Russula atropurpurea

 

Texte © Stefano Corsanici

   

 

 

Traduction en français par Jean-Marie Epitalon

 

 

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Non comestible à cause de son amertume, la Russula atropurpurea pousse fin automne dans les forêts de feuillus, parfois même de conifères, sur des sols acides. Assez fréquente de la zone subalpine à la zone méditerranéenne © Giuseppe Mazza

Famille : Russulaceae Lotsy 1907

Genre : Russula Persoon 1796

Sous-genre : Russula emend. Sarnari

Section : Russula emend. Sarnari

Sous-section : Russula emend. Sarnari

Stirpe : Atropurpurea

L’épithète ‘atropurpurea’ vient de “ater” qui signifie sombre et “purpureus” pour les tons pourpres que prend habituellement le chapeau.

C’est une espèce très commune, omniprésente, non comestible à cause de son amertume, qui est pourtant nettement moins forte dans la chair du pied.

Il n’y a pas de noms populaires attribués à cette espèce, au moins en Italie et en Espagne ; En France, elle est connue comme “Russule pourpre et noire” ; en Angleterre “blackish purple Russula”, “purple brittlegill” ; en Allemagne “Purpurschwarze Täubling”.

Pour la description du genre, voir Russula vesca, pour le sous-genre et la section, voir Russula mairei.

Dans la sous-section Russula on trouve des espèces à spores blanches, exceptionnellement couleur crème. Le pied sans traces de couleur rouge ; les lamelles qui ont tendance à être décurrentes, ne présentent pas de gouttelettes aqueuses ; la chair de nombreuses espèces vieillissantes, avec une odeur de noix de coco, d’acétate d’amyle, mais jamais de pélargonium. Au microscope les espèces ont des dermatocystides unicellulaires ou segmentés, bien caractérisés par l’absence d’incrustations.

Description de l’espèce

Chapeau 4-12 (14) cm, charnu et dur, mou dans la vieillesse, au début hémisphérique, puis plat, enfin légèrement déprimé, marge souple, incurvée et entière, fendue seulement chez les vieux spécimens ; décollable sur 1/3 – ¼, de couleur pourpre vineux plus ou moins intense, ou alors entièrement jaune verdâtre chez f. dissidens ou alors presqu’entièrement rose lilas sur fond grisâtre.

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Spores, cystides et dermatocystides © Pierluigi Angeli

Lamelles  : d’abord serrées, puis moyennement espacées, au fil d’arrête continu, fourchues et attachées au pied, avec quelques lamellules, initialement blanches puis couleur crème clair mais aussi gris jaunâtre aux récoltes hivernales, à cause probablement du stress thermique. Sporée blanche.

Pied  : 3-8 × 0,8-3,5 cm, quasi-cylindrique, un peu évasé en haut, généralement plus fin à la base, rugueux, plein et dur, puis mou et spongieux, blanc plus gris cendré par l’accumulation d’eau et la vieillesse.

Chair  : initialement dure, puis tendre et spongieuse, blanche puis grisâtre, rosâtre sous la cuticule, douçâtre dans le chapeau, plus ou moins acre dans les lamelles et le pied, odeur à peu près nulle ou vaguement de composition fruitée ou imperceptiblement de fleur.

Habitat : pousse en fin d’automne dans les bois de feuillus aussi bien que sous les conifères, sur les sols acides : c’est une espèce plutôt commune dans les zones subalpines et méditerranéennes.

Comestibilité  : non comestible à cause de son amertume.

Réactions  : FeSO4 : rose-orange pâle, Gaïacol : positive, d’intensité et de rapidité variable, Phénol : rose brunâtre trouble, Aniline : sur les lamelles, orange brunâtre.

Microscopie  : spores amyloïdes, ovoïdes, avec des verrues tronconique, subréticulées, avec des connexions formées par des crêtes ou des lignes fines ramifiées, (6,5) 7-8,8 (9,3) ×(5,5) 6-6,8 (7,2) µm. Cystides fusiformes, avec un appendice au sommet, 60-98 × 6-11 µm. Cuticule avec des poils superficiels ramifiés et souples ; dermatocystides volumineux et abondants, segmentés et souvent tronqués au sommet.

Remarques  : malgré la variabilité de la couleur du chapeau, c’est une espèce facilement identifiable pour : sa taille moyenne, sa chair fortement grisonnante par imbibition ou ses tâches jaunes, surtout à la base du pied, sa saveur légèrement épicée dans les endroits secs, son odeur ± fruitée, ses spores d’un blanc pur.

Pousse habituellement sous les châtaigniers, chênes, charmes et chênes verts, mais aussi sous les sapins et les cistes. Cependant, il peut être confondu avec Russula fragilis E.M. Fries, qui a un goût plus fortement épicé, l’odeur de bonbon anglais, la chair immuable et fragile, une réaction nulle avec le gaïacol. La Russula viscida Kudřna, qui est très similaire à Russula atropurpurea, diffère par un feutre brun jaune à la base du pied qui devient immédiatement rouge avec KOH.

Synonymes : Agaricus atropurpureus Krombholz, 1845 (basionimo) ; Russula depallens var. atropurpurea (Krombholz) Melzer & Zvára, 1927 ; Russula undulata Velenovsky, 1920 ; Russula atropurpurea var. krombholzii Singer, 1932.

 

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