Solidago virgaurea

Famille : Compositae

 

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Texte © Eugenio Zanotti

 

 

Traduction en français par Michel Olivié

 

 

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La Solidago virgaurea est une herbacée vivace de 20 à 80 cm qui pousse jusqu’à 2.500 m © Giuseppe Mazza

La resplendissante Verge d’or ( Solidago virgaurea - L. 1753 ) encore appelée solidage, baguette d’Aaron et herbe des Juifs, est une espèce dont la distribution est circumboréale, c’est-à-dire dont l’aire s’étend aux zones froides et tem- pérées-froides de l’Europe, de l’Asie et de l’Amérique du Nord.

Le genre Solidago com- prend, selon divers auteurs, de 80 à plus de 100 espèces du Nord-Est de l’Amérique et un petit nombre d’autres espèces de l’Amérique du Sud, de l’Europe et du Nord de l’Asie.

Le nom du genre vient du latin "solidus" = solide, sain et de "agere" = rendre, faire , par référence, en réunissant les deux termes, à la cicatrisation des coupures et à la réparation des fractures., ou bien de "solidare" = consolider, à cause de la propriété qu’on lui prêtait de favoriser la guérison des fractures osseuses.

Le nom spécifique "virga aurea" signifie rameau d’or, verge d’or, par référence aux capitules éclatants de couleur jaune doré. Cette espèce était aussi connue dans le passé sous les noms d’herbe des païens ou d’herbe des Sarrasins.

C’est une plante herbacée vivace haute de 20 à 80 cm ( 100 au maximum ), dotée d’un court rhizome noueux, oblique et brun-rougeâtre et d’une tige dressée, rigide, glabre ou un peu pubescente et cannelée en partie haute. Les feuilles du bas ont un pétiole long de 5 à 8 cm, ailé et un limbe oblancéolé à obovale, glabre sur le dessus, habituellement pubescent en dessous, de 2 à 3 x 7 à 9 cm ( il est de dimensions plus grandes pour celles des rosettes stériles basales ) et pointu avec un bord dentelé ; elles se rétrécissent vers le haut et sont de forme lancéolée à lancéolée-linéaire et alternes.

Les fleurs jaunes sont rassemblées dans des capitules disposés sur des pédoncules pubescents de 1 à 3 mm ; l’involucre, cylindrique, a des écailles de 6 à 8 mm ; les fleurs forment des inflorescences thyrsoïdes ou paniculées.. La floraison a lieu de juillet à octobre. La pollinisation est assurée par les insectes ( entomogamie).

Les fruits sont des akènes de forme cylindrique, amincis aux extrémités, pubescents, côtelés, de 3 mm, de couleur jaunâtre et surmontés d’un pappus de poils simples. L’espèce pousse dans les bois, les forêts, les pâturages et les lieux sauvages aussi bien sur des terrains siliceux que sur des terrains calcaires, bien qu’elle préfère les sols au pH neutre, moyennement fertiles et modérément humides depuis la plaine jusqu’à 2.000 m d’altitude.

Sur le plan phytosociologique elle appartient aux classes forestières des Carpino-Fagetea sylvaticae. La subsp. minuta (Alt. subsp. alpestris ) pousse de 1.800 à 2.500 m d’altitude et la subsp. litoralis ( récemment élevée au rang d’espèce ) vit en Italie dans les ravins et les pinèdes du littoral de Versilia et dans le Nord des Apennins. Certains cultivars obtenus à partir d’espèces du genre Solidago sont utilisés dans le jardinage en raison de leur rusticité et de leur floraison éclatante comme Solidago flexicaulis ’Variegata’, Solidago hybrida ’Duchy’, Solidago hybrida ’Golden Mosa’, Solidago hybrida ’Laurin’, Solidago rugosa , Solidago sempervirens ’Goldene Wellen’, Solidago gigantea , etc.

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Les fleurs et les feuilles ont des propriétés médicinales © Giuseppe Mazza

La verge d’or est une espèce connue et appréciée depuis l’Antiquité en tant que plante médicinale. D’anciens textes rapportent qu’un célèbre médecin espagnol, Arnaldo de Villanueva, avait cité le cas d’un homme souffrant de "la pierre de la vessie" qui, après avoir mangé une herbe appelée " herbe tonique des Sarrasins" avec des œufs pendant neuf jours, aurait expulsé "une poignée de petites pierres" ou encore "la plante, cuite dans du vin blanc, accroît fortement la miction, casse et chasse les calculs et est utile pour le traitement de toutes les plaies internes et externes". Elle semble avoir été diffusée en tant que plante médicinale par les Arabes ( les Sarrasins ) au Moyen-Âge ). Elle était très recherchée pour soigner les blessures provenant de coupures et était bue en tisane ou appliquée sous forme d’onguent. Là où elle n’existait pas on l’importait et on la payait à un prix élevé.

La phytothérapie moderne conseille de la récolter pendant la période de floraison des parties aériennes de la plante ( Herba Solidaginis virgaurae ) et parfois aussi le rhizome, surtout pour rétablir et améliorer les fonctions rénales, particulièrement dans les cas de néphrites aiguës accompagnées d’anurie ou d’oligurie.

La plante contient de nombreux principes actifs. Les plus importants sont les flavonoïdes ( environ 1,4 % ) tels la quercétine, la quercitrine et l’isoquercétine, la rutine, le kaempférol, l’astragaline, l’isohamnétine, des anthocyanidines, des leiocarposides, des virgauréosides, des sucres, des saponines, des diterpènes, de l’huile essentielle, des acides cafféiques et chlorogéniques, des polysaccharides, des tannins catéchiniques, des résines et des mucilages. Les extraits possèdent, en plus d’une légère action anti-inflammatoire, une certaine propriété antimycosique en cas d’atteintes de champignons pathogènes pour l’homme comme Candida albicans. C’est une plante très efficace sur le plan de la cosmétique pour les rougeurs de peau avec une action semblable à celle de la Calendula.

En homéothérapie on utilise la teinture de fleurs fraîches pour lutter contre certaines maladies rénales, les néphrolithiases, la goutte et l’hypertrophie de la prostate. Du fait qu’elle contient des bio-flavonoïdes avec une action du type vitamine P, la verge d’or peut être utilisée en cas de syndromes variqueux aux lieu et place de l’extrait de marron d’Inde ( Aesculus hippocastanum ). La médecine populaire attribue à la verge d’or d’autres propriétés dont beaucoup, toutefois, n’ont pas été confirmées par les expérimentations cliniques ( anthelminthiques, anti-coagulantes, fébrifuges, expectorantes, etc …). Actuellement les pays où l’on cultive principalement cette plante sur de petites superficies sont la Hongrie, l’ex-Yougoslavie, la Bulgarie et la Pologne.

Préparations :

Infusion diurétique, dépurative et antiseptique rénale

Deux cuillerées de plante sèche et 10 baies de genièvre dans un litre d’eau froide. Faire bouillir 2 minutes. Éteindre et laisser infuser 10 autres minutes. Filtrer, sucrer et boire dans les 48 heures en conservant l’infusion au réfrigérateur.

Vin diurétique, digestif et anti-calculs

Faire macérer pendant 8 jours 60 grammes de sommités fleuries de verge d’or sèche dans du vin blanc sec de bonne qualité et d’au moins 12°. Conserver dans un endroit frais et dans l’obscurité dans un récipient fermé en agitant de temps en temps. Filtrer en pressant bien le résidu et consommer un petit verre à la fin des repas.

Synonymes : Solidago virgaurea L. var. alpina Murith (1810) = subsp. alpestris  ; var. humillima Wahlenberg (1814) = subsp. alpestris  ; var. ericetorum Duby (1828) ; var. pumila Gaudin (1829) = subsp. alpestris  ; var. cambrica (Hudson) DC. (1836) = subsp. alpestris  ; var. minuta (L.) DC. (1836) = subsp. alpestris  ; var. nudiflora (Viviani) DC. (1836) = subsp. nudiflora  ; var. reticulata (Lapeyr.) DC. (1836) var. bertiana De Not. (1848) = subsp. alpestris  ; subsp. alpestris (Waldst. & Kit. ex Willd.) Gremli (1878) ; subsp. macrorhiza (Lange) Nyman (1879) ; subsp. minuta (L.) Arcangeli (1882) = subsp. alpestris  ; subsp. nudiflora (Viviani) Nyman (1879) ; proles alpestris (Waldst. & Kit. ex Willd.) Rouy (1903) ; subsp. alpestris  ; proles alpicola Rouy (1903) = subsp. alpestris  ; var. cinerascens Briq. & Cavillier in Burnat (1915) ; proles cambrica (Hudson) Rouy (1903) = subsp. alpestris  ; proles corsica Rouy (1903) ; proles hartmanniana Rouy (1903) ; proles macrorhiza (Lange) Rouy (1903) ; proles maritima Rouy (1903) ; proles minuta (L.) Rouy (1903) = subsp. alpestris  ; proles nudiflora (Viviani) Rouy (1903) = subsp nudiflora  ; proles rupicola Rouy (1903) subsp. rupicola  ; proles serratifolia (Boreau) Rouy (1903) ; subsp. rupicola (Rouy) Lambinon in Darimont & al. (1962).

 

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