Trigonoceps occipitalis

Famille : Accipitridae

 

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Texte © Dr. Gianfranco Colombo

 

 

Traduction en français par Catherine Collin

 

 

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Présent de façon discontinue dans l’aire subsaharienne, le Trigonoceps occipitalis est un vautour en danger, de taille moyenne, avec une grande envergure © G. Colombo

Le Vautour à tête blanche ( Trigonoceps occipitalis - Burchell, 1824) est indubitablement un des vautours les plus colorés et les plus élégants de l’ancien monde. Aisément reconnaissable au sol des autres membres de ce groupe, il ne peut être confondu à première vue qu’avec le Palmiste africain ( Gypohierax angolensis ) par le coloris blanc et noir qu’il montre aussi bien arrêté qu’en vol, mais immédiatement reconnaissable par la différence de taille, les lignes morphologiques vraiment différentes et aussi par son aire de répartition.

Le Vautour à tête blanche appartient à l’ordre des Accipitriformes, à la famille des Accipitridae et à l’unique espèce assignée au genre Trigonoceps.

On a longtemps débattu sur l’assignation de ce rapace dans un nouveau genre plutôt que de l’inscrire dans l’un de ceux déjà existants sur le continent africain et peut-être, dans le futur, avec des recherches plus approfondies, fruit des technologies génétiques modernes, pourra-t-on arriver à une nouvelle reclassification de ce groupe d’oiseaux.

Lié au continent africain il n’est pas très répandu, même si le territoire couvert est assez vaste. Bien que fréquentant la savane, on le rencontre plus facilement le long des principales voies de communication pendant qu’il repère d’en haut d’éventuelles victimes renversées accidentellement par des engins motorisés de passage.

Avec le Vautour charognard ( Necrosyrtes monachus ) il partage la caractéristique de pouvoir s’envoler tôt le matin quand la température de l’air est encore basse et empêche le vol des grands vautours, ce qui lui permet de se trouver parmi les premiers à découvrir les carcasses des proies nocturnes et de s’en nourrir avant l’arrivée de ses cousins les plus avides et les plus agressifs.

Tous les noms communs donnés à ce rapace reprennent ses caractéristiques morphologiques particulières surtout la couleur de sa tête. En allemand Wollkopfgeier, en espagnol Buitre cabeciblanco, en anglais White-headed vulture, en italien Avvoltoio testabianca et en néerlandais Witkopgier.

L’étymologie du nom scientifique fait elle-même référence à une caractéristique de sa tête, Trigonoceps du grec « trion » = trois et « gonia » = angle, triangle donc et « ceps » = tête. Une référence claire à la forme triangulaire de sa tête vue de loin, soulignée par le duvet blanc qui la recouvre sur la partie postérieure comme une crête ; occipitalis , du latin, en référence à la partie postérieure de la tête où se situe ce duvet.

Zoogéographie

Le Vautour à tête blanche habite uniquement le continent africain mais avec une importante discontinuité territoriale. Il occupe la zone subsaharienne, avec une assiduité notable dans la partie qui va du Sénégal à l’Éthiopie et se maintient avec une certaine continuité uniquement dans l’est du continent jusqu’au Mozambique et de nouveau vers l’ouest jusqu’à la Namibie et l’Angola laissant pratiquement inoccupée la partie centrale de l’Afrique. Sa présence géographique est de toute façon en taches discontinues et isolées.

Bien qu’ayant une aire de répartition aussi vaste, cet oiseau n’est jamais commun et on le rencontre généralement isolé ou en groupes composés de peu d’individus. Ce comportement est le même que se soit pendant le vol ou pendant l’alimentation.

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Tôt le matin, après la chasse nocturne des grands carnivores, il rôde déjà à la recherche de carcasses à dépecer, quand la température de l’air, encore basse, empêche le vol des grands vautours © Gianfranco Colombo

La population globale n’atteint donc pas un niveau lui permettant d’être considéré comme étant commun. Le Vautour à tête blanche passe une grande partie de la journée en vol, généralement à des hauteurs particulièrement élevées et ne descend à terre que s’il a découvert une carcasse ou pour se percher pour la nuit.

Écologie-Habitat

Il aime les forêts claires et les savanes biens fournies en acacias, avec une grande prédilection pour les baobabs mais évite les zones pré-désertiques et dépourvues de végétation.

Il évite systématiquement les contacts directs avec l’Homme et les lieux habités même s’il fréquente lors de ses vols de reconnaissance routes et voies de communication à la recherche d’éventuels animaux renversés par le trafic routier.

Il n’apprécie pas les milieux se trouvant à des altitudes élevées même si sur les hauts-plateaux Éthiopiens on peut facilement le trouver à plus de 3 000 m.

C’est un oiseau sédentaire même s’il fait montre d’un erratisme juvénile dans un court rayon, comportement typique des vautours. Le vautour à tête blanche est pratiquement silencieux, comme tous ses semblables mais émet de forts sifflements pendant la compétition pour la nourriture quand il est prêt d’une carcasse. Parmi les vautours il est peut-être celui qui complète le plus son alimentation avec des lézards, des insectes, des petits animaux et des serpents. On pense qu’il peut également attaquer des petits mammifères.

Morpho-physiologie

Parmi les vautours africains, le Vautour à tête blanche est considéré comme un rapace de taille moyenne, intermédiaire entre les grands vautours du genre Gyps (Gyps africanus, Gyps fulvus, Gyps rueppellii) et Torgos (Torgos tracheliotus) et les petitsNecrosyrtes monachus e Neophron percnopterus.

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Très élégant, il est impossible à confondre grâce à ses couleurs et à la structure triangulaire de sa tête, avec un bec énorme, presque disproportionné © Giuseppe Mazza

Ses dimensions sont quand même notables ayant une envergure qui dépasse légèrement les 2 mètres, un poids qui peut atteindre 5 kg et une longueur totale de 100 cm. Comme déjà dit, la livrée de ce vautour est particulièrement élégante et regroupe des couleurs et des combinaisons plutôt particulières. Le bec, en mesure de lacérer aisément les carcasses, est très gros, très robuste et crochu et de couleur rouge orangé vif, entouré d’une cire bleutée et d’une face rosée. Il occupe une grande partie de la tête, comme s’il était disproportionné pour cet animal.

La tête et le cou sont nus et recouverts d’un léger duvet blanc, qui forme, dans la partie postérieure, une crête proéminente qui cause une visible déformation crânienne, cause de son nom.

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Le voici à l’atterrissage. Parmi les vautours il est peut-être celui qui complète le plus son alimentation de carcasses avec des des petits animaux © Giuseppe Mazza

Les couvertures sont totalement noir corbeau, avec les rémiges d’un blanc de neige contrastant. La poitrine dans la partie supérieure est totalement noire alors que dans la partie inférieure elle est d’une blancheur immaculée.

En vol on distingue nettement une bande totalement noire en correspondance avec les couvertures inférieures et les rémiges primaires alors que les secondaires sont entièrement blanches chez la femelle et noires chez le mâle. La queue est noire. C’est donc un oiseau pratiquement noir et blanc avec une grosse tête multicolore. La livrée des juvéniles ne comprend pas de blanc.

Biologie reproductive

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La population globale de ce rapace est en continuel déclin © Gianfranco Colombo

La nidification a lieu en toutes saisons dans la partie tropicale de son aire alors que dans d’autres zones il préfère pondre à la saison sèche faisant ainsi coïncider la présence des petits avec la saison des pluies plus profitable. Il ne nidifie pas chaque année vu la longue période nécessaire pour mener à terme avec succès le cycle de reproduction. En général, il bâtit son nid sur de grands arbres inaccessibles au prédateurs terrestres, le plaçant bien haut et dominant les alentours. Comme la majeure partie des vautours il pond un seul œuf blanchâtre qu’il couve pendant environ deux mois. Le petit reste au nid pendant 4 autres mois, prenant son indépendance totale 3-4 mois après le premier vol. Une durée totale s’approchant d’un an.

Comme pour tant de vautours africains la population globale de ce rapace est en continuel déclin. Sujet dans certaines aires au prélèvement illégal pour l’utilisation de certaines de ses parties en médecine locale et pour un usage fétichiste, il est par-dessus tout la victime malheureuse d’empoisonnements causés par des appâts disséminés à d’autres fins. C’est un oiseau désormais relégué dans les zones protégées et dans les parcs naturels, vu son aversion envers les aires urbanisées, et le nombre d’individus nombre est étroitement lié à la protection garantie par ces habitats particuliers. Il est considéré comme espèce vulnérable et inscrit à la CITES II.

Synonymes

Lophogyps occipitalis – Burchell 1824 ; Vultur occipitalis – Heuglin, 1855.

 

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