Taraxacum officinale

Famille : Compositae

 

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Texte © Eugenio Zanotti

 

 

Traduction en français par Michel Olivié

 

 

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Le taraxacum officinale a une très vaste diffusion dans l’hémisphère boréal © Giuseppe Mazza

Le pissenlit ( Taraxacum officinale – Weber Aggreg. ) a une distribution circumboréale : son aire très vaste s’étend à toute l’Europe, à l’Afrique du Nord, à la Sibérie, à l’Amérique du Nord et , par suite de l’action de l’homme, à de nombreuses autres parties de l’hémisphère boréal.

L’origine probable du nom du genre consiste dans les mots grecs "taraxis" " taraxakos" : je guéris, à cause de ses vertus médicinales. Pour d’autres, ce nom vient de l’arabe "tarahsaqun" ou "tharachakon" ( herbe amère ) qui signifie exactement dent de lion, ou des mots "tarak" ( faire ) et "sahha" ( uriner ), étant donné les propriétés diurétiques de cette plante. Il pourrait également dériver du mot grec "tarasso" : agitation, bouleversement, parce que les pappus mûrs sont dispersés par la plus légère brise et le moindre souffle de vent.

Le nom de l’espèce "officinale" dérive du substantif latin "officina" utilisé pour de nombreuses plantes ayant des propriétés médicinales et employées dans les officines, nom donné autrefois aux pharmacies.

Dans le binôme Taraxacum officinale on inclut un agrégat d’espèces apodictiques extrêmement polymorphes. Environ 1.600 entités appartenant à ce genre ont été décrites et sont toujours en cours de révision.

Les caractères généraux sont : plantes herbacées pérennes, hautes de 15 à 40 cm ayant des feuilles lobées ou roncinées avec des lobes plus ou moins triangulaires et un pétiole souvent ailé, toutes en rosette basale. Les tiges sont lisses, simples, dépourvues de feuilles, tubuleuses ; cassées, elles laissent s’échapper un latex blanchâtre. Les fleurs, toutes ligulées, sont réunies dans des capitules jaunes de 2,5 à 4 cm de diamètre dotés d’un involucre de 12 à 25 x 15 à 25 mm et de bractées linéaires-lancéolées ( leurs caractéristiques ont une importance taxonomique ) d’une longueur pouvant atteindre 17 cm.

La floraison a lieu de février à mai ( parfois toute l’année ) et se concentre au printemps dans des anthèses synchrones caractéristiques. Le fruit est un akène de 2,5 x 3 à 5 mm, fusiforme ou oblancéolé, tuberculé ou épineux, brun, avec un bec de 7 à 15 mm comportant des pappus blancs disposés en forme de sphères duveteuses appelées vulgairement "boules".

C’est une espèce synanthropique fréquente dans les prés engraissés, les terres en friche, les terrains vagues et les clairières des forêts de feuillus, depuis la plaine jusqu’à 1700 m d’altitude.

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Un champ cultivé. La plante est comestible et a des vertus cosmétiques et médicinales © Giuseppe Mazza

La capacité de reproduction et d’adaptation de cette composée est extraordinaire non seulement par le degré de perfection aérodynamique atteint par les akènes qui sont transportés par les vents saisonniers et parachutés à des distances tout-à-fait remarquables mais aussi par les profondes racines pivotantes qui sont capables de former de nouvelles pousses même si elles se réduisent à de petits fragments.

Le pissenlit, connu aussi en français sous les noms vernaculaires de dent-de-lion et de salade de taupe, mérite des louanges pour sa valeur gastronomique : c’est un très bon végétal à consommer frais quand il est jeune ( de février à mars ) ou cuit ( par la suite ). Les jeunes rosettes basales, comme toutes les salades sauvages, doivent être récoltées uniquement dans des endroits propres, loin des routes à grand trafic, des usines, des terrains où du bétail a séjourné pour la pâture ou où ont été employés plus ou moins récemment des désherbants ou des produits anti-parasitaires. Le pissenlit est inclus en Italie dans la liste des plantes officinales spontanées ( décret royal du 26/5/1932 n° 772 ) et, de ce fait, sa récolte est autorisée selon les dispositions de ce texte ; pour un usage familial on admet la possession de jusqu’à 5 kg de racines sèches. Pour les usages en herboristerie on extrait de terre les racines pivotantes d’avril à septembre ( époque optimale dite balsamique ). Les constituants principaux sont un ensemble de sesquiterpènes lactoniques ( taraxacine, taraxine, taraxérol ) avec des triterpènes, des substances tanniques et amères, résineuses et mucilagineuses, des enzymes, des stéarines, des acides organiques ( phytostérols ), des sels minéraux ( en particulier du potassium ), de l’inuline, de la choline, de la stérine, de la lactucopicrine, des cires, des résines, des tannins, des inosites, des sucres, des mucilages, de la provitamine A, des vitamines B,C,D,K et PP, de la taraxanthine xanthophylle ( dans les fleurs ), de la lutéine et de la violaxanthine (dans les feuilles ), de l’asparagine, de la riboflavine et des enzymes.

Le pissenlit a pour principales propriétés avérées d’être cholérétique, cholagogue ( il stimule la sécrétion de la bile et son évacuation dans l’intestin ) et, par cela, il favorise la digestion des graisses ( avec une certaine normalisation du taux de cholestérol dans le sang ) , hépatoprotecteur, tonique-amer, stimulateur de l’appétit, diurétique, dépuratif, amaigrissant, antirhumatismal, légèrement laxatif et antiacnéique.

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La réussite botanique est assurée par les racines pivotantes et les akènes avec pappus parachutés par le vent © Giuseppe Mazza

La racine, sèche ou fraîche, est utilisée pour tous les troubles hépato-biliaires, les dyspepsies, l’inappétence, et s’avère être un bon diurétique, utile dans le traitement de la rétention d’eau, en particulier si elle est associée à l’obésité ou à la cellulite. En usage externe le latex semble avoir démontré qu’il est utile pour faire régresser les poireaux et les verrues.

Les préparations à base de pissenlit sont contre-indiquées chez les personnes ayant des micro-calculs dus à une cholécystite et chez celles souffrant d’ulcères peptiques. On a récemment démontré que dans le pollen des capitules existent des substances capables de bloquer le développement de certaines bactéries.

Les feuilles jeunes sont récoltées à la fin de l’hiver et fournissent une très bonne salade à consommer fraîche ou cuite. . La racine, bouillie et assaisonnée d’huile d’olive extra-vierge, est très bonne et salutaire. L’infusion des fleurs est utilisée en cosmétique comme lotion pour éclaircir les taches de rousseur et les taches cutanées. Les premiers boutons peuvent être conservés dans le sel ou le vinaigre comme les câpres et la racine, torréfiée, vaut celle de la chicorée comme substitut du café.

Préparations

Infusion cholagogue utile en cas d’insuffisance ou d’engorgements du foie

Une cuillère de racines sèches broyées dans une tasse d’eau. Faire bouillir deux à trois minutes et laisser reposer l’infusion un quart d’heure, sucrer et boire avant les repas. Consommer souvent les feuilles crues en salade pendant les repas.

Décoction pour éclaircir les taches de rousseur et les taches cutanées

Une poignée de fleurs et une autre de de feuilles fraîches. Faire bouillir dans un litre d’eau jusqu’à réduction d’un tiers. On tamponne localement et fréquemment avec du coton hydrophile trempé dans la décoction tiède.

Décoction dépurative et empêchant la formation de calculs biliaires

Une cuillère à café de rhizome broyé dans une tasse d’eau. Faire bouillir un quart d’heure, laisser reposer dix minutes, filtrer et sucrer avec du miel. À boire tiède deux fois par jour en dehors des repas. On conseille aussi de consommer au printemps des salades crues de racines et de feuilles.

Synonymes

Leontodon taraxacum L. (1753), Hedypnois taraxacum Scop. (1772), Taraxacum vulgare Schrank (1786), Taraxacum dens-leonis (Desf.) Rouy (1905) ; Taracaxum campylodes G.E. Haglund (1948).

 

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