Tagetes erecta

Famille : Compositae

Texte © Pietro Puccio

 

 

Traduction en français par Serge Forestier

   

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Atteignant une taille allant jusqu’à 1,2 m, Tagetes erecta a décoré les jardins pendant des siècles. Passée de mode, cette plante revient à nouveau sur le devant de la scène © Giuseppe Mazza

L’espèce est originaire de l’Équateur, du Guatemala, du Mexique (États de Chiapas, Durango, Guerrero, Hidalgo, Jalisco, Mexico, Michoacan, Morelos, Nayarit, Oaxaca, Puebla, Querétaro, San Luis Potosi, Sinaloa, Sonora, Tamaulipas, Veracruz et Yucatan), du Nicaragua, du Panama et du Pérou où elle pousse principalement dans les clairières des forêts de conifères et de chênes dans les zones à climat chaud et peu pluvieux, jusqu’à 2000 m d’altitude.

L’origine du nom du genre n’est pas connue ; selon certains il dériverait de "Tages, -getis" personnage de la mythologie étrusque ; le nom latin de l’espèce "erecta" = debout, fait référence au port de la plante.

Noms communs : “african marigold”, “american marigold”, “aztec marigold”, “big marigold”, “marigold”, “saffron marigold” (anglais) ; “rose d’Inde”, “tagète rose d’Inde” (français) ; “garofano indiano”, “garofano maggiore”, “puzzola”, “rosone” (italien) ; “cempasúchil”, “cempaxóchitl”, “cempoal” (náhuatl – mexicain) ; “cravo africano”, “cravo amarelo”, “cravo da India”, “cravo de defuntos”, “cravo de Tunes”, “maravilha”, “rosa de oiro” (portugais) ; “clavel chino”, “clavel de china”, “clavel de moro”, “clavel turco”,“claveles de las indias”, “clavelón africano”, “clavelón de la India”, “clavelón”, “damasquina”, “damasquino”, “flor de muerto”, “rosa de la india”, “terciopelo amarillo” (espagnol) ; “studentenblume” (allemand).

Tagetes erecta L. (1753) est une plante annuelle de 10 à 120 cm de haut aux tiges dressées, peu ramifiées, glabres, et aux feuilles vert foncé, opposées dans la partie inférieure de la plante, alternées dans sa partie supérieure, parsemées de glandes qui produisent une substance huileuse dégageant une odeur âcre.

Les feuilles pennées, de 3 à 20 cm de long, comportent de 9 à 20 folioles linéaires à lancéolées, de 1 à 3 cm de long et de 0,3 à 1,5 cm de large ; leur sommet est acuminé et les marges sont dentelées. Les inflorescences terminales généralement solitaires, de 5 à 12 cm de diamètre, portées par un pédoncule long de 3 à 12 cm, présentent l’aspect typique des capitules floraux des Compositae. Elles se composent d’une multitude de fleurs sessiles insérées en spirale sur une base arrondie, le réceptacle, entouré d’une enveloppe campanulée de 1 à 2,5 cm de longueur et de 0,5 à 1,5 cm de largeur, constituée d’une série de bractées réunies dont chacune comporte deux rangées de glandes.

Les fleurs de la périphérie du capitule, appelées fleurons rayonnants, au nombre de 5 à 8 (voire d’une centaine dans les variétés à fleurs doubles) sont des fleurs femelles à la corolle obovale, de 1 à 2,5 cm de long et de 1 à 2 cm de large, composées de cinq pétales fusionnés, jaune foncé pour les variétés sauvages, mais également orange à rouge-brun, et parfois bicolores jaune et brun rougeâtre, chez les innombrables cultivars. A l’intérieur du capitule se trouvent de 50 à 120 fleurs bisexuelles, appelées fleurons, à la corolle tubulaire à cinq lobes, d’environ 1 cm de long, jaune ou orange.

Les fruits, ne contenant qu’une graine, appelés akènes (ou plus exactement cypsèle chez les Compositae ), sont minces, de 0,6 à 1 cm de long, noirs, surmontés d’une aigrette, reste modifié du calice de la fleur, composée de 1 à 2 écailles de 0,6 à 1,2 cm de long et de 2 à 4 écailles distinctes ou unies à la base, de forme oblongue ou linéaire, de 0,2 à 0,6 cm de long.

La Rose d’Inde se reproduit facilement par graines, qui germent en moyenne en une semaine, à une température de 18 à 22 °C ; la floraison commence au bout d’environ trois mois et dure jusqu’à la fin de l’automne. La multiplication peut également se faire par bouturage des extrémités mises à enraciner dans du sable ou de la perlite ; cependant, cette méthode n’est utilisée que pour reproduire une variété particulière, car la multiplication par semis ne garantit pas la conservation de toutes les caractéristiques de la plante mère. Introduit en Espagne dans le milieu du XVIe siècle, elle s’est répandue la première fois en Afrique du Nord où elle s’est naturalisée, et à partir de là vers le reste de l’Europe et les États-Unis (d’où un des noms les plus courants), ainsi qu’en Amérique du Sud, rencontrant immédiatement un grand succès en raison de sa facilité de culture et de la couleur vive de ses fleurs, rapidement non limitée au jaune, grâce au travail intensif de sélection variétale qui a conduit à l’obtention de fleurs doubles et « extra-doubles » et de plantes de hauteur variable.

Pendant des siècles, les différentes variétés ont été omniprésentes dans les jardins, et c’est seulement dans les deux dernières décennies du siècle dernier qu’une baisse de popularité a été observée, en raison de la disponibilité massive de nouvelles espèces ornementales. Cependant, il semble y avoir un regain d’intérêt récent pour la Rose d’Inde.

Elle s’adapte à tous types de sols, bien qu’elle préfère les sols argileux, ensoleillés et bien drainés, en plein soleil ou au moins avec une durée d’insolation de six heures par jour ; la culture peut se faire sous tous les climats, sauf bien sûr les climats polaires, l’espèce étant annuelle, mais les meilleurs résultats sont obtenus sous les climats tempérés ; les températures élevées, arrêtent la végétation et affectent la floraison.

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Graines de Tagetes erecta. Cette plante est un antiparasite naturel ainsi qu’un colorant alimentaire et posséde des vertus médicinales.© Giuseppe Mazza

La disponibilité de variété de hauteurs différentes, naines, demi-naines et hautes, offre d’innombrables possibilités d’utilisation dans les jardins ; les variétés naines sont bien adaptées pour la culture en pots ou en bacs. L’arrosage, en été, si cela est nécessaire, doit être régulier, tout en laissant le terrain s’assécher entre deux arrosages dans la mesure où la plante est relativement résistante à la sécheresse, mais est assez sensible à la pourriture des racines en présence d’humidité stagnante. Elle a, enfin, une bonne résistance à la maladie ; des attaques fongiques ( Botrytis ) peuvent se produire sous les climats humides et parmi les attaques parasitaires, celles des arachnides sont les plus fréquentes (la classique "araignée rouge »). Le contact avec les feuilles peut causer des dermatoses chez les personnes sensibles.

En plus d’être une plante ornementale, Tagetes erecta présente une importance économique notable : à partir des fleurs séchées et réduites en poudre ou par extraction par un solvant on produit un colorant alimentaire ; ce colorant est ajouté, par exemple, à l’alimentation des volailles afin d’intensifier la couleur de leur peau et du jaune des œufs. L’huile essentielle à l’odeur pénétrante, dérivée de la plante, est utilisée, à l’état de traces, dans certains aliments comme arôme et exhausteur de goût, ainsi que dans l’industrie cosmétique. Mais le constituant économiquement le plus important, obtenu à partir des fleurs, est la lutéine, un caroténoïde dont cette plante est la source principale et dont les propriétés antioxydantes et de protection de la vision sont bien connues. La lutéine est utilisée dans l’industrie pharmaceutique et est ajoutée à de nombreux compléments alimentaires ; cette substance, qui se concentre dans la macula, la partie centrale de la rétine, n’est pas synthétisée par le corps humain et doit dont être apportée par les aliments qui en contiennent.

Le principal producteur de Tagetes est le Mexique, mais la plante est largement cultivée en Afrique et en Amérique du Sud.

Une autre utilisation de Tagetes erecta (ainsi que de Tagetes patula) est en tant que pesticide naturel, particulièrement efficace contre les nématodes qui infestent le sol et causent de graves dommages à l’agriculture ; la culture intercalaire de souci peut réduire la population de nématodes de plus de 90%. En fait, les racines exsudent une substance qui attire différentes espèces de nématodes qui, une fois qu’ils y ont pénétré, sont tués par les toxines soufrées (thiophènes) à activité nematicide qu’elles contiennent. Parfois, les rangs de Roses d’Inde sont alternés avec des plantes cultivées, pour les raisons évoquées ci-dessus, ainsi que pour le pouvoir répulsif significatif de l’odeur produite par les glandes à huile essentielle vis-à-vis de nombreux parasites.

Finalement, la plante cultivée depuis des temps anciens, a joué dans les pays d’origine, et encore de nos jours, un rôle important non seulement en médecine traditionnelle, mais également au cours des cérémonies religieuses et des occasions les plus importantes de la vie.

En fait, les Aztèques l’utilisaient pour diverses maladies, la fièvre, la dysenterie, l’indigestion, etc. ainsi que contre les ulcères et l’eczéma ; il semblerait également que la plante ait joué un rôle important lors des sacrifices humains.

Beaucoup de noms communs se réfèrent à diverses coutumes associées avec le culte des morts ; au Mexique par exemple, il était habituel de décorer les tombes, le 2 Novembre, jour de la Commémoration des Morts, avec ces fleurs, mais leur utilisation n’est pas limitée à cet événement ; en fait, cette fleur est présente à l’occasion de tous les moments importants de la vie, depuis la naissance.

Synonymes : Tagetes major Gaertn. (1791) ; Tagetes tenuifolia Cav. (1793) ; Tagetes elongata Willd. (1803) ; Tagetes remotiflora Kunze (1847) ; Tagetes heterocarpha Rydb. (1915) ; Tagetes ernstii H.Rob. & Nicolson (1975) ; Tagetes excelsa Soule (1996).

 

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