les fleurs, crues ou cuites, et les fruits verts bouillis sont consommés comme légume. Prometteuses vertus médicinales © Giuseppe Mazza

Les fruits sont des capsules bivalves ligneuses, plates, en forme de sabre, pendantes, de 0,5 à 1,2 m de long, de 5 à 10 cm de large et d’environ 1 cm d’épaisseur, qui contiennent de nombreuses graines discoïdes, plates, entourées, sauf à la base , d’une grande aile cartacée blanchâtre à demi transparente, de 5 à 8 cm de long et de 3 à 4 cm de large, qui favorise leur dispersion par le vent.

On reproduit facilement cette plante avec ses graines qui germent souvent dans la capsule encore suspendue à l’arbre si les conditions d’humidité sont favorables, par bouturage et au moyen des drageons radicaux qui sont produits en grand nombre.

C’est une espèce à la croissance rapide que l’on cultive dans les régions tropicales et subtropicales où elle peut résister, une fois adulte, à des valeurs de température proches de 0 °C à condition qu’elles soient exceptionnelles et de très courte durée. Elle a besoin d’une exposition en plein soleil ou à demi ombragée et s’adapte facilement à diverses conditions climatiques, de semi-arides à humides, et à divers types de sols.

Toutes les parties de cette plante sont utilisées depuis des temps reculés dans la médecine traditionnelle, où elle occupe une place de premier plan, pour diverses pathologies. Des études en laboratoire ont confirmé la présence de substances bio-actives prometteuses et de nouvelles recherches sont en cours.

En outre les jeunes feuilles et les fleurs, crues ou cuites, et les fruits verts bouillis sont consommés comme légume et de l’écorce, riche en tanins, on extrait un colorant.

Elle est enfin parfois cultivée comme plante d’ornement en raison de son aspect particulier.

Synonymes : Bignonia indica L. (1753) ; Bignonia pentandra Lour. (1790) ; Bignonia tripinnata Noronha (1790) ; Bignonia lugubris Salisb. (1796) ; Spathodea indica (L.) Pers. (1807) ; Calosanthes indica (L.) Blume (1826) ; Bignonia quadripinnata Blanco (1837) ; Hippoxylon indica (L.) Raf. (1838) ; Bignonia tuberculata Roxb. ex DC. (1845) ; Arthrophyllum ceylanicum Miq. (1863) ; Arthrophyllum reticulatum Blume ex Miq. (1863) ; Oroxylum flavum Rehder (1927).

 

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