Rosmarinus officinalis

Famille : Lamiaceae

 

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Texte © Eugenio Zanotti

 

 

Traduction en français par Michel Olivié

 

 

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Le Rosmarinus officinalis est connu depuis l’Antiquité pour ses vertus médicinales © Giuseppe Mazza

Le Romarin ( Rosmarinus officinalis - L. 1753 ) est une espèce à la distribution sténo-méditerranéenne et à localisation occidentale allant de Gibraltar à la mer Noire qui pousse le long des côtes européennes et de celles de l’Asie Mineure, c’est-à-dire dans la zone de l’olivier, exception faite de la Turquie, de la Syrie, du Liban, d’Israël, de l’Égypte et de la partie de la côte italienne de l’Adriatique qui va du Molise au Frioul-Vénétie julienne.

Le nom du genre "rosmarinus" vient de deux termes latins : "ros", "roris" = rosée et "marini","marinus = de la mer ou marin en raison du fait que cette plante est localisée dans les garrigues et les maquis de faible hauteur de la Méditerranée et que la délicate couleur bleu azur de ses fleurs évoque les ondulations des vagues de la mer ou bien parce que, comme l’écrivaient les Anciens, "cette plante reçoit les embruns de la mer qui retombent sous forme de rosée". Selon d’autres auteurs, le nom viendrait du grec " rhops" = arbuste et de "myrinos" = parfumé, à cause de ses propriétés aromatiques.

Le nom de l’espèce "officinalis" a pour origine le substantif latin "officina", c’est-à-dire office pharmaceutique, qui est utilisé pour une grande partie des plantes qui ont des propriétés médicinales employées dans les "officines", comme étaient appelées autrefois les pharmacies.

C’est une plante pérenne, buissonnante ( nanophanérophyte ), sempervirente, très ramifiée, au parfum aromatique intense et agréable, haute de 0,30 à 1,5 m ( 2,5 m au maximum ), avec des rameaux couchés ou montants, très rameux et rarement droits , qui ont des poils blancs caduques quand ils sont jeunes et une écorce marron clair. La racine est pivotante, ligneuse et ramifiée.

Les feuilles sont sessiles, de 15 à 30 x 2 à 3,5 mm, linéaires, coriaces , opposées, enroulées sur le bord, vert foncé et brillantes sur le dessus, blanchâtres et tomenteuses au dessous. Les inflorescences sont des grappes terminales et axillaires courtes qui portent de 4 à 16 fleurs sous-sessiles. La floraison a lieu d’avril à août ( tous les mois de l’année dans les îles ou le long des côtes dans les milieux particulièrement protégés ).

La corolle a 10 à 12 mm avec une lèvre supérieure concave et bilobée et une lèvre inférieure trifide dont le lobe médian est beaucoup plus grand que les lobes latéraux et qui est crénelé, de couleur claire bleu azur ou lilas, rarement rose ou blanche. Le calice est campanulé, de 5 à 6 mm, bilabié et pubescent avec des poils étoilés tout comme sur le pédoncule. Le fruit est constitué par un tétrakène qui a des graines oblongues, lisses et brunes.

Le romarin pousse spontanément le long des côtes de la Méditerranée, sur les roches calcaires, dans les milieux maritimes arides, les bois de pins d’Alep et de pins parasols ainsi que dans les stations rupestres des rives Ouest de la partie supérieure du lac de Garde. Il est largement cultivé et est retourné à l’état sauvage dans de nombreux endroits ( de 0 à 800 m ). Dans le Sud de l’Espagne et en Afrique du Nord il existe aussi le Rosmarinus eriocalix Jordan & Fourr.(1866) qui pousse sur les roches calcaires et se distingue de officinalis par ses feuilles plus petites ( de 5 à 15 mm ), son inflorescence aux poils étoilés, ses longs poils glanduleux et ses rameaux de couleur grise.

Le romarin est aussi une belle plante rustique ornementale aujourd’hui disponible sous la forme de divers cultivars qu’il faut planter dans des terres légères où l’eau ne stagne pas et dans les endroits exposés au soleil, de préférence au dos d’un mur ou sur des roches calcaires où, s’il s’agit d’une de ses variétés retombantes ( par exemple Corsicus prostratus et lavandulaceus ) il est très élégant. Autres variétés intéressantes : la ’Pyramidalys’ , et l’ ’Erectus albus’, la ’Majorica pink’ aux fleurs roses insolites ou la ’Tuscan blue’ dont les fleurs sont d’un bleu azur profond ou encore pour ceux qui ont peu de place ou seulement un rebord de fenêtre il est possible d’utiliser la ’Severn sea’ dont le développement est réduit et dont les rameaux sont arqués et souples. Il faut signaler que de nombreuses variétés de romarin ornemental ont un arôme peu agréable en raison de la quantité excessive de certains composants comme le camphre et la résine et que, par conséquent, pour les usages alimentaires ou médicinaux la bonne règle est d’utiliser l’espèce sauvage.

La reproduction du romarin peut s’effectuer par gamogonie ( au moyen de ses graines) ou par voie végétative ( au moyen de boutures semi-ligneuses ). Depuis l’Antiquité cet arbuste a été utilisé comme plante aromatique de la cuisine méditerranéenne, en particulier pour les rôtis et les assaisonnements de légumes, les ragoûts, les fougasses et les tourtes salées et aussi comme plante médicinale ; elle s’est répandue partout dans la zone de la vigne et de l’olivier et est souvent retournée à l’état sauvage dans les zones les plus exposées au soleil et au climat doux.

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Il existe aussi des formes ornementales retombantes ou aux fleurs roses ou bleu azur © Giuseppe Mazza

Les anciens Grecs, qui donnaient à cette espèce le nom de libanotide, et les Romains la représentaient comme étant la plante de la beauté, de la jeunesse, de l’amour et du bonheur et la brûlaient comme de l’encens. Elle fut consacrée à Aphrodite jusqu’à ce qu’elle soit remplacée par le myrte. Elle était à l’origine de potions magiques et fut un des ingrédients des philtres d’amour et des philtres propitiatoires. Elle était à la base de la célèbre eau céleste de Catherine Sforza et de l’eau de la reine de Hongrie.

Le romarin entra en force dans les jardins et les "hortuli" du Moyen-Âge où il fut cultivé en même temps que de célèbres plantes médicinales comme la mauve, la sauge, la rue, l’absinthe et d’autres encore qui ont fait la renommée des abbayes et des couvents grâce à leurs préparations officinales. Dans un ancien livre de botanique on trouve ce conseil : " Qui a une respiration difficile et un visage blême qu’il mange chaque matin des fleurs de romarin avec du pain et du sel ". Les fleurs du romarin produisent un nectar abondant et sont de ce fait très visitées par les abeilles ; les apiculteurs en extraient un miel balsamique très parfumé et délicieux connu sous le nom de miel de Narbonne.

Les feuilles de romarin se récoltent de mai à juillet et contiennent de 1 à 2,5 % d’une huile essentielles constituée de cinéol, de camphre, d’alpha-pinène, de bornéol, de limonène, d’acide rosmarinique, labiatique, chlorogénique, cafféique, etc..., de principes amers diterpéniques ( carnosol, rosmanol, verbénol, rosmadial, etc...), de flavonoïdes, d’acides et d’alcools triterpéniques, de choline, de tanins et de résines. Les principes actifs sont utilisés en phytothérapie comme stomachiques et carminatifs dans les cas de troubles digestifs, de flatulences, de sensation de lourdeur et de migraines dues à une digestion difficile, comme cholérétiques légers et aussi pour stimuler l’appétit et la sécrétion gastrique. Cette huile possède aussi une action emménagogue, hypoglycémiante et hypocholestérolisante.

Pour un usage externe elle est employée sous forme d’huiles pour la peau et de pommades analgésiques contre les rhumatismes musculaires et articulaires. Elle est de même utilisée sous forme de bains à l’action révulsive, topique, hyperémiante et défatigante et de répulsif contre les insectes ( dans le passé, avant l’usage des insecticides de synthèse, on l’ a utilisée avec succès contre les poux du pubis ). Elle est recherché en liquoristerie, en parfumerie et en savonnerie tandis que dans l’industrie alimentaire elle est employée non seulement comme produit aromatisant mais aussi comme conservateur et anti-oxydant, surtout pour la viande et les graisses. L’usage interne est à éviter durant la grossesse et il faut ajouter que l’huile essentielle, à doses élevées, peut provoquer des convulsions, des gastroentérites et des néphrites.

Préparations :

Infusion digestive, tonifiante et tonique pour les nerfs dans les cas d’état dépressif

Une cuillère à café de feuilles sèches écrasées dans une tasse d’eau bouillante. Laisser infuser un quart d’heure, filtrer, sucrer avec du miel et à boire après le déjeuner et le dîner.

Huile de romarin calmante pour les douleurs musculaires et rhumatismales

À préparer en été avec deux poignées de sommités fleuries et de feuilles broyées que l’on verse dans un pot ou une bouteille de verre avec un demi-litre d’huile d’olive. Laisser macérer au soleil pendant un mois, filtrer en pressant le résidu avec un presse-purée. À employer, réchauffé à 40 ° au bain-marie, en procédant à des frictions et à des massages sur les parties endolories.

Synonymes : Rosmarinus angustifolius Miller (1768) [nom. illeg.] ; Rosmarinus latifolius Mill. (1768) ; Rosmarinus laxiflorus Noë (1852) ; Rosmarinus laxiflorus Noë ex Lange (1863) ; Rosmarinus flexuosus Jord. & Fourr. (1866) ; Rosmarinus rigidus Jord. & Fourr. (1866) ; Rosmarinus tenuifolius Jord. & Fourr. (1866) ; Rosmarinus aunieri Gandoger (1875) ; Rosmarinus perrietii Gandoger (1875) ; Rosmarinus platyphyllus Gandoger (1875) ; Rosmarinus cyanocalyx Gandoger (1875) ; Rosmarinus officinalis var. flexuosus (Jord. & Fourr.) Cariot & St.-Lag. (1889) ; Rosmarinus massiliensis Gandoger (1875) ; Rosmarinus ligusticus Gandoger (1884) ; Rosmarinus officinalis var. rigidus (Jord. & Fourr.) Cariot & St.-Lag. (1889) ; Rosmarinus communis Bubani (1897) ; Rosmarinus officinalis var. angustissimus Foucaud & Mandon (1900) ; Rosmarinus officinalis proles latifolius (Mill.) Rouy (1909) ; Rosmarinus officinalis var. latifolius (Mill.) P.Fourn. (1937) ; Rosmarinus officinalis var. palaui O.Bolòs & Molin. (1959).

 

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