Spondias dulcis

Famille : Anacardiaceae

Texte © Pietro Puccio

 

 

Traduction en français par Michel Olivié

 

 

On ne connaît pas le lieu d’origine exact de cette espèce cultivée depuis des temps reculés ; on suppose que c’est l’Asie tropicale ou l’Océanie.

Le nom du genre vient du grec “σπονδιάς” (spondias) = prune, à cause de la ressemblance des fruits avec ceux de la Prunus domestica ; Le nom de l’espèce est l’adjectif latin "dulcis, e" = doux, agréable, l’explication étant évidente.

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La Spondias dulcis est un arbre dont les feuilles sont caduques pendant une courte période, très ramifié, haut de 10 à 30 m, originaire de l’Asie tropicale ou de l’Océanie © Giuseppe Mazza

Noms communs : ambarella, golden apple, great hog plum, hog plum, jew plum, otaheite plum, polynesian plum, tahitian quince, yellow plum (anglais), pomme de Cythère, pommier de Cythère, prune de Cythère (français), kedondong, kedondong manis (indonésien), kook hvaan (laotien), caja anao, caja-manga, cajarana, taperita do sertao (portugais-Brésil), ambarella, ciruela dulce, hobo de racimos, jobo de la India, juplon, manzana de oro, spondias dorata (espagnol), hevi (tagalog), makok, makok farang ( thaïlandais ), coc ( vietnamien ).

La Spondias dulcis Parkinson ( 1773 ) est un arbre dont les feuilles sont caduques durant une courte période, très ramifié, haut de 10 à 30 m, au tronc droit, cylindrique et de 20 à 50 cm de diamètre, à l’écorce lisse ou légèrement fissurée, de couleur grisâtre ou marron clair d’où suinte, quand elle est blessée, une résine très visqueuse. Il existe souvent à la base du tronc des racines tabulaires ( des racines aplaties semblables à des piliers qui contribuent à soutenir les grands arbres ).

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Les fleurs minuscules, unisexuées ou hermaphrodites, ont 5 pétales ovales, blanches, longs de 2 à 3 mm © Giuseppe Mazza

Les feuilles, regroupées à l’extrémité des branches sur un pétiole long de 6 à 15 cm, sont alternes, imparipennées, longues de 20 à 60 cm, composées de 9 à 25 folioles oblongues-ovales à l’apex pointu et au bord entier ou légèrement dentelé, longues de 6 à 11 cm, larges de 2,5 à 4,5 cm et de couleur vert intense.

Les inflorescences, qui apparaissent avant les feuilles aux apex des branches, sont des panicules pendants d’une longueur pouvant atteindre 50 cm qui portent de nombreuses fleurs minuscules tant unisexuées qu’hermaphrodites qui ont 5 pétales ovales de couleur blanche longs de 2 à 3 mm et courbés en arrière, 10 étamines et un ovaire à 5 styles.

Les fruits sont des drupes sphériques, ovoïdes ou oblongues de 4 à 10 cm de long et de 3 à 8 cm de diamètre, de couleur verte au début puis jaune orangé quand elles sont mûres, dont la pulpe fibreuse, de couleur jaune et à la saveur acidulée à douce, possède un contenu élevé en vitamine C. L’endocarpe, ligneux, de 1,5 à 2,5 cm de diamètre, présente de nombreux filaments ou épines dressés ou recourbés et contient jusqu’à 5 graines oblongues et aplaties de 1,5 à 2 cm de long et de couleur jaune clair. Certaines plantes au port nain ont été sélectionnées.

On reproduit cette espèce en semant ses graines, dont la capacité à germer n’a pas une longue durée, dans un terreau drainant riche en substances organiques maintenu humide à la température de 25 à 28 °C. Le moment de la germination, assez variable, peut débuter à partir d’un mois. La première floraison survient à partir de la troisième ou de la quatrième année. On la multiplie aussi par des bouturages semi-ligneux ou apicaux, par marcottage et par greffage. C’est une espèce à la croissance rapide adaptée aux climats tropicaux et subtropicaux humides – elle ne résiste pas à de longues périodes où les minima sont inférieurs à 10 °C - , et à la pluviosité répartie tout au long de l’année ce qui est nécessaire pour qu’elle pousse dans les meilleures conditions. Dans les climats qui comportent de longues périodes de sécheresse elle doit être arrosée régulièrement, du moins pendant les premières années suivant sa plantation. Elle a besoin d’une exposition en plein soleil pour une fructification abondante, sauf pendant les 2 ou 3 premières années où il lui faut un ombrage partiel. Elle n’est pas particulièrement exigeante en ce qui concerne le sol qui peut être neutre ou alcalin, à condition qu’il soit bien drainant. En raison de la fragilité de ses branches elle doit être mise dans un emplacement à l’abri des vents forts. Dans les climats défavorables on peut la cultiver dans des bacs de grande capacité où les plants, même jeunes, réussissent à fructifier et la mettre à l’abri pendant les mois les plus froids dans un milieu protégé, le plus lumineux possible et avec des valeurs minimales de température de préférence supérieures à 15 °C. On doit utiliser un terreau drainant riche en substances organiques et régulièrement arrosé, mais sans rétention d’eau, et fertilisé pendant la période végétative avec un produit équilibré avec micro-éléments.

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Comme l’indique le nom scientifique les fruits comestibles et riches en vitamine C ressemblent à des prunes. Ils sont utilisés avec les feuilles et l’écorce dans la médecine traditionnelle. Les fruits mûrs, tendres et à la saveur douce ou légèrement acidulée, sont consommés crus ou employés pour préparer des marmelades © Giuseppe Mazza

Les fruits verts qui sont particulièrement amers et dont la pulpe est croquante, sont utilisés en salade, pour faire des confitures ou pour aromatiser divers plats. Les fruits mûrs, tendres et à la saveur douce ou légèrement acidulée, sont consommés crus ou employés pour préparer des marmelades, des crèmes glacées et des boissons, y compris des boissons alcoolisées. Dans certains endroits les feuilles jeunes sont consommées crues ou cuites comme légume. Les fruits, les feuilles et l’écorce sont utilisés dans la médecine traditionnelle pour diverses pathologies.

Synonymes : Spondias cytherea Sonn. (1782) ; Poupartia dulcis (Parkinson) Blume (1827) ; Cytheraea dulcis (Parkinson) Wight & Arn. (1834) ; Evia acida Blume (1850) ; Evia dulcis (Parkinson) Comm. ex Blume (1850) ; Chrysomelon pomiferum G.Forst. ex A.Gray (1854) ; Evia dulcis (Parkinson) Kosterm. (1991).

 

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