Leptailurus serval

Famille : Felidae

 

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Texte © Dr. Gianni Olivo

 

 

Traduction en français par Elise Sabin

 

 

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Le serval (Leptailurus serval) est le plus grand des petits félins africains © Giuseppe Mazza

Le Serval ( Felis serval - Schreber, 1776 ) est un félin africain tacheté de taille moyenne-petite, caractérisé, à première vue, par de longues jambes, qui en font le plus grand félin parmi les petits félins du continent africain. C’est pourquoi mon traceur l’appelle, en fait, ikati elizonzo, chat avec des jambes fines et longues, comme un oiseau.

La silhouette générale, mince et gracieuse, rappelle donc, vaguement, l’apparence du guépard, ressemblance renforcée par les deux bandes noires qui ornent son museau, vu de face.

Les oreilles sont proéminentes et de grande taille par rapport à la tête qui semble un peu petite et arrondie. Elles sont très mobiles et permettent de localiser au bruit les proies, même s’il est minime, car elles fonctionnent comme un localisateur "stéréophonique" dans un habitat, celui des grandes graminées, qui réduisent considérablement la visibilité.

Ses dimensions sont grandes pour un félin avec un poids si modeste (10-17 kg pour le mâle et 8-12 pour la femelle).

La hauteur des épaules peut atteindre les 65 cm (en moyenne 55) ; la longueur du museau à la racine de la queue de 70-100 cm auxquels il faut ajouter la longueur de la queue, plutôt courte, 25-35 cm, soit une longueur totale pouvant atteindre les 130 cm.

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Les longues pattes permettent des rebonds spectaculaires, même verticaux © Giuseppe Mazza

La coloration de fond varie selon les zones et même à l’intérieur d’une même zone, car il tend à être plus sombre dans des habitats plus humides, avec des taches moins prononcées, alors que dans les zones plus sèches, la couleur a tendance au rougeâtre, bronze ou jaune, avec des taches plus marquées et claires.

La queue est striée avec des bandes transversales foncées, et souvent les pattes, épaules et cou tendent aussi à être striés. Sur les côtés sont présents de grandes et nettes taches sombres, mais il y a des spécimens appelés “lentigineux”, avec des petites taches (Afrique occidentale). Les glandes odorantes avec fonction de marquage ne semblent pas être présentes.

Le serval est principalement un chasseur diurne (même s’il peut être actif pendant la nuit) de rongeurs, parmi lesquels se trouvent les « veld-rats » ed i « Grass-rats » ( Otomys, Arvicanthis ) mais il peut prendre au collet aussi des oiseaux fréquentant les savanes herbeuses et les prairies, terrain de chasse idéal pour ce félin. Les longues jambes ne sont pas faites pour la course, comme dans le cas du guépard, mais pour des sauts soudains, aussi verticaux, avec lequel le félin saisit les oiseaux s’envolant justes des hautes herbes.

En outre, où l’herbe est haute mais pas de plus de 50-60 cm, sa taille lui permet de voir plus loin que les proies qu’il cherche, ce qui lui permet, avec un saut, de bondir par surprise sur les rongeurs.

La technique de chasse est similaire aux chats et, à certains égards, aussi aux chacals : localiser une souris à l’ouïe et arriver près d’elle en silence, l’animal saute vers le haut et vers l’avant, avec les pattes de devant sur la proie.

Dans le cas d’une attaque d’un oiseau qui s’envole, le serval peut effectuer des sauts spectaculaires jusqu’à plus de deux mètres de hauteur, tourner sur lui-même en l’air, frapper d’un brusque coup de patte, même latéralement, pour essayer de projeter l’oiseau au sol. Si le coup échoue, habituellement, il s’en va à la recherche d’une autre proie, mais parfois il effectue une série de sauts qui rappelle le rebondissement d’une balle de caoutchouc.

Le choix des proies est cependant plus large puisqu’il comprend aussi des oiseaux aquatiques qu’il n’hésite pas à poursuivre dans l’eau, des lézards, des batraciens et des poissons. Dans ma réserve, une fois, j’ai vu un serval sautant dans l’herbe haute sur le côté d’un sentier et traversant, effrayé par mon arrivée, avec un serpent dans sa bouche (je crois que c’était une couleuvre à collier). Une autre fois, j’en ai vu un saisissant une musaraigne-éléphant. Souvent, après la saisie d’un rongeur, le serval joue avec ses proies avant de les manger, il les utilise comme une balle ou un ballon, les jette en l’air, puis les attrape à la volée.

Les proies peuvent être consommées sur place ou transportées dans un endroit caché et sans danger, selon le sentiment de sécurité ou de danger ressenti par le félin. Les petites proies, comme les souris et musaraignes, peuvent être consommées entières, tandis que les proies plus grandes sont dévorées en commençant habituellement par la tête ou les membres antérieurs.

De grands oiseaux, comme des cigognes ou des grues peuvent aussi être les proies de ce félin et une fois que j’ai trouvé un céphalophe de Grimm ( Sylvicapra grimmia ) tué par un serval. À ce moment-là, je pensais que l’antilope avait été tuée par un caracal, mais, tout en examinant de plus près les traces, j’ai constaté que les marques laissées par les coussinets ou pelotes étaient assez rapprochés (appelons-les "paume"), tandis que dans l’empreinte du caracal, de taille similaire (5 ou 6 cm) les marques des coussinets sont plus largement espacés.

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Caché dans l’herbe, il évite le regard tout en observant ses proies © Giuseppe Mazza

Parmi les félins, hormis le guépard, le serval est probablement le plus diurne, préférant pour ses activités les heures du début de matinée et fin d’après-midi. Pendant les jours sans soleil ou froids, il peut rester actif toute la journée, alors qu’il dort pendant la nuit, au moins pour une partie. Mais souvent vous pouvez le rencontrer alors qu’il chasse aussi dans l’obscurité et dans ce cas, ses proies sont les lapins de roche, ainsi que d’autres petits rongeurs nocturnes.

En ce qui concerne la répartition et l’habitat, le serval est présent dans une bonne partie de l’Afrique partout où il y a de grandes étendues herbeuses. En Afrique du Nord, il est signalé au Maroc, tandis que, pour le reste, il est confiné à l’Afrique subsaharienne.

Il se trouve dans une large mesure, allant de l’Afrique de l’ouest en passant par la République centrafricaine, la Somalie et l’Éthiopie, excluant les zones arides de la corne de l’Afrique extrême, la forêt pluviale et le désert. Il colonise ensuite le Kenya, la Tanzanie et la région des grands lacs et puis descend, longeant la forêt pluviale, où il est absent, jusqu’à à la Zambie, en Angola, au Zimbabwe, Mozambique, Malawi et en Afrique du Sud. Il a besoin des zones herbeuses, éventuellement bordant la forêt galerie ou près de l’eau et aime les prairies de montagne, interrompues par des rochers et roches, qui abritent une grande variété de proies.

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Il mange beaucoup d’animaux, mais les lapins sont ses proies de choix © G. Mazza

C’est un animal solitaire et territorial et mâles et femelles marquent avec des jets d’urine, les herbes ou arbustes ou imprègnent avec de la salive des tiges, se frottant le museau contre eux, malgré l’absence de glandes odoriférantes pour marquer leur territoire.

Les fèces ou les crottes sont semblables en forme à celles des autres félins, c’est-à-dire avec une forme allongée et souvent segmentée, pointées sur une extrémité et tronquées à l’inverse, un peu plus petites que celles du caracal, de 1 ou 1,5 cm de diamètre maximum. Ces matières fécales contiennent souvent des poils ou des plumes et de petits restes d’ossements, mais deviennent moins fréquemment blanches avec le temps que ceux des autres prédateurs qui mangent de grandes quantités d’os.

Le territoire est défendu mais la plupart du temps, cela se fait avec des comportements ritualisés qui se terminent rarement par une lutte sérieuse.

Comme c’est un animal solitaire, les seuls couples qui peuvent être observés sont, pour quelques jours, le mâle et la femelle en chaleur, qui peuvent aussi aller à la chasse ensemble, mais le lien est très fragile et l’union se dissout en quelques jours.

La gestation dure de deux à deux mois et demi, après quoi la femelle donne une portée de 2 ou 3 petits qui, au début, restent cachés dans des lieux denses ou dans un ravin.

Comme il y a beaucoup de prédateurs plus puissants, les petits sont souvent déplacés, de manière à réduire la possibilité d’être découverts, tandis que la mère chasse et puis transporte de la nourriture aux nouveau-nés.

Toutefois, dans certaines zones, le taux de mortalité en raison de la présence de prédateurs est élevé et dans de tels cas les servals sont beaucoup plus insaisissables et méfiants : dans notre réserve, où abondent les léopards, le serval est une rencontre assez rare, même si des traces sont fréquemment observées.

Noms communs : en zoulou : ikati elizonzo (chat avec des jambes longues et maigres) ; en Afrikaans : serval.

 

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