Oxalis pes-caprae

Famille : Oxalidaceae

Texte © Pietro Puccio

 

 

Traduction en français par Michel Olivié

 

 

JPEG - 75.6 ko
L’oxalis pes-caprae est décorative, riche en vitamine C mais envahissante © Giuseppe Mazza

Cette espèce est originaire de la Namibie et de l’Afrique du Sud ( Province du Cap occidentale, Province du Cap orientale et Province du Cap septentrionale ) où elle pousse dans des zones semi-désertiques ; elle s’est naturalisée, au point de devenir envahissante, dans toutes les zones subtropicales et méditerranéennes.

Le nom du genre résulte de la combinaison des mots grecs "oxys" = acide et "hals, halos" = sel, par référence au goût acidulé et salé de cette plante ; le nom de l’espèce est composé des mots latins "pes" = pied et "caprae" = de chèvre, à cause de la forme des folioles.

Noms communs : Bermuda buttercup, Bermuda oxalis, Bermuda sorrel, buttercup oxalis, buttercup sorrel, Cape sorrel, Cape cowslip, goat’s foot, sourgrass, soursob, South African sorrel, wood sorrel (anglais), de Kaapse klaverzuring, geelsuring, suring (afrikaans), oxalis penché, oxalis pied de chèvre, oxalis des Bermudes, oxalide bouton d’or des Bermudes (français), acetosella gialla, trifoglio giallo (italien), azeda, erva-pata, trevo acedo, trevo azedo (portugais), alfalfillo, agrillo, flor de sueno, pie de cabra, trébol de huerta, vinagrera, vinagrillo (espagnol), Bermuda -Sauerklee, nickender Sauerklee (allemand).

L’ Oxalis pes-caprae L. ( 1753 ) est une espèce herbacée pérenne haute de 5 à 25 cm, dotée d’un bulbe souterrain ovoïde à l’apex pointu, de 1 à 3 cm de long et d’un diamètre pouvant atteindre 1 cm, d’où sort chaque année une tige verticale, épais et charnu dans sa partie terminale située au niveau du sol et entouré sur toute sa longueur de nombreuses bulbilles. La racine, charnue , se rétrécit ( contractile ) et porte des bulbes et des bulbilles en profondeur jusqu’à environ 20 cm et plus.

À l’apex de la tige se trouve une rosette foliaire dont les pétioles sont longs de 3 à 15 cm et se terminent par une feuille composée de trois folioles obcordées, longues de 0,8 à 2 cm et larges de 1,2 à 3 cm, légèrement succulentes, de couleur vert clair, parfois ponctuées de pourpre et dont l’apex est profondément échancré ( émarginé ). Les inflorescences, au nombre 1 à 5, sont axillaires et portées sur un scape long de 15 à 30 cm ; ce sont des cymes ombelliformes qui portent jusqu’à 20 fleurs infundibuliformes de 2,5 à 3,8 cm de diamètre qui ont 5 pétales obovés, longs de 2 à 2,5 cm et de couleur jaune vif. La floraison a lieu en hiver et au début du printemps ; ensuite, à la fin du printemps, la partie aérienne disparaît pour réapparaître en automne. Les fruits sont des capsules pointues, pubescentes et longues d’environ 0,6 cm.

C’est une espèce qui présente le phénomène de l’hétérostylie avec au moins deux types de fleurs, certains avec des styles courts qui ne dépassent pas la longueur des anthères, d’autres avec des styles plus longs, ce qui empêche l’auto-fécondation et rend nécessaire la fécondation croisée. Dans la zone méditerranéenne seul existe le type à style court : il n’y a donc pas de production de graines et la reproduction s’effectue seulement au moyen des bulbilles, jusqu’à 25 par plante et par an, ce qui permet à la plante de se répandre rapidement en couvrant densément de vastes zones, au point de devenir fortement envahissante. De plus les feuilles ont un contenu élevé d’acide oxalique qui peut être mortel pour le bétail si elles sont consommées en grande quantité.

Introduite en Sicile en 1796 comme plante ornementale – il est certain qu’un espace densément recouvert de ses fleurs est en hiver un spectacle inoubliable – elle s’est dispersée rapidement dans tous les pays de la Méditerranée et , par la suite, dans ceux ayant un climat semi-aride et de type méditerranéen, comme la Californie et de vastes zones de l’Australie. La température est un facteur qui limite sa diffusion car elle ne supporte pas les valeurs inférieures à -6 °C. Elle croît dans n’importe quel type de sol, même sableux ou rocheux, aussi bien dans les milieux ouverts comme les champs cultivés ou incultes que dans les forêts. Les feuilles ont été utilisées autrefois dans la médecine populaire et par les marins comme antiscorbutique en raison de leur contenu élevé en vitamine C et , de façon modérée à cause de leur toxicité due à l’acide oxalique, dans l’alimentation en les ajoutant par exemple dans les salades afin de les assaisonner. Dans certaines régions on consomme également les bulbes après les avoir rôtis.

Synonymes : Oxalis cernua Thunb. (1781) ; Oxalis burmannii Jacq. (1794) ; Oxalis concinna Salisb. (1796) ; Oxalis lybica Viv (1824) ; Oxalis ehrenbergii Schltdl. (1838) ; Acetosella cernua (Thunb.) Kuntze (1891) ; Oxalis grandiflora Arechav. (1900) ; Bolboxalis cernua (Thunb.) Small (1907) ; Oxalis kuibisensis R. Knuth (1927).

 

→ Pour apprécier la biodiversité au sein de la famille des OXALIDACEAE et trouver d’autres espèces, cliquez ici.

 

Les archives photographiques de Giuseppe Mazza

_O-47-1_Oxalis_pes-caprae
Photomazza : 70.000 colour pictures of animals and plants